W
EGELIN
& C
O
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Commentaire d’investissement no 243page 2Ce mouvement s’est accompagné d’une hausse desprimes de risque pour les émetteurs de moindrequalité, et notamment pour certains marchésémergents. Une fois n’est pas coutume, la diversi-fication tant vantée n’aura pas été payante, enraison du mouvement de baisse concomitant. Ducoup, personne ne peut se féliciter des résultatsobtenus.Nul doute que cette situation fait bel et bien partiede l’activité d'investissement, s'inscrit dans le ca-dre de la normalité et doit être acceptée commetelle. Cela dit, on s’interroge évidemment sur lasuite probable des événements. Le désenchante-ment des marchés financiers s'est produit dans uncontexte de données macro-économiques et micro-économiques quasi idéales, et vu la capacité antici-patrice prêtée aux marchés financiers, on se met àcraindre que les perturbations qui se sont abattuessur Wall Street ne soient suivies d’un essouffle-ment de «main street», autrement dit del’économie réelle.Examinons donc quelques-unes de ces données«quasi idéales». L’économie croît à un rythmesoutenu dans la plupart des régions du monde, àcommencer par l’Asie du Sud-Est (où la croissancedépasse largement 5%), les Etats-Unis (où elleavoisine 4%) et enfin les pays du noyau dur euro-péen, qui semblent émerger de leur torpeur etferont état en 2006 d'une croissance d'environ 2%.Les taux d'inflation sont bas d’une manière géné-rale, absolue et historique. Même sur les marchésémergents qui, il n’y a pas si longtemps encore,étaient habitués à des taux de renchérissement de50% ou plus, une hausse de 10% de l’inflation metaujourd’hui les autorités monétaires dans tousleurs états. En toute logique, les taux d'intérêtnominaux restent eux aussi faibles. Entreprises etprivés peuvent ainsi financer leurs projets à desconditions très avantageuses, d’autant que les pri-mes de risque sont également très basses – si l’onexcepte leur hausse récente dans le cas des em-prunts assimilés à des «junk bonds». Les monnaies,quant à elles, font preuve d'une étonnante stabili-té. Ainsi, le dollar américain évolue depuis main-tenant trente mois dans une fourchette compriseentre 1.20 et 1.30 contre l’euro. Même le yen – audemeurant une monnaie plutôt insaisissable – n’estque rarement sorti de sa marge de fluctuation de115-105 par rapport au billet vert. La circulationinternationale des biens et des services profite bienévidemment de ce relatif équilibre des conditionscadres.Du côté des entreprises aussi, la situation se pré-sente globalement sous les meilleurs auspices,d’une manière générale, absolue et historique. Desbénéfices généreux, des marges confortables, desbilans éclatants de santé, un environnement demarché favorisant les rachats de sociétés et l'accèsau marché des capitaux, un affaiblissement dessyndicats, une solide expertise en matière de stra-tégies de délocalisation: que pourrait-on rêver demieux?Il faut néanmoins savoir que toutes ces conditionsmacro-économiques et micro-économiques si pro-pices sont apparues dans une situation monétaireexceptionnelle et que cette situation d’exceptiontouche à sa fin. Les taux d’intérêt réels ont en effetaffiché des niveaux bas, voire négatifs pendantprès de trois ans. Si ces taux d’intérêt dits «réels»constituent une réalité plutôt virtuelle au regarddes taux nominaux facturés par les banques ou descoupons nominaux des obligations et ne reflètentqu’une hypothèse quant au véritable prix del’argent, ils n’en font pas moins un très bon baro-mètre pour juger des conditions cadres monétaires.Et le fait est que le régime de ces dernières annéescombinait des taux d’intérêt nominaux avantageuxet une faible inflation avec une solide conjoncture.
Hausse du coût de l'argent
0%1%2%3%20012002200320042005
UKUSA
CHUETaux d’intérêt réels, en %Taux des emprunts d’Etatà 5 ans moins l'inflationsous-jacente (lissé)
Source: Bloomberg, analyse Wegelin & Co.
Nos lecteurs savent que nous attribuons cetteconjonction tout à fait unique de conditions favo-rables en premier lieu à des
facteurs réels externes
.Ainsi, la possibilité de trouver des nouveaux
sitesde production toujours plus avantageux
– qui va depair avec la mondialisation – a enrayé jusqu’icitout mouvement de hausse des coûts sur le marchédu travail. Dans les économies développées axéesen priorité sur le secteur tertiaire, les extraordinai-res progrès réalisés en matière de technologies del’information et de télécommunications ont permisun
accroissement de la productivité
tel, que toutmanque de capacités disponibles, et par là mêmetoute surchauffe de la conjoncture, se trouventreléguées au rang de possibilités purement théori-ques.Ces conditions réelles n’évoluent pas extrêmementvite. Le potentiel d’optimisation de la productiondans l’industrie et les services n’est en effet pasépuisé (ainsi, on découvre actuellement le pays à
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