_____________________________________________________________________________________________________SÉCURITÉ SANITAIRE DES ALIMENTS
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démarche a commencé à faire l’objet d’une attention au niveauinternational, notamment à l’Organisation pour l’alimentation etl’agriculture (FAO) et à l’Organisation mondiale de la santé (OMS),puis au
Codex Alimentarius
, programme mixte de ces deux organi-sations.Le concept de l’analyse des risques appliquée à l’alimentation estmaintenant devenu classique, au point que le règlement commu-nautaire du 28 janvier 2002 stipule que «
la législation alimentaire se fonde sur l’analyse des risques.
» Ce texte donne aussi les défini-tions suivantes.En vue de garantir l’indépendance des experts chargés de l’éva-luation des risques, il doit exister une séparation marquée entre
ges-tion des risques
et
évaluation des risques
, même si certainesinteractions sont indispensables dans une approche pragmatique.
3.Évaluation des risques
3.1Instances d’évaluation
L’évaluation des risques (terme qu’il faut, maintenant qu’il estdéfini par la réglementation européenne, préférer à celui d’apprécia-tion des risques) se fait à partir des connaissances acquises dansdiverses disciplines : toxicologie, chimie analytique, microbiologie,épidémiologie, etc. Elle implique donc la réalisation d’expertises,qui doivent nécessairement être collectives, pluridisciplinaires, sou-mises à révision périodique et conduites par des instances qui assu-rent l’indépendance des experts.
s
En France
, le dispositif d’expertise a été rénové par la loi du1
er
juillet 1998, qui a institué l’Agence française de sécurité sanitairedes aliments (Afssa). Celle-ci s’est substituée à des instances exis-tantes, en particulier à la section spécialisée en alimentation et nutri-tion du Conseil supérieur d’hygiène publique (Cshpf), et auxcommissions qui donnaient des avis sur les aliments diététiques,l’alimentation animale et les médicaments vétérinaires. Mise enplace en avril 1999, l’Afssa s’est dotée de dix comités d’experts spé-cialisés (tableau
). Leurs membres ont été nommés après examendes candidatures recueillies à la suite d’un appel public. Les avis descomités scientifiques servent de base pour la préparation des avisde l’Afssa, signés par son directeur, qui sont rendus publics.
s
Dans l’
Union européenne
, les comités scientifiques rénovés en1997, dont le Comité scientifique de l’alimentation humaine (CSAH),ont laissé place en 2003 à l’Autorité européenne de sécurité des ali-ments (Aesa), instituée par le règlement du 28 janvier 2002. Celle-ci«
fournit des avis scientifiques et une assistance scientifique et tech- nique à la politique et à la législation de la Communauté dans tous les domaines ayant un impact direct ou indirect sur la sécurité des denrées alimentaires et des aliments pour les animaux. (...). L’Auto- rité recueille et analyse les données afin de permettre la caractérisa- tion et le contrôle des risques (dans ces domaines).
» Ce sont desgroupes scientifiques permanents qui sont chargés de fournir, dansleurs domaines de compétences propres, les avis de l’Autorité ; ilsont la possibilité d’organiser, le cas échéant, des débats publics. Cesgroupes sont au nombre de huit :—additifs alimentaires, arômes, auxiliaires technologiques etmatériaux en contact avec les aliments ;—additifs et produits ou substances utilisés en alimentationanimale ;—santé des plantes, produits phytosanitaires et leurs résidus ;—organismes génétiquement modifiés ;—produits diététiques, nutrition et allergies ;—risques biologiques ;—contaminants de la chaîne alimentaire ;—santé animale et bien-être des animaux.
s
Au
niveau mondial
, la FAO et l’OMS ont institué depuis long-temps des comités mixtes pour les additifs alimentaires et lescontaminants (
Joint FAO/WHO Expert Committee on Food Additi- ves
, JECFA, 1956), pour les résidus de pesticides (
Joint FAO/WHO Meeting on Pesticides Residues
, JMPR, 1963) et, plus récemment,pour l’évaluation des risques microbiologiques (
Joint FAO/WHO Meetings on Microbiological Risk Assessment
, JEMRA, 1999). Cesorganisations internationales interviennent également dans le cadredu
Codex Alimentarius
qui travaille à établir des normes pouvantêtre adoptées par les États, par exemple sur l’hygiène alimentaire(aspects microbiologiques). L’Organisation internationale des épi-zooties (OIE) apporte son expertise pour évaluer et contrôler lesmaladies animales, ce qui est en lien étroit avec la sécurité sanitairedes aliments d’origine animale. L’OCDE (Organisation de coopéra-tion et de développement économique) produit pour sa part deslignes directrices pour l’évaluation des substances chimiques, appli-cables à l’évaluation toxicologique des composants de l’alimenta-tion. Elle a également des activités d’étude dans le domaine de lasécurité des aliments, par exemple pour ceux qui sont issus de bio-technologies.
3.2Processus d’évaluation des risques
Selon le règlement communautaire du 28 janvier 2002, onappelle :L’évaluation des risques doit intégrer ces quatre étapes, citéesdans le manuel de procédure de la commission du
Codex Alimenta- rius
.
3.2.1Identification des dangers
L’identification
des agents biologiques, chimiques et physiques,présents dans un aliment ou un groupe d’aliments et pouvant pro-voquer des effets adverses pour la santé, repose sur des connais-sances scientifiques documentées. Ces connaissances proviennentessentiellement de trois domaines d’études :—des
études toxicologiques
, menées principalement chez l’ani-mal, mais aussi
in vitro
, reliant des effets cliniques ou anatomopa-thologiques à l’exposition à des agents (biologiques, chimiques,physiques) présents dans les aliments ;—les
études épidémiologiques
, qui établissent des corrélationsentre des événements pathologiques et la consommation d’ali-ments ou de composants d’aliments de composition connue ;—des
études de relation entre la structure chimique et l’activitétoxique
, qui permettent de suspecter ou au contraire de considérercomme sans risque notable des substances pour lesquelles on n’apas (encore) observé d’effets néfastes.
s
«
Analyse des risques
» : un processus comportant trois volets interconnectés : l’évaluation des risques, la gestion des risques et la communication sur les risques ;
s
«
Danger
» : un agent biologique, chimique ou physique pré- sent dans les denrées alimentaires ou les aliments pour ani- maux, ou un état de ces denrées alimentaires ou aliments pour animaux, pouvant avoir un effet néfaste sur la santé ;
s
«
Risque
» : une fonction de la probabilité et de la gravité d’uneffet néfaste sur la santé, du fait de la présence d’un danger ».
«
évaluation des risques
, un processus reposant sur des bases scientifiques et comprenant quatre étapes : l’identification des dangers, leur caractérisation, l’évaluation de l’exposition et lacaractérisation des risques
».
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