Le Ministre de l’Économie,des Finances et de l’Industrie
Monsieur le Président, Vous avez accepté de présider, en liaison avec M. Jean-Pierre Jouyet, Chef du Service de l’Inspection générale desfinances, la Commission que j’ai constituée pour réfléchir sur l’économie de l’immatériel. Je souhaite que vous étudiez, avecles commissaires que j’ai désignés à cette fin, les caractéristiques de l’émergence d’une économie fondée sur la croissancedes actifs immatériels ainsi que l’impact que cette évolution peut avoir sur notre société et son potentiel de développement.Cette Commission devra en particulier examiner trois questions essentielles :
- Concurrence, monopole et rente dans l’économie de l’immatériel :
dans un environnement marqué parl’importance croissante de la création industrielle, intellectuelle et artistique, il est primordial de soutenir l’effort de création,de recherche et d’innovation dans notre pays. Ceci suppose que l’ensemble de l’économie bénéficie de cette nouvelle sourcede valeur et que le créateur soit rétribué de manière juste et équitable. Dans cette perspective, il est important d’apprécierles conditions de concurrence, de monopole et de rente liées à la création, afin de s’assurer qu’elles correspondent à unoptimum économique et social.
- Création de valeur et circuits de financement :
le développement de l’économie de l’immatériel se traduitpar une plus grande diversité des modalités de création de valeur et de richesses par les entreprises. Alors que les milieuxde l’analyse financière ont affiné les concepts utilisés pour mesurer et comparer cette capacité de création de valeur, il convientd’envisager comment notre système de prélèvements peut l’appréhender de manière plus objective tant au niveau del’assiette que du mode d’imposition.
- Contours et valorisation du patrimoine public immatériel :
comme les autres acteurs économiques, l’Étatdétient des actifs. L’État est peut-être plus riche encore que d’autres en actifs immatériels : il est détenteur de licences, debrevets, de fréquences mais aussi de bases d’informations économiques et de savoir-faire reconnus. Or, l’État ne dispose àce jour ni de mécanismes ni d’une politique destinés à évaluer et à valoriser ces actifs alors que nos partenaires ont engagéla refonte de leur modes de gestion de leurs actifs, en particulier immatériels.Des éléments de cadrage plus détaillés de ces réflexions sont joints en annexe. La Commission pourra s’appuyerautant que nécessaire sur les services du ministère et au premier chef de l’Inspection générale des finances. Vous voudrez bien me rendre un rapport d’étape avant le 30 juin. Les résultats définitifs des travaux de laCommission devront me parvenir d’ici le 30 septembre 2006. Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de ma considération distinguée. Avec mes remerciements.Thierry BRETONParis, le 16 mars 2006
Monsieur Maurice LÉVY PrésidentGroupe Publicis
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