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3.AU
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DELÀLe sens et la vision ne sont pas tout en politique, certes, et il appartient aux Américains des’engou
ff
rer dans la brèche ouverte par Obama vers un avenir meilleur, guidés, propulsés par soninspiration. Concrètement, les horizons dégagés doivent être opérationnalisés, traduits dans despolitiques concrètes, implémentés, etc. Je voudrais juste relater un fait à cet égard. Hier soir, entre 19 et 20h, j’écrivais quelques emailsdans le hall du
Memorial Unio
n
. Juste à côté, une trentaine d’étudiants, les
ASU Democrat Students
,avaient une réunion préparatoire pour la campagne électorale d’un Sénateur local. Je peux attesterque cela débordait d’énergie, d’engagement, de passion... Tout en restant pragmatiquement trèse
ffi
cace. Vers 20h, les bâtiments ont fermé et je suis allé m’installer dehors, pendant une demi
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heure ou trois quart d’heure. Quand je me suis mis en route, après, le campus était couvert, je disbien «couvert», d’a
ffi
ches
(
il faisait trop noir pour photographier
)
. Sitôt leur réunion finie, leséquipes se sont dispatchées, chacun a manifestement fait son boulot et je peux vous dire ma surprise devant cette redoutable organisation.Il y en a un, dans l’histoire, qui a ramassé une fameuse gifle sur sa joue droite : c’est le méchantcliché de l’Américain
selfish & soooo individualistic
. Je n’ai certes pas encore fréquenté l’Amériqueentière, loin s’en faut. Mais ce à quoi j’ai assisté hier, c’est à nouveau quelque chose de trèssignifiant pour moi et que, à mon sens, je ne suis pas prêt de voir un jour en Belgique. Trentepersonnes autour d’une table guidées par une même idée du sens commun, et non pas un ramassisd’opportunistes juste prêt à recueillir la moisson sans en porter le fardeau. Encore!
Mercredi 21 janvier
–
Trust Jesus
17 h 11
Impressionnant, la rentrée académique. Vraiment. Depuis hier
(
lundi était jour férié
)
, le campusest littéralement inondé d’étudiants, bien que cela se soit déjà calmé aujourd’hui. L’ASU, c’estentre 60.000 et 70.000 étudiants. Pas pour rire. Il fait beau, le campus est car
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free
(
critèredéterminant, selon moi, de qualité de vie
)
, l’énergie transperce ci et là. Beaucoup d’étudiants sedéplacent en vélo et... en skate
-
board. J’imagine que la proximité de la Californie n’est pasétrangère à la popularité de ce dernier mode de déplacement. En réalité, lorsque l’on maîtrisel’instrument, il semble vraiment pratique et rapide, souple et sûr
(
davantage que des rollers, parexemple
)
, peu fatiguant
(
un coup de patte vous procure plusieurs mètres d’avancement,probablement entre 10 et 15
)
. Toutefois, ce qui impressionne le plus, c’est la harangue. Associations en tous genres, fédérationsd’étudiants, lobbys, groupes thématiques
(
sportifs, jeux, autres intérêts
)
ou encore mouvementsidentitaires
(
hispaniques, juifs, etc.
)
, chacun y va de son stand et n’hésite pas à interpeller le tout venant, dans la meilleure tradition du marché aux bestiaux, la vocation commerciale en moins.Bon, je caricature un peu, en fait. Toujours est
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il que tout à l’heure, j’ai assisté à la surprenante scène d’un prédicateur public,fièrement et stoïquement juché sur une chaise, fragile promontoire orné d’a
ffi
ches aux énoncésexplicites : «
Trust Jesus
», «
Aborption is Murder
», «
Evolution is Li
e
». L’homme, le regard planté droitdans un horizon parfaitement maîtrisé, répondait aux questions de la foule avec une surprenanteforce et un indéniable charisme. Dans l’assistance, des acolytes
(
je les ai vus repartir ensemble peuaprès
)
, des incrédules mais également des personnes interpellées, investies dans leur réflexion.
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