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Autour d’une illusion - l’impersonnel en morphosyntaxe comparée.pdf

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05/13/2014

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COLLOQUE « La personne, le verbe, la voix » ANGERS 7-8 décembre 2006Paulo
DE
C
ARVALHO
,
 Autour d’une illusion : l’impersonnel en morphosyntaxe comparée
 
1
Autour d’une illusion : l’impersonnel en morphosyntaxe comparée
« Personne » et « impersonnel » . Voilà un assez joli paradoxe, sous-tendantl’intitulé même du présent colloque : « La personne, le verbe, la voix. Du partage desfonctions dans les structures impersonnelles et leur sémantisme ».Or cela me va très bien : c’est précisément ce paradoxe qui me semble devoir êtremis en question, et réduit comme on réduit une fracture —, dans le cadre d’unethéorie de la Personne grammaticale que je m’emploie à mettre en place depuis uncertain temps. Non, il n’est décidément pas possible d’admettre, dans une théoriegrammaticale qui valide le concept de
 personne
,
 
de continuer à parler, tranquillement,sans état d’âme, de verbe « impersonnel », ou de structures « impersonnelles ».Pour essayer de vous en convaincre, je commencerai par une redéfinition de lanotion de personne, qui est à la base de la reformulation récemment proposée, à laSociété de Linguistique de Paris, de la théorie des « parties du discours » . Suivra un bref rappel de ce que j’ai proposé sur la mécanique du soi-disant impersonnel en latin.En dernier lieu viendra un réexamen, sur des bases que j’espère nouvelles, de ce quel’on a coutume d’appeler les structures ou constructions impersonnelles dans unelangue comme le français.
Personne, verbe, nom
Entendons-nous d’abord sur la notion de « personne », que pour ma part je prendsau sens le plus large — c’est-à-dire non pas comme une entité secondaire, simple« attribut », voire « accident » des véritables, ou supposées telles, catégoriesgrammaticales. La Personne est, au contraire, à mon sens, la
catégorie grammaticale fondamentale
, et même
 fondatrice
.
 La
 
catégorie grammaticale, en quelque sorte. Celane vous étonnera pas de la part d’un linguiste de tradition guillaumienne — et il n’estici besoin que de rappeler, sous le n° 1 du document, ce passage bien connu deGustave Guillaume (
 Leçons
, 8), dont il ne me semble pas qu’on en ait pris l’exactemesure :
 
COLLOQUE « La personne, le verbe, la voix » ANGERS 7-8 décembre 2006Paulo
DE
C
ARVALHO
,
 Autour d’une illusion : l’impersonnel en morphosyntaxe comparée
 
21.
 
« …
le problème psycho-linguistique de la personne
. C'est essentiellement un problèmerelevant de la psychosystématique; et, à ma connaissance, et selon mon expérience propre,il n'est dans la science du langage de problème plus difficile à résoudre, avec unesuffisante justesse. Je ne crois pas, en outre, qu'il en soit de plus important — la difficultéici va de pair avec l'importance. La question de la personne domine de haut,historiquement et systématiquement, l’histoire du langage, l’histoire de sa structure. »(Guillaume, leçon du 24 avril 1948)
Mais pourquoi tenir à une notion aussi ambiguë que celle de « personne », quirenvoie à des choses qu’on s’est habitués à considérer comme distinctes : d’une part,l’être humain, de l’autre, un concept purement « grammatical », supposé, plus oumoins, n’avoir pas grand’chose à voir avec le premier ? Mais … c’est cette
ambiguïté
 même qui m’intéresse : la personne humaine, douée de parole, et sujet de l’activitélangagière, comme critère structurant de l’expérience linguistique, et déterminant lescatégories grammaticales.Partant de là, et ayant en tête ce bel article où F. Létoublon montrait (dans un des premiers numéros de
 Faits de langues
) qu’à l’origine la notion de « personnegrammaticale » il n’y a, non pas, comme on l’a longtemps cru, le masque de théâtremais le visage humain (le
prvoswpon
, qui, selon Aristote, définit l’être humain,
vanqrwpos
), j’ai acquis la conviction que parler, pour l’être parlant, c’est,fondamentalement, radicalement, projeter, par une visée
empathique
, sur la substanceque l’expérience du monde lui propose, l’image de sa propre discontinuité, et finitude,et, de cette façon,
discerner 
, et
instituer 
en lui-même, la représentation de multiples« entités personnelles », définies au plus près ou au plus loin, du
 prototype
que EGOse voit être
dans
et
 face
à l’univers qui l’enveloppe. Au plus prés, c’est-à-dire : uneentité personnelle humaine comme MOI et capable, selon MOI, de s’instituer à sontour en MOI. Au plus loin, c’est-à-dire : n’importe quoi que MOI est capable de voir ou de concevoir comme une
 forme discontinue
: un quark, un neutrino, toutes ces particules élémentaires que la physique nucléaire contemporaine a su isoler, etnommer. Inutile, presque, d’ajouter que tout cela est éminemment variable, selon leslieux et les temps : il n’y a aucune raison de supposer que la manière dont EGO sevoit être dans et face au monde soit donnée une fois pour toutes, et reste invariable.Or un trait d’un grand nombre de langues de par le monde — et parmi celles-ci,notamment, mais non exclusivement, nos langues indo-européennes, et encore à datehistorique — est d’inscrire, au cœur de leur grammaire du monde, une référence primaire au moment de l’expérience locutive présente — autrement dit, au moment où
 
COLLOQUE « La personne, le verbe, la voix » ANGERS 7-8 décembre 2006Paulo
DE
C
ARVALHO
,
 Autour d’une illusion : l’impersonnel en morphosyntaxe comparée
 
3
MOI
vise
et
appréhende
, linguistiquement, un « état du monde » — l’état du mondequi est présentement à sa portée, réelle ou imaginaire. Ce geste radical détermineimmédiatement,
ipso facto
, une opposition morphologique de deux sortes d’entités personnelles :1.
 
celles qui apparaissent liées à ce moment, et
vouées à disparaître avec lui
, et2.
 
celle qui, aperçues à ce moment, n’appartiennent pourtant pas à ce moment,n’ont pas partie liée avec lui — et sont donc censées
exister avant 
, et
 persister après
ce moment.Eh bien tel est, vous l’aurez compris, le fondement de l’opposition, déclinée demultiples façons à travers un grand nombre de langues, de
mots verbaux
et de
motsnominaux
. Les premiers,
les mots verbaux
,
variables en fonction de EGO
, c’est-à-direde son statut de protagoniste de l’événement langagier, et du moment où il se voitexister. Les seconds,
les mots nominaux
,
invariables en fonction d’EGO
, puisqu’ils luiapparaîssent exister, indéfiniment, dans le monde, indépendamment du regardqu’EGO porte momentanément sur eux.Avec, en outre, une conséquence qui n’est pas mineure : si ce que je viens d’avancer est conforme à la réalité des choses, alors il faudrait nous habituer à considérer qu’il ya deux sortes de
mots nominaux
, selon que les représentations qu’ils véhiculent :• les
mots nominaux d’avant 
, ou
 primaires
, ressortissant au monde tel qu’il est a priori — 
table
,
livre
, mais aussi
 Dieu
,
licorne
,
âme
,
atome
— • et les
mots nominaux d’après, ou secondaires
, construits, a posteriori, à partir descontenus du moment locutif, préalablement formalisés, ou formalisables, en termesverbaux : nos formes verbonominales (infinitifs), nominoverbales (participes, adjectifsverbaux), nos abstraits déverbaux. Mais arrêtons là, sur cette pente qui me feraitdévier de mon propos. Au reste, ceux qu’intéresse cette manière nouvelle, et peut-êtreneuve, d’envisager la question classique des « parties du discours » pourront lire, dansquelque temps, l’article qui doit paraître, à ce sujet, dans le BSLP. Dans l’immédiat, jeme contenterai de synthétiser ce qui précède sous le n° 2 du document.
2.
 
EGO et « parties du discours », cf. document.

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