13/03/06 2© Fabien Blanchot – CREPA/DRM – Cahier de recherche 2006.3 - mars 2006
Qu’est-ce qu’un manager d’alliance(s) ?
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Par Fabien Blanchot, université Paris-DauphineLes alliances inter-firmes contribueraient à plus de 20% des recettes des plus grandesentreprises mondiales
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. Par exemple, le pharmacien Merck reconnaît que 38% de son chiffred’affaires est le fruit d’alliances et pense que sa survie passe par des partenariats réussis
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. EnFrance, l’enquête sur les relations interentreprises conduite en 2003 fait ressortir que les trois-quarts des entreprises de vingt personnes et plus de l’industrie manufacturière entretiennent aumoins une relation de coopération avec d’autres firmes
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. Les alliances concernent donc la plupart des entreprises et peuvent constituer un levier stratégique majeur. Ce sont desrelations qui se caractérisent par au moins trois particularités
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. Premièrement, elles sontétablies entre des organisations qui sont et demeurent juridiquement indépendantes. Les co-contractants peuvent avoir tout type de profil: organisations publiques ou privées,multinationales ou PME, entreprises concurrentes, situées à des stades différents d’une mêmefilière ou appartenant à des champs concurrentiels différents... Deuxièmement, elles sontconçues conjointement par les partenaires. Comme le précise Gazier (1993, p. 97), «
il y acoopération et coopération. L’intérêt bien compris des participants à une entreprise lesamène à collaborer et à poursuivre ensemble un objectif défini par certains d’entre eux : maisc’est autre chose que d’établir ensemble la nature même des activités et les modalités de lacollaboration, ce qui est véritablement coopération
». Troisièmement, elles se traduisent par des engagements explicites réciproques dont l’exécution s’inscrit dans la durée. Cesengagements peuvent porter sur des contributions diverses qui dépendent de l’objet del’accord. Dans certains cas, les partenaires décident de réaliser leur opération conjointe dansle cadre d’une filiale commune (joint-venture ou JV dans la langage anglo-saxon).Quels sont les missions et rôles de ceux qui doivent concevoir et gérer ces relations et quel estleur profil ? Ce sont les principales questions auxquelles on souhaite ici apporter des élémentsde réponse. À cet effet, on a puisé dans trois types de ressources. Tout d’abord, on emprunte àla littérature de recherche sur les alliances. Ensuite, on utilise les informations que l’on acollectées lors d’entretiens et d’échanges avec des responsables d’alliances, notamment dansle cadre de réunions organisées par des associations de professionnels
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. Enfin, on exploite lesinformations disponibles dans la presse, sur des sites d’entreprises ou de cabinets de conseilconcernant le métier de responsable d’alliances (déclarations de responsables d’alliances,communiqués de presse d’entreprises concernant la nomination d’un responsable d’alliances, points de vue de consultants…).
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Une version plus courte et remaniée de ce texte est à paraître dans Barabel M. et Meier O. (2006), Manageor,éditions Dunod, Gestion Sup.
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Gary L. (2004), « A Growing Reliance on Alliance », Harvard Management Update, avril;www.idc.com;www.vantagepartners.com
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Le Monde du 6-7 novembre 2005
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Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie - SESSI
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Voir Blanchot, 1999a pour des précisions.
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En France, on en a identifié deux principales : l’ASAP (Association of Strategic Alliance Professionnals)France qui est une « extension » de l’association américaine éponyme et l’ADALEC qui se définit commel’Association Nationale des Directeurs de Partenariat. L’auteur est membre du comité exécutif de la première etest intervenu pour la seconde, notamment dans le cadre de la remise du prix de la meilleure entreprise partenariale.
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