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 AISLF Juillet 04 Programme CR 5 Systèmes complexes et politiques territoriales.Intervention David Capes <david.capes@wanadoo.fr> 33_6-87 29 78 03
Quels savoirs socio-politiques appropriables pardes systèmes de développement territorial ?
Intervention de David CAPES
Maître de conférences associé Université Bordeaux 4Chercheur associé au CERVL CNRS UMR 5116Consultant associé au CrederProgramme CR 5 Systèmes complexes et politiques territoriales.
Congrès AISLF Tours Juillet 2004.
 
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 AISLF Juillet 04 Programme CR 5 Systèmes complexes et politiques territoriales.Intervention David Capes <david.capes@wanadoo.fr> 33_6-87 29 78 03
Dans
 Les épistémologies constructivistes
,
1
Jean-Louis Le Moigne se réfère, entre autressources, à la théorie de “l’action intelligente”
2
de John Dewey [1859-1952] pour promouvoirun effort que devraient faire les sciences sociales et de l'ingénieur pour : “assurer le statut etl’organisation épistémologique des connaissances qu’elles produisent.”
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En nous appuyant surdes activités de Consultant en développement territorial depuis 1990, et d'Enseignant-chercheur associé à l'Université Montesquieu depuis 1999, puis Chercheur associé au CentreCERVL UMR 5116 CNRS/IEP de Bordeaux, nous voulons nous inscrire dans cetteorientation pour interroger la place que tient la production de savoirs socio-politiquesappropriables dans le contexte d'une pratique d’activation de potentiels de développementterritorial.La position personnelle et institutionnelle que nous occupons nous conduit à développerune épistémologie appliquée qui vise à formaliser et contrôler les conditions qui permettentd’obtenir et d'améliorer la production d“assertibilité garantie”
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. Nous avons pris au mot lathéorie de l'enquête de J.Dewey pour développer - à partir d'une position socio-professionnelle de Consultant puis d'Universitaire associé - une pratique de "recherche-intervention" (influencée par la synthèse de Jean Dubost
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) visant à considérer les acteurssociaux et politiques impliqués dans des activités d'élaboration et mise en œuvre de politiquesde développement territorial comme des agents cognitifs, partenaires à part entière.
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 Dans :
 Logique, la théorie de l’enquête,
John Dewey définit trois conditions logiques quiaccompagnent la méthode scientifique : “(a) le statut des conceptions théoriques commehypothèses qui (b) ont une fonction dans le contrôle de l’observation et de la transformationpratique ultime des phénomènes antécédents, et qui (c) sont éprouvées et continuellementrévisées à partir des conséquences qu’elles produisent dans l’application existentielle” (op.cit. p609).
1
Jean-Louis Le Moigne,
Les épistémologies constructivistes 
, Presses Universitaires de France, Paris, 128p, deuxièmeédition corrigée : 1999.
2
L
expression est de John Dewey lui-même, voir par exemple p 596 dans
Logique, la théorie de l 
’   
enquête 
, 1
ère
éditionaméricaine en 1938, traduction française de Gérard Deledalle réédition Presses Universitaires de France, Paris, 1993, 693p.
3
Le Moigne, op. cit., p95.
4
Cette expression est proposée par John Dewey dans le but de ne pas faire dépendre l
activité scientifique d
un projet deproduction d
une “vérité”. Voir p166 dans
La philosophie américaine 
de Gérard Deledalle, (De Boeck Université, Bruxelles,1987, 300p). Tom Burke dans
Dewey 
’   
s New Logic, a Reply to Russel 
, (University of Chicago press, Chicago, 1994, 288p)montre que l
épistémologie de John Dewey anticipe les approches cognitivistes contemporaines même si elle est rarementmentionné dans les ouvrages d
épistémologie (Russel, justement y est pour quelque chose). Par exemple, Bas Van Fraassenest cité comme “l
une des principales figures de la philosophie des sciences actuelle” par Anouk Barberousse, Max Kistler etPascal Ludwig dans
La philosophie des sciences au XX 
siècle 
, (Flammarion, Paris, 2000, 353p) parce qu
il “propose deremplacer la notion de
théorie vraie 
par celle de
théorie empirique adéquate 
” (p 320), mais cet ouvrage ne mentionne pasJohn Dewey. C'est ce même passage de la vérité à la garantie d'assertibilité que l'on peut retrouver dans un article paru dansle N° 280 de la revue Science, en 1998, pp 208-209 : "From the World of Science to the World of Research".
5
Jean Dubost,
L
’   
intervention psycho-sociologique 
(Presses Universitaires de France, Paris, 1987, 350p).
6
Hormis l'ouvrage :
Logique 
, c'est
The Public and its problems 
, qui permet de théoriser cette approche (Ed H. Holt, NewYork, 1927/, Swallow Press, Athens, USA, 1987, 236p; traduction française par Joëlle Zask publiée en 2003 chez Farrago).
 
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 AISLF Juillet 04 Programme CR 5 Systèmes complexes et politiques territoriales.Intervention David Capes <david.capes@wanadoo.fr> 33_6-87 29 78 03
Nous avons donc expérimenté depuis le début des années 1990 des conceptions opératoiresd'une planification participative de développement territorial, qui utilise l'enquête socio-politique comme un moyen de produire des connaissances appropriables par des acteurs :1_sociaux, 2_économiques, 3_administratifs et 4_politiques intervenant sur un territoire(l'expression socio-politique couvrant la chaîne de productions de valeurs par ces 4 catégoriesd'acteurs). Ces conceptions se traduisent par des modalités de management d’interactionsproduisant des représentations utiles pour éclairer et guider des décisions d'intervention visantà créer ou améliorer des activités économiques ou sociales et des conditions d’existence sur leterritoire donné. Ce faisant, nous avons suivi la proposition de Gérard Deledalle qui écrit dansson introduction à la
 Logique
: “Il [John Dewey] offre une hypothèse. Il appartiendra auxchercheurs - à tous les chercheurs et pas seulement aux logiciens - aux chercheurs engagésdans l’enquête anthropologique surtout, de l’expérimenter.”
7
 L'expression "intervention-recherche" correspond à cette conception d'une enquête socialequi ne se considère pas comme une production de connaissance objectivant la meilleurereprésentation possible d'une réalité sociale (représentation obtenue par application d'uneméthodologie sensée maîtriser les influences que subit le Chercheur et sa communautéacadémique). Nous ne sommes plus dès lors dans la problématique d'un effort derapprochement de la "demande sociale" par les chercheurs qui doivent dans le même tempsveiller à ne pas "perdre leur objectivité et leur indépendance", mais dans un besoin d'analyseépistémologique associée au process de production de connaissances prenant le systèmed'interaction : [Chercheurs <=> Acteurs sociaux] comme un système d'agents cognitifs, quiconstitue un contexte dans lequel les Chercheurs ont une responsabilité méta-cognitive.
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 Dans le prolongement de l'approche deweyenne, le Chercheur est partie prenante d'une“matrice bio-physique et socio-culturelle”
9
, qui déterminent : 1/ des modalités d’appropriationpossible des résultats de la recherche, 2/ des formes d’interactions qui produisent ces résultats,3/ des conséquences possibles d’actions découlant des résultats de la recherche, ou encore, 4/des appréciations de la valeur de ces conséquences, etc.
10
 
7
Op. cit. page 9.
8
Les auteurs de
Repenser la science 
, (Belin, Paris, 2003, 320p) sous l'expression "mode 2 de la recherche" décrive lestenants et aboutissants de cette conception pour la pratique scientifique et les méthodologies et épistémologies qui la fondent.
9
Les chapitres II et III de
Logique, la théorie de l 
’   
enquête 
décrivent en ces termes les conditions de l
enquête scientifiqueen général et en sciences humaines en particulier (1993, pp 81-119). Ces conceptions de Dewey peuvent organiserthéoriquement des démarches d
activation du développement territorial. Les processus vitaux sont, selon Dewey, “produits parl
environnement aussi bien que par l
organisme; car ils sont une intégration” (op. cit. p 83) et ils exigent le “maintien d
unenvironnement unifié”, de sorte que le but de la recherche scientifique et de l
action intelligente en général est “l
institutiond
une relation intégrée” (pp 83-84-86). Ainsi, la matrice culturelle, insérée elle même dans la matrice biologique (au sensenvironnemental du terme) est caractérisée par les usages de signes et symboles comme des moyens de procéder à unesymbolisation qui caractérise les activités communes, des moyens d
évaluer les situations existentielles et de déterminer desfins et moyens d
agir sur elles : “Les mots signifient ce qu
ils signifient en connexion avec les activités communes quiproduisent une conséquence commune à laquelle tous participent.” (op. cit. p114)
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Considérer les conséquences de la recherche comme une partie intégrante de la démarche globale de productionscientifique ne doit pas être considéré comme une conception relevant d'un utilitarisme primaire. Si John Dewey, par exemple
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