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Le Dessin de l Enfant Et Son Usage Dans La Pratique Psychologiqu

Le Dessin de l Enfant Et Son Usage Dans La Pratique Psychologiqu

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Développements
 / juin 201145
Résumé
Dans cet article, nous faisons le point sur le dessinde l’enfant tel qu’il peut être utilisé raisonnablementdans le cadre de la pratique psychologique. Dansun premier temps, nous proposons une classificationdes différents types de dessins utilisés courammentdans la pratique psychologique. Nous proposonsensuite une «mise en garde» contre certaines idéesreçues (1- le dessin est le reflet direct d’un modèleinterne, 2- le dessin du bonhomme témoignede l’élaboration du schéma corporel, 3- le dessin,de par sa taille et ses couleurs, est une projectionde l’état émotionnel du dessinateur, et 4- le dessinest universel et peu sensible aux variantes culturelleset historiques). Nous abordons finalement quelquesperspectives contemporaines d’usage du dessin,notamment le dessin comme outil d’évaluationde la flexibilité cognitive, de la pensée divergente,et de la compréhension des émotions chez l’enfant.
Mots-clés
DessinEnfantPratique psychologiqueIdées reçues
Summary
In this paper, we address the use of children’sdrawings in psychological practice. First, we suggesta classification of the different types of drawingsthat are usually employed in psychological practice.Then we discuss a series of popular believes(1- drawing reflects the child’s internal models,2- drawing bears to the child’s constructionof his/her body schema, 3- drawing is a projectionof the child’s emotional state, and 4- drawingis universal and varies little across culturesand times), against which we would warn the reader.Finally, we get onto some contemporary perspectivesfor using children’s drawings, including drawingas a tool for assessing cognitive flexibility, divergentthinking, and emotion comprehension in children.
Keywords
DrawingChildrenPsychological practicePopular believes
Le dessin de l’enfantet son usagedans la pratiquepsychologique
Delphine PICARD
Université Toulouse II& Institut Universitaire de France
René BALDY 
Université Montpellier III
 
I. Introduction
On peut définir simplement l’activité de dessinercomme l’exécution de mouvements de la mainavec l’intention de laisser une certaine trace visi-ble sur la feuille de papier. Cette conduite banaleest complexe au sens où elle fait intervenir desprocessus moteurs, cognitifs et émotionnels.Il est cependant difficile de parler du dessin engénéral. Il existe en effet de multiples «types» dedessins, géométriques et figuratifs, susceptiblesd’être exécutés dans des situations diverses (surimagination, sur copie, de mémoire) et avec desconditions d’exécution qui peuvent varier (préci-sion des consignes, utilisation d’instruments,contraintes temporelles). De plus, si l’analyse secentre essentiellement sur les propriétés du des-sin résultat (le «quoi» ou la «sémantique» dudessin), les travaux plus récents montrent l’inté-rêt de prendre aussi en compte la procédure d’exé-cution mise en œuvre par le dessinateur (le«comment» ou la «syntaxe» du dessin) (voir parexemple, Picard & Vinter, 2005; van Sommers,1984). Après avoir présenté une brève classifica-tion des dessins les plus couramment utilisés dansla pratique psychologique, nous proposerons une«mise en garde» contre certaines idées reçuespuis nous aborderons quelques perspectivescontemporaines d’usage plus contrôlé du dessin.
II. Une classification
On distingue généralement le dessin géométri-que du dessin figuratif.
 A. Dessin géométrique 
Le dessin géométrique peut consister en la produc-tion de formes élémentaires ou de figures com-plexes dépourvues de signification. La réussitedu dessin de formes géométriques élémentaires tel-les que le rond, le carré ou le losange est bienrepérée dans le développement. On admet géné-ralement que le rond est réussi à 3 ans, le carré à4 ans et le losange ou le carré sur pointe vers 7 ans.Nous présentons dans l’Encadré 1 quelques élé-ments sur le dessin du rond.Quand on évoque le dessin de figures géométri-ques complexes on pense généralement à la figurede Rey. En réalité, Rey (1959) a proposé deux figu-res géométriques complexes A et B (voirFigure1)qui sont devenues des classiques. La figure com-plexe A a été proposée par Rey (1942), et Osterrieth(1945) en a fait une analyse développementale àlaquelle on se réfère encore aujourd’hui. La figurecomplexe B utilisée avec des enfants jeunes a fait l’ob- jet d’études récentes (Danis, Lefèvre, Devouche,Serres, Prudhomme, Bourdais & Pêcheux, 2008)auxquelles le lecteur peut se reporter.
46
Développements
 / juin 2011
D. P
ICARD
, R. B
ALDY
ENCADRÉ 1 :LE DESSIN DU ROND
Prudhommeau (1947) propose le rond en premier lieu d’une série de copies de figures géométriques élémentaires«parce que c’est la plus simple à faire par le débile et le jeune enfant puisqu’elle correspond à une forme motrice natu-relle et primitive» (p.134). Il est réussi (correctement fermé et non répété) vers 3 ans et demi. De son côté, Rey (1969)note qu’à 3 ans la moitié des enfants environ a acquis la capacité de copier un rond de 2cm de diamètre à peu près cor-rectement. Tracer un rond nécessite une coordination motrice très fine. Il y a en effet un changement constant, progres-sif et régulier de la direction du tracé qui met en jeu de nombreux muscles, tendons et articulations. De plus, pour quela fermeture du rond soit réussie, le geste doit conduire à la jonction des deux extrémités du trait. Pour cela, la fin du tracédoit viser le point de départ et le mouvement doit s’arrêter exactement au moment voulu. La qualité de la copie dépendde la façon dont le rond est exécuté. Les observations déjà anciennes de Prudhommeau (1947) ou de Zazzo (1950) indi-quent que généralement le rond est exécuté en commençant par le haut, suivant un mouvement tournant centripète, reve-nant vers soi et impliquant la flexion des doigts. Cette partie descendante du tracé ne présente généralement pas de difficultésmajeures. C’est surtout dans la partie montante tracée suivant un mouvement tournant centrifuge impliquant l’extensiondes doigts que la régularité du geste se brise et que les difficultés apparaissent.Les travaux plus récents de Van Sommers (1984), Vinter et Meulenbroek (1993) montrent que le dessin du rond obéità ce qu’il est convenu d’appeler le principe «point de départ-rotation» dans lequel le point de départ du tracé commandele sens de rotation. Lorsque le tracé du cercle est initié à droite d’une ligne virtuelle orientée 5heures/11heures, les sujetsdroitiers ont tendance à utiliser un sens de rotation anti-horaire. En revanche, lorsque le tracé est initié à gauche de cetteligne, ils ont tendance à utiliser un sens de rotation horaire. Au cours du développement, les positions de départ répar-ties sur tout le tour du cercle à 4 ans migrent progressivement vers le haut et le sens de rotation anti-horaire remplaceprogressivement le sens de rotation horaire. Cette façon de dessiner le rond est largement déterminée par les proprié-tés biomécaniques des organes effecteurs et permet un contrôle visuel optimal utile pour fermer le cercle avec unegrande précision. Ainsi, la première moitié du cercle, descendante, est dessinée en flexion, alors que la deuxième moi-tié, montante est dessinée en extension. C’est dans cette partie montante que les difficultés de coordination motrice serévéleront (troubles moteurs, état tonique, tremblements, contractures, etc.). Ces difficultés peuvent être esquivées enexécutant le rond en deux moitiés tracées par des gestes de flexion.
 
Il faut préciser que la distinction entre le dessingéométrique et le dessin figuratif, claire du pointde vue de l’expert, l’est beaucoup moins quandl’on se place du point de vue du dessinateur. Si,
a priori,
la figure est dépourvue de signification, ledessinateur peut toujours lui en attribuer une. Ilpeut, par exemple, considérer la figure de Rey Acomme un dessin figuratif en l’assimilant à unmoulin ou à une église. Dans ce cas, le dessin dela figure est souvent «redressé».
B. Dessin figuratif et ses interprétations multiples
Le dessin figuratif peut renvoyer à un objet uni-que ou à une composition d’ensemble. Le per-sonnage ou le bonhomme (Goodenough, 1926;Machover, 1949), la maison (Miljkovitch, 1985;Royer, 1989; Barrouillet, Fayol & Chevrot, 1994),l’arbre (Koch, 1949; Stora, 1978; Fernandez,2005), la famille (Corman, 1961), le paysage (LeMen, 1966) sont des thèmes de dessin étudiésdepuis longtemps. Aux Etats-Unis, Buck (1948)a proposé un test qui regroupe ces trois dessins(The House, Tree, Person test).On considère généralement que certains dessinsinduisent des réponses chargées émotionnelle-ment alors que d’autres sollicitent essentiellementl’intelligence du sujet. Le test de l’arbre et celui dela famille sont clairement indexés comme destests projectifs. Le dessin est alors considérécomme le support de la projection des aspectsprofonds de la personnalité du dessinateur et cha-que détail (la mise en page, les formes, les oublis,les proportions, les couleurs, etc.) est censé por-ter la marque de l’état émotionnel du dessinateur.Par exemple, le dessin de la famille permet defaire émerger des conflits du petit dessinateuravec sa fratrie ou avec ses parents.Le dessin du bonhomme ou celui de la maisonpeuvent être considérés comme des tests projec-tifs ou comme des épreuves de développementcognitif. Comme on le voit dans l’encadréNuméro2, Goodenough (1926) considère le des-sin du bonhomme comme un test de développe-ment de l’intelligence. De son côté, Machover(1949) considère que ce dessin même dessin estle produit de la projection de soi et interprète ence sens tous les aspects du dessin (taille, omis-sion, exagération, posture, etc.).La maison est aussi un thème sensible, investiaffectivement, qui habite notre conscience etnotre inconscient. Elle est intimité familiale,sécurité, refuge. E.T. dans le film de StevenSpielberg (1982), perdu à plus de trois millionsd’années-lumière de sa planète, désignant le cielavec son immense doigt, prononce le mot «mai-son». Mais le dessin de la maison est aussi lelieu de la géométrie et son évolution permet desuivre les premières tentatives du dessin en pers-pective. Ainsi, Royer (1989) utilise le dessin dela maison comme épreuve de diagnostic de lapersonnalité de l’enfant, alors que Barrouillet,Fayol et Chevrot (1994) proposent une échellede développement. Le Men (1966), dans sonanalyse du paysage imaginaire composé de dixéléments, conçoit l’espace comme une entitécomplexe qui intègre des aspects moteurs, cog-nitifs, culturels et affectifs. Il distingue notam-ment l’espace affectif et sociodramatique del’espace géométrique et intellectuel.Cette brève présentation montre que tout dessin,du simple gribouillage à la production – figurativeou non – la plus sophistiquée, peut être regardé àtravers des grilles conceptuelles relevant de champsthéoriques différents.
III. Des idées reçues
Nous discutons ici certaines «idées reçues» surle dessin, et proposons une mise en garde contreces idées qui peuvent nuire à l’usage raisonné dudessin dans la pratique psychologique.
Développements
 / juin 201147
Le dession de l’enfant et son usage dans la pratique psychologique 
Figure 1
Figure complexe (A) et figure simple (B) de Rey (1959).

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