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Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copieest strictement interdite.
© Editions T.I.
F 1 136
 
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Décontamination des produitsdéshydratés à usage alimentaire
par 
Frédéric FINE
Chef de projet Technologie PhD Centre technique de la conservation des produits agricoles (CTCPA - Avignon) et 
Patrick GERVAIS
Professeur des Universités Université de Bourgogne (ENSBANA) 
es graines, les poudres et les produits pulvérulents sont très largement représentés dans les industries agroalimentaires. En effet, 80 % des ingré- dients mis en œuvre sont sous forme déshydratée ; c’est pourquoi leur stabilité microbiologique est depuis longtemps étudiée. Du fait des exigences de qualité toujours croissantes de la part du consommateur, l’innocuité de produits tels que le lait en poudre, les farines, les épices, les ovoproduits, les champignons déshydratés, les poudres d’algues et les carraghénanes fait l’objet d’une grande attention de la part des industriels. De plus, les nouvelles tendances alimentaires et notamment l’engouement pour les plats ethniques, aux goûts relevés, ont contribué à l’explosion du marché des épices et des aromates au cours de ladernière décennie.De composition variable, la microflore de ces produits est connue pour être présente en grande quantité, du fait des conditions de production artisanales 
1.Caractéristiques des produits déshydratés à usage alimentaire
F 1 136 – 21.1Caractéristiques physico-chimiques.......................................................... 21.2Microbiologie des produits déshydratés................................................... 3
2.Traitements thermiques de décontaminationdes poudres alimentaires
....................................................................... —62.1Causes de la mort cellulaire........................................................................ 62.2Influence de la citique d’application de la chaleur................................ 62.3Influence de l’activité de l’eau sur la destruction thermiquedes micro-organismes................................................................................. 72.4Effets défavorables des traitements thermiques sur la qualitédes produits déshydratés............................................................................ 8
3.Technologies des traitements thermiques
........................................ 83.1Technologies thermiques actuelles............................................................ 83.2Traitements thermiques innovants en cours de développement............ 11
4.Traitements athermiques
....................................................................... 124.1Fumigation................................................................................................... 124.2Ionisation...................................................................................................... 134.3Pressions hydrostatiques............................................................................ 134.4Rayonnement ultraviolet............................................................................. 13
5.Conclusions et perspectives
................................................................. 13
Références bibliographiques
......................................................................... 14
Pour en savoir plus
........................................................................................... Doc. F 1 136
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DÉCONTAMINATION DES PRODUITS DÉSHYDRATÉS À USAGE ALIMENTAIRE______________________________________________________________________
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(récolte, séchage, stockage...). La présence de cette microflore adaptée aux faibles teneurs en eau rend difficile la décontamination des poudres alimen- taires. Deux types de micro-organismes sont présents dans les produits pulvérulents : les formes végétatives et les formes sporulées. De nombreux auteurs ont rapporté que la résistance thermique des spores et des formes végé- tatives est plus importante dans des milieux pauvres en eau. En effet, le stress osmotique subi par les micro-organismes lors de la contamination des produits pulvérulents a pour effet une augmentation de la thermotolérance des levures et des bactéries.Bien que réalisable, l’opération de destruction des micro-organismes dans les produits solides se heurte à des difficultés à plusieurs niveaux. Elles sont réduites lorsque ces produits solides sont contenus dans une phase aqueuse et de nouveaux traitements comme le chauffage ohmique ou les micro-ondes permettent une décontamination efficace. Dans le cas des solides divisés traités envrac comme les épices et les herbes aromatiques, le problème se pose au niveaude l’homogénéité du traitement et du pouvoir de pénétration de la chaleur.L’objectif de ce dossier est de rappeler les principales caractéristiques physico- chimiques des poudres, de caractériser les microflores rencontrées sur les pro- duits pulvérulents, de présenter les différents principes de destruction des micro-organismes secs et de réaliser une synthèse bibliographique de l’ensem- ble des techniques thermiques et athermiques de décontamination des poudres alimentaires. Enfin, la dernière partie du document sera consacrée à la présenta- tion des principes des nouveaux procédés innovants actuellement en cours de développement, notamment la détente instantanée contrôlée (DIC), la lumière pulsée ainsi que le système FHT (fluidisation à hautes températures), breveté par le laboratoire de Génie des procédés alimentaires et biotechnologiques de l’uni- versité de Bourgogne.
1.Caractéristiquesdes produits déshydratésà usage alimentaire
Ce premier paragraphe est consacré à la définition des caractéris-tiques physico-chimiques et des microflores contaminantes des pul-vérulents alimentaires.
1.1Caractéristiques physico-chimiques
Les caractéristiques physico-chimiques des solides divisés condi-tionnent bien souvent la réussite de l’étape de décontamination. Eneffet, les propriétés thermiques, la taille et la forme des particules depoudre, conditionnent la pénétration de la chaleur lors d’un traite-ment thermique et la granulométrie doit être prise en compte pourle calcul des barèmes de traitement, dans le cas d’une contamina-tion dans la masse. Dans le cas d’une contamination périphérique,la granulométrie de la poudre n’influera pas sur la destructionmicrobienne. La porosité de la poudre peut également affecter l’effi-cacité d’un traitement par fumigation : le temps de contact entre lapoudre et le gaz sera d’autant plus long que la porosité intraparticu-laire sera élevée. Enfin, le convoyage pneumatique des pulvérulentsau sein du procédé de traitement peut être perturbé par des phéno-mènes de mottage fortement corrélés à la rugosité et aux interac-tions entre la surface des particules et le milieu.
1.1.1Transferts thermiques et pulvérulents
La chaleur se propage spontanément du corps le plus chaud verscelui le plus froid jusqu’à ce que leurs températures soient égales.Physiquement, c’est un flux de chaleur qui se propage par transfertd’énergie thermique de molécule à molécule voisine. Les transfertsthermiques s’effectuent selon trois processus : la conduction, laconvection et le rayonnement.Dans la majorité des procédés thermiques de décontaminationdes poudres, les échanges de chaleur combinent des phénomènesde convection (poudre brassée dans un flux d’air chaud) et deconduction (diffusion de la chaleur au sein des particules).L’échange de chaleur peut faire intervenir un changement d’étatde l’eau (condensation ou évaporation) caractérisé par sa chaleurlatente. Ainsi la fusion, la vaporisation et la sublimation requièrentun apport d’énergie alors que la solidification et la condensation(liquide comme solide) libèrent de l’énergie. La figure
1
proposeune représentation schématique des niveaux d’énergie nécessairesaux changements de phase de l’eau.L’eau joue donc un rôle essentiel dans les transferts de chaleur, carson évaporation (ou vaporisation) absorbe une énergie importante. Deplus, la capacité thermique de l’eau (à 20 ˚C,
= 4 182 J · kg
1
· ˚C
1
)est beaucoup plus importante que celles de l’air (à 20 ˚C et 1 bar,
= 1 012 J · kg
1
· ˚C
1
) ou des matières organiques constituantes despoudres. Par conséquent, pour ces deux raisons et pour une mêmequantité d’énergie appliquée, une poudre humide s’échauffera pluslentement qu’une poudre sèche.
 
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1.1.2Caractérisation de la taille et de la formedes particules [1]
Les poudres alimentaires présentent une hétérogénéité impor-tante tant au niveau de la forme que de la taille des particules qui lescomposent. De plus, la faisabilité de nombreuses opérations unitai-res (séparation, mélange, écoulement, stockage, mise en forme...)dans les procédés de transformation alimentaire dépend fortementde la taille et de la forme des particules constituant les produits pul-vérulents. La taille et la forme des particules sont également en rela-tion avec les phénomènes d’échange et de réactivité, qu’ils soientphysiques (migration d’eau, séchage, solubilisation), chimiques(oxydation) ou enzymatiques (digestion des aliments).Une particule de poudre est un objet difficile à caractériser d’unpoint de vue dimensionnel, de par sa forme bien souvent irré-gulière. Afin de contourner cette difficulté, la notion de sphère équi-valente a été définie et son diamètre correspond à celui qu’aurait lasphère entourant la particule considérée. En outre, la taille des par-ticules n’est pas déterminée pour une particule unique mais pour ungrand nombre de particules qui composent une population. Lesrésultats de l’analyse granulométrique sont généralement présen-tés sous forme d’histogrammes, appelés distributions granulomé-triques ou fréquentielles, dans lesquels les particules sont répartiesen classes en fonction de leur diamètre. La distribution en taille desparticules pourra être exprimée en pourcentage en nombre, enpourcentage en surface ou en pourcentage en volume (figure
2
).Les principales techniques de mesure de la taille des pulvérulentsalimentaires sont les suivantes :le tamisage humide ou à sec à travers des tamis normalisés ;le compteur à variation de résistance dérivé du
Coulter Coun- ter 
utilisé dans le milieu médical pour compter et mesurer les globu-les rouges ;la diffraction de la lumière laser ;l’analyse d’images.
1.1.3Caractérisation de la texture physiquedes pulvérulents [2]
Les pulvérulents sont des systèmes dispersés qui comprennentnon seulement une phase solide mais aussi une phase gazeusemobile entre les particules et une phase gazeuse (ou liquide) inclusedans les pores. C’est l’arrangement de la matière et des pores àl’intérieur des grains qui définit la texture d’un solide divisé ouporeux. Les principales caractéristiques mesurables permettant dedéfinir la texture des poudres sont les suivantes :la masse volumique mesurée par pycnométrie ou par pesée ;la surface spécifique correspondant à la surface développéepar le solide et mesurée par adsorption gazeuse ou parperméamétrie ;les porosités inter et intraparticulaires mesurées par adsorp-tion et condensation de gaz ou de vapeur, ou par porosimétrie parpénétration de mercure.
1.1.4Caractéristiques de surface des poudresalimentaires [3]
La rugosité et les interactions de la surface des particules avec lemilieu environnant jouent un rôle important dans :les phénomènes de frottement et de cohésion impliqués dansl’écoulement des poudres ;l’aptitude au broyage ;l’adsorption des gaz par les solides ;le phénomène de mouillage ;la dissolution des particules accessibles aux molécules desolvant.La mesure de la rugosité des particules peut être réalisée par uneméthode mécanique (capteurs tactiles), par des méthodes micros-copiques (microscopie interférentielle ou confocale à balayagelaser) ou par analyse d’image.
1.2Microbiologie des produitsdéshydratés
1.2.1Microflores contaminantes
Comme tous les produits naturels, la farine, les herbes et les épi-ces sont susceptibles de subir une contamination microbienne. Il aété montré qu’une épice qui se développe à proximité ou au contactdu sol (basilic, poivre noir, thym...), présente une charge micro-bienne beaucoup plus importante par rapport aux épices éloignéesdu sol (girofle, fleur de muscadier...). Les poudres « industrielles »telles que le lait déshydraté, la poudre d’œuf ou les carraghénanespeuvent subir des contaminations microbiennes tout au long duprocédé de fabrication [4] [5].Le sol, le climat, les conditions de culture, de récolte, de séchageet de stockage affectent la charge microbienne des produitspulvérulents. Cette charge peut varier d’une centaine à plusieursmillions de germes par gramme. C’est pourquoi, des normes
Figure 1Diagramme schématique température-énergiedes changements de phase de l’eau
(d’après Raphaël, 2003,http://www.x86-secret.com/articles/divers/stt/stt-3.htm)
150
°
C100
°
C0
°
C– 50
°
C
   T  e  m  p   é  r  a   t  u  r  e
ChaleursensibleChaleurlatenteChaleursensibleChaleurlatenteChaleursensible
p
Énergie
92,5 J2256,3 J418,6 J332,2 J105,5 J
Figure 2Représentation normalisée de la granulométrie
Répartitiongranulométriqueen nombreRépartitiongranulométriqueen volume ouen masseSoit une population de 10particules sphériques :– 8 avec un diamètre de 1
µ
m– 2 avec un diamètre de 10
µ
m1
 
µ
m
10
 
µ
m1
 
µ
m
10
 
µ
m80%0,04%20%99,6%
of 00

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