Economie & Stratégie
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Quid de l’économie cette semaine ?États-Unis, France : la déflation arrive à grands pas.
C’était moins une : la déflation a été évitée de justesseen décembre. En effet, après avoir déjà reculé de 1 % enoctobre, puis de 1,7 % en novembre, les prix à laconsommation n’ont reculé « que » de 0,7 % en décembreaux Etats-Unis.De la sorte, le glissement annuel est resté légèrementpositif à + 0,1 %. Pour autant, ne nous faisons pasd’illusion : dès janvier, ce glissement annuel sera négatif,ce qui constituera donc une manifestation technique de ladéflation.En effet, même si les prix enregistrent un rebondtechnique dans les prochains mois, leur glissement annueloscillera de - 0,6 % à - 1,2 % de janvier à juin prochains.En revanche, à partir de l’été, les effets de base (liés àla baisse actuelle des prix énergétiques et des matièrespremières alors que ces derniers flambaient il y a un an)s’inverseront et ce glissement annuel retrouveraprogressivement la barre des + 1,5 % d’ici la fin 2009.Dans ce cadre, il est indispensable de se focaliser sur l’évolution de l’inflation sous-jacente, c’est-à-dire horsénergie et produits alimentaires. Or, celle-ci reste encorelargement positive à + 1,8 % en décembre.
Etats-Unis : aucun effet de second tour tant à lahausse qu’à la baisse.
0,00,51,01,52,02,53,03,54,04,55,05,56,06,590919293949596979899000102030405060708091,01,41,82,22,63,03,43,84,24,65,05,45,8
Prix à la consommation - G -Prix à la consommation hors énergie et produits alimentaires - D -
a/a, %a/a, %Déc
Autrement dit, de la même façon qu’il n’y a pas eu deforte répercussion de la flambée des prix énergétiques etalimentaires sur les prix sous-jacents, il n’y en a toujourspas à la baisse.De quoi confirmer que la Réserve fédéral a raison desuivre l’inflation hors énergie et alimentaire pour établir sapolitique monétaire.Dans ce cadre, sa stratégie actuelle de taux zéros’applique simplement à éviter que la déflation ne durepas trop longtemps. Et, selon nos prévisions, elle yparviendra.De l’autre côté de l’Atlantique, et plus précisément dansl’Hexagone, un mouvement similaire s’observe sur les prix,mais malheureusement pas sur les taux d’intérêt.Ainsi, plus les mois passent, plus la France serapproche dangereusement de la déflation. En effet, pour le quatrième mois consécutif, les prix à la consommationont reculé en décembre (- 0,2 %). Pour retrouver uneaugmentation mensuelle, il faut même remonter à juin2008.Dans ce cadre, le glissement annuel des prix à laconsommation est passé de 3,6 % à juillet à 1,0 % endécembre 2008.Mais ce n’est pas tout. Car, avec les soldes et lanouvelle baisse des pris énergétiques, les prix devraientencore reculer en janvier et rester stables en février. Dèslors, même si un rebond technique s’observe auprintemps, le glissement annuel des prix sera bien négatif à partir d’avril prochain et ce jusqu’à l’été.Autrement dit, la France sera bien en déflation.Or, bien plus grave que l’inflation, la déflation est le piredes maux économiques. En effet, elle concrétise unesituation d’excès d’offre par rapport à la demande. Pour que l’offre s’ajuste à la demande, il faut donc qu’ellebaisse, ce qui se traduit par une baisse de la production,des faillites et in fine des licenciements, donc une nouvellebaisse de la demande. D’où une poursuite de ladéflation…Le seul moyen de s’en sortir réside alors dans unepolitique de soutien à la demande (consommation etinvestissement), en particulier via une forte baisse destaux directeurs de la banque centrale et une relancebudgétaire efficace, c’est-à-dire qui ne se contente pas dedistribuer des subsides publiques pour colmater lesbrèches.En d’autres termes, la France et la zone euro ont le choix :soit elles continuent de refuser un plan de relance global,concerté et efficace et elles sortiront de la déflation à partir de l’automne 2009 ; soit elles restent frileuses et engagentdes dépenses publiques inefficaces et elles s’enfoncerontdans une déflation à la japonaise, c’est-à-dire durable etdestructrice.Plus globalement, l’approche de la déflation dansl’Hexagone, en Europe et dans l’ensemble du mondeoccidental nous rappelle qu’il vaut mieux accepter uneinflation temporaire qu’une déflation économiquement etsocialement dévastatrice.
Marc Touati
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