interpréter l'épreuve du feu : « Si ton oeil est pour toi une occasion de chute,arrache-le; mieux vaut pour toi entrer avec un seul oeil dans le royaume de Dieu,que d'être jeté, ayant deux yeux, dans la géhenne du feu, là où leur ver ne meurtpoint et où le feu ne s'éteint point. Car tout homme sera salé par le feu ettoute offrande sera salée avec du sel. » (Marc 9,46 à 48).Si l'on doit prendre cepassage de facon littéral,alors nous rentrerons tous aveugles au paradis.Le texte est net : dans cette géhenne le feu ne s'éteint point et tout homme ypassera pour y être salé, comme l'offrande est salée avec du sel, car les épreuveset les souffrances purifient l'être et le rendent apte au royaume de l'Amour. Ilest évident qu'en disant que « tout homme sera salé par le feu », Notre Seigneurn'a pas entendu dire que tout homme y restera éternellement, bien qu'Il aitaffirmé que ce feu est inextinguible en soi.Le même texte de saint Matthieu (chap.18, 8 et suiv.) est encore plus sugges-tif;nous allons le reproduire en entier :« Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi; il vaut mieux pour toi entrer dans la vie mutilé ou boiteux, qued'être jeté, ayant deux pieds ou deux mains, dans le feu éternel.« Et si ton oeil, etc......« Prenez garde de mépriser aucun de ces petits, car je vous dis que leurs angesdans le ciel voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux.« (Car le Fils de l'homme est venu sauver ce qui était perdu.)« Que vous en semble ? Si un homme a cent brebis et qu'une d'elles s'égare, nelaisse-t-il pas dans la montagne les quatre-vingt-dix-neuf autres, pour allerchercher celle qui s'est égarée ? Et s'il a le bonheur de la trouver, je vous ledis en vérité, il a plus de joie pour elle que pour les quatre-vingt-dix-neuf quine se sont pas égarées. De même, c'est la volonté de votre Père qui est dans lescieux, qu'il ne se perde pas un seul de ces petits. »Dans ce passage également, il est parlé du feu éternel, mais combien n'est il pasclair, par la suite du discours du divin Maître, qu'Il n'a pas entendu affirmerque le coupable y demeure éternellement, puisque, immédiatement après, Il ajoutede prendre garde de mépriser aucun de ces petits qui passent par la géhenne dufeu, car leurs anges, qui voient sans cesse la face du Père, doivent les en sauverun jour. En effet « le Fils de l'homme est - précisément - venu sauver ce quiétait perdu. » Puis, suit la parabole de la brebis égarée que le bon pasteur n'ade cesse qu'il ne l'ait retrouvée et ramenée au bercail.Si l'homme, tout imparfait qu'il est, agit ainsi à l'égard de la brebis égarée, àplus forte raison le Père compatissant ne laissera-t-Il se perdre définitivementaucune de ses créatures, car « Sa volonté est qu'il ne se perde pas un seul de cespetits. »Par sa réalité contradictoire, insaisissable et essentielle, le feu évoque laprésence du mystère divin. Dans la Bible, Dieu se manifeste souvent par le symboledu feu. C'est par le feu que Dieu montre sa puissance, sa gloire et sa colère surle mont Sinaï. C'est ce même feu qui conduit Israël au cœur du désert et quiembrase la volonté des prophètes. Et c'est aussi par le feu qui descend du cielque Dieu conclue une alliance avec son peuple. Le feu symbolise non pas laprésence en soi de Dieu, mais la présence agissante de Dieu qui visite son peupleen des circonstances particulières. Le feu de Dieu est un feu qui bouge et sedéplace pour guider, éclairer, purifier, châtier, transformer. C'est le feu d'unDieu qui reste toujours fidèle à son Alliance et qui connaît la dureté etl'infidélité de son peuple.Plus précisément, le feu symbolise la présence de celuiqui contient les promesses d'une prospérité heureuse pour Abraham et sesdescendants et d'une terre bénie où coulent les aliments les plus appréciés del'époque : le lait et le miel. Plus encore, le feu est le sceau du contrat dans
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