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ISBN 978-92-64-04634-4Perspectives de l’emploi de l’OCDE© OCDE 2008
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Chapitre 3
Le prix des préjugés: la discriminationau travail fondée sur le sexeetl’appartenance ethnique
Malgré certains progrès, la discrimination fondée sur le sexe et sur l’origine racialeou ethnique reste présente sur les marchés du travail des pays de l’OCDE.Différentes expériences de terrain révèlent une discrimination ethnique persistantedans de nombreux pays. Et d’autres types d’évaluations, moins directes, suggèrentqu’en moyenne, au moins 8% de l’écart d’emploi et une proportion encore plusimportante de l’écart de salaire entre hommes et femmes peuvent être attribués à ladiscrimination. Pratiquement tous les pays de l’OCDE ont adopté des loisantidiscrimination au cours de ces dernières décennies. Quel est le degré d’efficacitéde ces lois? Les évaluations disponibles et différentes analyses en comparaisoninternationale indiquent qu’une législation antidiscrimination correctement conçue peut se révéler efficace pour réduire les disparités d’emploi et de salaire. Cependant,l’application de la législation antidiscrimination repose essentiellement sur la propension des victimes à revendiquer leurs droits. Dans le cadre d’une stratégie politique efficace visant à la mise en place d’une culture de l’égalité de traitement,la sensibilisation du public aux normes juridiques et à leurs conséquences possibles(notamment, pour les victimes, les coûts et les avantages d’une action devant lestribunaux) est par conséquent un aspect déterminant. Les normes juridiques peuvent avoir davantage d’impact lorsque leur application ne dépend pasexclusivement d’actions individuelles. À cet égard, les instances spécifiques chargéesdes questions d’égalité peuvent jouer un rôle important.
 
3.LE PRIX DES PRÉJUGÉS: LA DISCRIMINATION AU TRAVAIL FONDÉE SUR LE SEXE ETL’APPARTENANCE ETHNIQUE
PERSPECTIVES DE L’EMPLOI DE L’OCDE – ISBN 978-92-64-04634-4 – © OCDE 2008
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Introduction
D’une catégorie sociodémographique à l’autre, les performances sur le marché dutravail varient beaucoup. Si l’augmentation du taux d’activité des femmes est l’un desprincipaux moteurs de la croissance de la population active depuis quelques décennies, lesrésultats que les femmes obtiennent sur le marché du travail restent nettement en deçà deceux des hommes. Et parfois, l’écart est très important: dans certains pays, le tauxd’activité et les taux de salaire des femmes sont inférieurs de 25% à ceux des hommes,même si l’on tient compte des caractéristiques observables. De même, sur les marchés dutravail des pays de l’OCDE, la situation des minorités ethniques est moins favorable quecelle du reste de la population (OCDE, 2007a). Les observations empiriques montrent qu’àcôté des facteurs qui déterminent le profil de l’offre de main-d’œuvre, la discriminationdans l’emploi –c’est-à-dire le traitement inégal d’individus ayant la même productivitésimplement parce qu’ils appartiennent à un certain groupe– peut être l’une desexplications à ces disparités manifestes et persistantes. Dans le même ordre d’idées, lestravaux récents de l’OCDE consacrés aux travailleurs âgés et aux handicapés soulignentqu’il est fondamental de faire évoluer l’attitude négative des employeurs pour promouvoirles perspectives d’emploi de ces groupes sous-représentés et mettent en lumière le rôleque peut jouer à cet égard la législation nationale luttant contre la discrimination (OCDE,2006a, 2006b et2007b).Ces dernières décennies, presque tous les pays de l’OCDE ont adopté des loisantidiscrimination. Ce vaste effort législatif a essentiellement répondu à une doublepréoccupation d’équité et de cohésion sociale. Mais à ce jour, aucune analyse comparativede la législation visant à lutter contre la discrimination en fonction du sexe ou de l’origineethnique n’a été établie pour l’ensemble des pays de l’OCDE et dans la plupart des cas, leurimpact sur le marché du travail n’a pas fait l’objet d’évaluation. Le présent chapitre tentede combler en partie cette lacune.Dans un grand nombre de pays de l’OCDE confrontés à un vieillissement rapide de leurpopulation, accroître les taux d’emploi des groupes sous-représentés est fondamental pourremédier aux pénuries de main-d’œuvre. Or, les femmes représentent encore le plus vastegisement de main-d’œuvre sous-utilisé. De plus, on peut s’attendre à ce que, dans unproche avenir, une plus forte immigration de travailleurs soit nécessaire. Cela ne serapossible que si les immigrés anciens et nouveaux, de plus en plus nombreux, s’intègrentsans difficulté dans le pays d’accueil (OCDE, 2007c). Les pays de l’OCDE mènent des actionsde grande envergure pour faciliter l’accès à l’emploi et valoriser le travail des femmes etdes minorités ethniques ainsi que d’autres groupes sous-représentés, ces mesurespouvant prendre la forme de programmes spéciaux du marché du travail, de politiques enfaveur des familles ou d’avantages fiscaux. Mais ces mesures peuvent se heurter à descomportements discriminatoires, et leur efficacité s’en trouver réduite. Il est doncessentiel de quantifier cette discrimination si l’on veut y remédier efficacement.
 
3.LE PRIX DES PRÉJUGÉS: LA DISCRIMINATION AU TRAVAIL FONDÉE SUR LE SEXE ETL’APPARTENANCE ETHNIQUE
PERSPECTIVES DE L’EMPLOI DE L’OCDE – ISBN 978-92-64-04634-4 – © OCDE 2008
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On dressera tout d’abord un tableau des disparités d’emploi et de salaire par sexe etgroupe ethnique (section1). Ces disparités tiennent en partie à des facteurs facilementidentifiables, en particulier les différences de niveaux d’instruction. La partie restantinexpliquée peut être liée à toute une série d’éléments, y compris certainescaractéristiques individuelles non observables, affectant la productivité –par exemple desdifférences socioculturelles d’attitude à l’égard du travail–, et bien entendu, ladiscrimination. La section2est centrée sur cette question de discrimination. Elle présentedifférentes mesures du phénomène, en s’appuyant sur un examen approfondi des travauxempiriques consacrés à la discrimination sexuelle et raciale sur le marché du travail. Elleprésente également une analyse empirique en comparaison internationale, mettant enévidence le rôle de la discrimination dans les écarts d’emploi et de salaire entre hommeset femmes. Enfin, la section3expose le cadre juridique et institutionnel que les pays del’OCDE ont progressivement mis en place pour lutter contre la discrimination sexuelle etethnique sur le marché du travail. Cette section suggère également que ces initiatives ontsans doute contribué à améliorer la situation des femmes et des minorités ethniques sur lemarché du travail.
Principaux résultats
En moyenne, dans les pays de l’OCDE, les femmes sont 20% moins nombreuses que leshommes à avoir un emploi et leur rémunération est inférieure de 17% à celle deshommes. Les différences sont du même ordre entre les minorités ethniques et le reste dela population, bien que l’écart moyen soit plus difficile à quantifier parce que lesstatistiques de nature ethnique sont illégales dans un grand nombre de pays. Lescaractéristiques observables, notamment le niveau d’instruction, l’expérience, laprofession et, si ces informations sont disponibles, la motivation, les attentes et lesdisciplines étudiées, expliquent une grande partie de ces différences. Elles laissentnéanmoins inexpliqué au moins un quart des différences liées au sexe et à l’origineethnique.
Les disparités en fonction du sexe et de l’origine ethnique, en termes d’emploi et desalaire, se sont atténuées dans les pays de l’OCDE, mais à un rythme qui s’est ralenti. Ence qui concerne les différences liées au sexe, le rattrapage éducatif des femmes est deloin le facteur le plus important dans la réduction de ces différences. Or, les possibilitésqui s’offrent de résorber encore ces différences grâce au rattrapage éducatif paraissentlargement épuisées dans un grand nombre de pays.
Les expériences sur le terrain font apparaître une discrimination persistante liée àl’origine ethnique, dans tous les pays où de telles expériences ont été réalisées. Et ilapparaît également (de manière indirecte) que la discrimination joue un rôle dans lesdisparités liées au sexe. Selon les estimations empiriques, en moyenne au moins 10% dela réduction de l’écart d’emploi entre hommes et femmes ces trente dernières annéespeuvent être attribués à un recul de la discrimination.
La déréglementation des marchés de produits, en limitant l’entrée, la survie et lacroissance des entreprises qui ont une attitude discriminatoire, peut contribuer à unemoindre discrimination sur le marché du travail. Selon les estimations, si tous les paysde l’OCDE libéralisaient leurs marchés de produits en s’alignant sur le niveau du paysayant la politique la plus concurrentielle, l’écart moyen entre hommes et femmes entermes d’emploi et de rémunération diminuerait respectivement d’au moins 1et
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