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ITHT-ATLAS2006-2007
La Vallée du Draa : la route des ksours
C’est la route des ksours (de Ourzazate à Zagora) qui reste l'une des plus belles du Maroc. Elle est d'abordmontagneuse, aride et dénudée jusqu'à Agdz, avant de rejoindre le cours de Drâa, bordé d'un ruban quasiininterrompu de palmeraies et de champs cultivés, et jalonné de magnifiques Ksour et Kasbas en pisé. Draa,fleuve du Maroc, long de plus de 1 000 km, se jetant dans l'océan Atlantique à la latitude des îles Canaries.Formé de deux tributaires (oueds Imimi et Darès) nés entre 2000 et 3000 mètres d'altitude sur le versant sahariendu Haut-Atlas, il se dirige d'abord vers le sud-est puis, après Zagora, vers le sud-ouest.Dans les régions parcourues, l'écoulement est le plus souvent temporaire. Capturer la pluie dans le désert Prèsde Zagora, dans la vallée du Dra, au Sahara, un fermier construit un partiteur en paille. Des villages auxhabitations en terre séchée, comme Zagora, se retrouvent çà et là dans le désert, regroupés près des oasis.Autrefois, de longues caravanes de marchands maures traversaient cette région à dos de chameau pouéchanger, plus au sud, étoffes, perles de verre et sel contre de l’or, des esclaves, du cuir et du poivre.Pays berbère, né de l'union de la montagne et du désert, de la rencontre de l'eau et du soleil. De l'Atlas et duSahara. Car la richesse de la vallée, ce sont les dattes. Seize variétés différentes y ont été recensées qui, sur deux millions de palmiers-dattiers, produisent annuellement vingt mille tonnes de dattes. De Ouarzazate, tandisque la route se tortille jusqu'au col de Tizi n'Tinififft (1660 mètres) à travers les paysages noirs et décharnés dudjebel Sarhro, l'oued Draa, invisible, taille son chemin dans la croûte terrestre. C'est à Agdz qu'on rejoint l'oued.Apparaît d'abord le massif du djebel Kissane qui domine la ville et une houle verte qui s'étire jusqu'au bout de lavue: la palmeraie.Dans l'Antiquité, le Draa était le plus long fleuve permanent du Maroc. Ses eaux, prenant naissance près deOuarzazate, se jetaient dans l'océan Atlantique après une course de mille kilomètres. Les vieux textes parlentd'une région prospère et même de crocodiles. Aujourd'hui, régulé par le barrage El Mansour, le Draa abreuvegénéreusement sa vallée avant de se perdre dans les sables, au-delà de M’hamid. Malgré tout, on doute quel'Antiquité soit si lointaine; sur les chemins de terre, ânes et mulets vont d'un trot sec, les bastes pleines delégumes et de dattes, et partout, c'est un peuple voué aux traditions qui vaque à ses besognes séculaires: jeunesfemmes transportant du bois de feu sur leur dos, gamins tirant l'outre du puits ou courant, pieds nus, derrière uncerceau de fer, mule traversière qui transbahute des piétons en djellabah d'une rive à l'autre, une lessive étaléesur la roche d'une colline.Lauriers-roses, joncs, acacias, tamaris. Les heures extrêmes enluminent d'or rouge la surface de l'oued. C'estaussi l'heure où les hérons font le pied de grue, où les djebels s'allument comme des couronnes impériales, oùles ombres s'allongent ou se raccourcissent. On voudrait boire la lumière. On voudrait que jamais le jour nes'allume ou ne s'éteigne tout à fait.Ouriz. Amrâd. Timiderte. Tamsikht. Villages de pisé (mélange de terre, de paille et d'eau), posés sur des terresinfertiles qui dominent la palmeraie. Minarets roses, ou verts ou blancs. Des hommes en djellabah palabrent avecle détachement de ceux pour qui le paradis d'Allah sera encore plus beau que leur vallée.Dans le sud marocain, on vit au rythme du jour et de la nuit, des saisons et de son cœur. Et du thé vert à lamenthe qu'on sirote infatigablement à la terrasse des cafés. Versé de très haut dans les verres, la pluie de thésymbolise l'union du ciel et de la terre. Mais ici, on ne compte pas sur la pluie pour cultiver. La palmeraie occupela surface de la nappe phréatique, les jardins sont irrigués.S'égarer dans la palmeraie fait partie du voyage. D'ailleurs, on ne s'y perd pas trop; le Draa, ou un djebel, ou lesoleil, suffit à s'orienter. Où alors, c'est un fellah sur son âne, qui vous demande où vous allez. La casbah deTamnougalt? Impossible de la manquer: elle est plantée sur sa colline comme pour un décor de film d'aventure.Des casbahs, il y en a cinquante ou soixante dans la vallée, dressant leurs tours de guet de loin en loin.Ces citadelles de terre, témoins des affrontements entre tribus berbères, sont pour la plupart laissées àl'abandon. Le pisé subit l'outrage des pluies et des ans, et certaines ne sont plus que ruines.Mais la palmeraie est bruissante de vie. Canaux d'irrigation, vannes, murets, palissades, chemins. Les jardinssont clos. On y accède par une porte débraillée, faite d'un vieux pantalon ou de tonneaux aplatis. Dans leschamps, on travaille à croupetons, à la serpe. Carrés de poivrons, de tomates, de pastèques, de haricots quiseront vendus au souk hebdomadaire d'Agdz, de Tinzouline ou de Zagora, avec les dattes, mandarines, orangeset olives.On dit qu'autrefois, la vallée du Draa était plantée d'oliviers. Le dattier, originaire d'Arabie Saoudite, serait arrivéavec les caravaniers en provenance du Sud Sahara.El Had, Ignaoûne, Tinzouline. Ksar, casbahs et dattiers. Plus on va vers le sud, plus on rencontre d'habitants à lapeau foncée. Voire carrément négroïdes. Certains descendent d'esclaves amenés du Soudan, les Harratins. Levisiteur ne s'arrête pas avant d'avoir atteint le monumental portique de Zagora. La ville est ocre-rose, semblable àtoutes les villes du sud marocain qui abritent leurs boutiques à l'ombre d'arcades sourcilleuses.
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Cours de géographie du tourisme M. SAKSI
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A Agdz, qui souffre de la concurrence du chef-lieu de province, des tapis berbères accrochés aux façades serventd'enseigne. Cela ne suffisant pas toujours à attirer le chaland, on use et abuse de petites ruses d'une sincériténavrante, parmi lesquelles la panne ou la lettre à rédiger sont les plus élaborées.A Zagora, l'abord est plus net: la cliente potentielle est appelée «gazelle» et son compagnon «gazou», sans autremalignité que celle de faire entrer le chaland dans sa boutique, «pour le plaisir des yeux».Tapis, couvertures, chèche, poterie, boissellerie. L'artisanat est beau; il était somptueux avant que les artisansisraélites ne quittent le pays pour Israël. Les Juifs détenaient le monopole du commerce des métaux précieux, ilsétaient orfèvres, bijoutiers, ciseleurs, maîtres en leur art. Aujourd'hui, l'argent est mélangé au zinc, et les fauxvieux bijoux sont aussi nombreux que les vrais faux hommes bleus du désert, les Touaregs.
Ouarzazate
Voilà une cité sortie des entrailles de la terre, en plein désert dans le sud du Royaume, avec une variété dedécors aussi insaisissables qu'époustouflants. Du sable brûlant, des crêtes enneigées, des palmeraies et oasisverdoyantes, des ksours hautains, des villages fortifiés et de somptueuses kasbahs, c'est tout le charme idylliqued'une ville d'un autre millénaire. Ouarzazate, ville de la convergence des cultures et de l'artisanat, marque le pointde départ de la route des oasis. Elle est à la croisée des chemins entre la vallée du Drâa- qui creuse son lit jusqu'à Agadir- du Dadès- issu du Haut-Atlas et du Ziz qui nourrit l'immense palmeraie du Tafilalet avant de seperdre dans les sables de Taouz.Deux magnifiques kasbahs accrochent le voyageur, ébloui par tant de beautés: celle de Taourirt et celle d'Aït BenHaddou, située à 30 Km, de la ville. La réputation de ces deux, "monuments" est telle que des films comme"Lawrence d'Arabie" et «Un Thé au Sahara» y ont planté leur décor. Et, ultime couronnement du cadre:l'UNESCO a inscrit ces deux kasbahs au patrimoine mondial.A Ouarzazate, pourvue en hôtels splendides et luxueux, on peut marquer une halte avant de s'aventurer dans ledésert où toutes sortes de sensations agrémentent le voyage. On y découvrira, avec émerveillement Kelâa desM'Gouna, la plus belle des roseraies de la vallée, l'ancienne kasbah d'El Glaoui en équilibre sur un rocher, lesgorges du Dadès, énorme bloc calcaire tranché d'un coup de sabre.La vallée du Ziz, elle, ponctue la route vers le désert. L'Oued Ziz, bordé de hauts palmiers d'où émergent desksours et la sublime kasbah d'Ifri, forment une nappe émeraude qui offre un spectacle éblouissant. Une foisfranchie la porte d'Erfoud, c'est le désert dans toute sa nudité et sa splendeur. .Entre Ouarzazate et Marrakech, le Haut Atlas, que l’on aperçoit au loin pendant toute la descente d’Er Rachidia àOuarzazate, constitue une barrière naturelle. La route que l’on emprunte le traverse tant bien que mal, mais lesvents chargés d’humidité et de fraîcheur océaniques, n’y arrivent pas. Par conséquent, lorsque l’on prend la routede Marrakech, on passe d’un semi-désert aride d’abord dans un paysage de haute altitude, en culminant dans lecol du Tizi-n-Tichka (2260 m au-dessus du niveau de la mer), puis, à mesure que l’on descend vers Marrakech,on redécouvre les palmiers et la verdure. L’air est alors plus chaud et plus humide.Les paysages autour du col de Tizi-n-Tichka sont magnifiques, et le col lui-même est une halte agréable car il yfait frais. Les marchands d’objets divers ne s’y trompent pas et occupent le col comme une armée en siège.Mieux vaut ne pas montrer que vous parlez français, ni l’anglais, ni même l’allemand ou l’espagnol sinon vousallez subir une attaque à l’artillerie lourde. Le mieux est de parler tchèque ou norvégien entre vous, lesmarchands en seront perplexes et vous laisseront tranquilles.
Les curiosités touristiques
La Casbah de Taourirt
Cette résidence fut autrefois celle du Pacha de Marrakech (XIXème) et est considérée comme l'une des plusbelles du Maroc. Ses bâtiments de pisé sont constitués de riches appartements, de simples maisons et de tourscrênelées abondamment décorées. Il est possible de visiter les anciens appartements du Glaoui où l'on peutadmirer la salle à manger et la chambre de la favorite qui ont conservé leur décoration de stuc peint et leursplafonds de bois de cèdre.
Le Centre artisanal
Situé en face de la Casbah de Taourirt, ce centre est l'occasion d'acheter quelques produits de l'artisanat localdont les célèbres tapis "Ouzguita".
Aït Benhaddou ( 22 km au nord-ouest de Ouarzazate)
Récemment inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, le ksour d'Aït Benhaddou est l'un des plus beaux duMaroc. En grande partie inhabité, ce village fortifié est un modèle d'architecture en terre (tours crênelées etdécorées de motifs en forme de losange). La promenade jusqu'au donjon de l'ancienne casbah permet de profiter 
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d'un exceptionnel panorama avec, au premier plan, les terres arides environnantes, et, au second plan, lasilhouette de l'Atlas.
Casbah de Tifoultoute ( 8 km à l'ouest de Ouarzazate)
Jadis, cette vieille forteresse appartenait à la famille du Glaoui (pacha de Marrakech). Construite sur unpromontoire rocheux, elle règne en maîtresse sur toute la vallée de l'oued Ouarzazate. Transformée en hôtel-restaurant, on y donne en soirée des spectacles de danses traditionnelles.
Gorges de Dadès Gorges de Todra
Le paysage accidenté des Gorges de Dadès (à l'est de la ville) avec son canyon profond et sinueux estéblouissant. La légende raconte que celui qui s'aventurait dans ces gorges, s'il échappait aux brigands quicontrôlaient le passage, restait à la merci des redoutables lions de l'Atlas, dont le dernier fut tué en 1905. Après levillage de Msemrir, sur le territoire des Aït Atta, une piste mène à Agoudal puis à Imilchil où se déroule enseptembre le célèbre "Moussem des Fiancés" au cours duquel les jeunes femmes de la région viennent chercher un mari. Une autre piste partant d'Agoudal conduit aux Gorges de Todra. La route des gorges de Todra s'engagele long d'une luxuriante palmeraie qui borde l'oued. Le spectacle le plus impressionnant reste un étroit couloir d'une dizaine de mètres surplombé de deux falaises hautes de 300 mètres.
Vallée du Dadès
Surnommée "vallée des mille casbahs", la vallée du Dadès est une région très fréquentée par les touristes. On nepeut que déplorer l'état de dégradation de bon nombre de casbahs. Heureusement, quelques sites comme lapalmeraie de Skoura ont résisté à l'usure du temps. Fondée au XIIème siècle par Yacoub el-Mansour, connuepour ses cultures de rosiers et sa production d'eau de rose, la palmeraie abrite de très belles demeures; la"casbah d'Amerhidil" avec ses murailles extérieures délicatement ouvragées en est un élément majeur. Quant àla capitale de la rose, le village fortifié d'El Kelaa M'Gouna, ses casbahs en ruine présentent encore de très beauxornements.
Vallée du Drâa
Cette vallée longe l'oued Drâa sur 200 km, de Ouarzazate à Zagora (la "porte du désert"). Son cours traverse unemultitude de palmeraies et de villages à la végétation luxuriante. Grand classique du tourisme marocain, ce trajetpermet surtout de découvrir de très beaux ksours aux lignes épurées. Le voyageur courageux pourra se rendre jusqu'à Zagora et M'hamid afin d'admirer les premières grandes dunes du désert saharien.
Carte du Grand Sud
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