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Recueillement Du Soir - Laforgue

Recueillement Du Soir - Laforgue

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12/23/2012

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Recueillement
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plustranquille. Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :Une atmosphère obscure enveloppe la ville,Aux uns portant la paix, aux autres le souci.Pendant que des mortels la multitude vile,Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,Va cueillir des remords dans la fête servile,Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,Entends, ma chère, entends la douce Nuit quimarche.
Rimbaud, Oraison du soir
 Je vis assis, tel qu'un ange aux mains d'unbarbier,Empoignant une chope à fortes cannelures,L'hypogastre et le col cambrés, une GambierAux dents, sous l'air gonflé d'impalpablesvoilures. Tels que les excréments chauds d'un vieuxcolombier,Mille Rêves en moi font de douces brûlures :Puis par instants mon coeur triste est comme unaubierQu'ensanglante l'or jeune et sombre des coulures.Puis, quand j'ai ravalé mes rêves avec soin, Je me tourne, ayant bu trente ou quarantechopes,Et me recueille, pour lâcher l'âcre besoin :Doux comme le Seigneur du cèdre et deshysopes, Je pisse vers les cieux bruns, très haut et très loin,Avec l'assentiment des grands héliotropes.
Harmonie du soir
Voici venir les temps où vibrant sur sa tigeChaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;Valse mélancolique et langoureux vertige!Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige;Valse mélancolique et langoureux vertige!Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir!Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,Du passé lumineux recueille tout vestige!Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige... Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir! T
Les Fleurs du mal - Spleen et Idéal - Charles Baudelaire
 
Laforgue, « Recueillement du soir »
Un tableau nocturne
1°) Structure du tableauEnonciation : Présentation d’un tableau, effacement de la premièrepersonne (« on mesure de l’œil… »)-Présentatifs : « voici », « c’est »-Articles définis marquant la généralité : « le pharmacien »-Présent d’énonciation qui tend vers le présent de véritégénéraleNoter les strophes de début et de fin qui encadrent l’énumération ;commenter l’abondance de la conj de coordination « et »,accélération de l’énumération à la strophe 11 (dans une mêmestrophe, 3 personnages)2°) Eclairage du tableau- une lumière qui vient de l’intérieur « et la fièvre de vivre illumineParis » ; Loin d’être un soir noir, c’est la lumière qui domine.Contrastes lumière crue / obscurité« Tout s’allume ! »- par opp à la lumière, crue, vive, des points lumineux dans letableau : double métaphore des « bocaux verts ou rouges » -« lacs », « phares lointains », « la veilleuse nocturne » des hôpitaux.3°) Un sujet parisiendécor : « beuglants, salons, tripots et bouges » « gargots desbohèmes »personnages « le pharmacien », « l’ouvrier poivre »…les miséreux :« le mendiant songeur », la « vieille fille » dans sa « mansardeétroite » // opp à la richesse étalée (strophe 5)Mais aussi : « le moine », « le savant »…et plus généralement, des états de vie : « le moribond »,« l’amoureux »
Arrière plan réaliste (l’ouvrier saoul qui bat sa femme…)– cf Courbet et la représentation des gens normaux
Goût nouveau pour la repré de la ville, et de Paris notamment(cf Le spleen de Paris)
II Une esthétique décadente
1°) Le goût du mauvais goût« Voici tomber le soir cher aux âmes mystiques » : allusion à« Harmonie du soir » (plus loin aussi « le ciel est triste et beaucomme un gd reposoir »…mais aussi Verlaine, « Le ciel est, pardessus le toit, si beau, si calme » ds Sagesse)… raillerie confirméepar la mention caricaturale des « chauves-souris » et de la « valsedes moustiques » (cf. Spleen) (rime mystique/moustique)
reprise et parodie des poncifs de la noirceur
 
ici par exemple, l’allégorie de la Prostitution, développée sur touteune strophe : le « fard », les « atours insolents »la dégoulinade généralisée : « s’épandre », « cafés ruisselants » ;même les « pains dans les plats d’or s’étalent… »2°) Provocations et immoralité- l’écriture suscite des rapprochements provocateurs « viols qu’elleconvoite » (avec antithèse « chaste lit blanc »…plaisir desrapprochements paradoxaux)Allusions à la sexualité, aux désirs condamnables : cf strophe 12,désirs du moine, et ceux du savant- « dans un rire mauvais mâchant de vieux blasphèmes »(déplacement métaphorique – on le voit ensuite s’acharner « aprèsun os ») ; « aux viols errants des nuits l’enfant va se damner »CL : commenter les 3 vers « Fêtes, accouplements, incestes,agonies/ Meurtres, propos d’amour, remuement de tas d’or /Blasphèmes, râles, chants, ronflements ritournelles »3°) Un certain classicisme formel: reste de l’Art pour l’art ?- choix d’un mètre classique, et une syntaxe en relative coïncidenceavec le mètre. Quelques enjambements qui troublent la linéarité dupropos : strophes 3,- Simplicité des métaphores, sinon trivialité : « l’air bleu » - cf dernière strophe les « jours bleus » : peu d’écart… ; « chaste litblanc » - une symbolique des couleurs sommaires ; de même pourles rimes (malheur/douleur). Voire incongruité des métaph : lafemme qui « se tord comme un lingot dans un ardent brasier »- une couleur populaire : « sa garce de malheur », « l’ouvrierpoivre »
III Spleen et Idéal : le symbolisme du poème
1°) L’horreur de la condition humaine-cette horreur est symbolisée par le bruit, qui fait d’ailleurssortir de l’humanité : « beuglants » = café concert…maisaussi bruit (cf Baudelaire, A une passante « La rueassourdissante autour de moi hurlait »)« L’orgie hurle, concerts, lumières, fleurs splendides » : travail surles sonorités (è, r). Strophe 7, « glapir », « Strophe 8 « grognant »,strophe 15 « Paris hurle », « râles, chants, ronflements ritournelles »- tous brûlent d’un feu intérieur : la femme « comme un lingot…brasier », le moine « brûlé d’ardeurs secrètes »-la mort imminente : « le blême trottoir » (hypallage), « ceuxqui s’en iront ce soir » (périphrase) ; cf image de l’hôpital (onpeut aussi penser à Mallarmé, « Les fenêtres » (« Las du tristehôpital… »). – la momie « aimée il y a six mille ans » : ironiegrinçante, memento mori. (ms le « moribond s’accroche… »)2°) L’impossible idéal

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