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 Mardi 20 janvier 
– 
Making history
10 h 50
-
about Americans & Politics
Moment historique aujourd’hui, à l’occasion de l’investiture du flambant neuf Président BarackObama. Plusieurs choses doivent absolument être mentionnées à ce sujet et, de manière plus générale, sur les rapports à la politique
et au politique
 )
entretenus par les Américains. Méthode chronologique :1.AVANTPar Anne, j’ai appris que l’Europe et notamment la Belgique tremblaientd’excitation depuis un petit temps, dans l’expectative de cette investiture.Paraît
-
il, l’agitation médiatique était à son comble et le tapage incessant. C’est amusant car lecontraste avec la situation ici, en Amérique, est saisissant.D’une part, on a peu parlé de l’investiture d’Obama avant aujourd’hui, bien que chacun soitparfaitement conscient de l’échéance et de son importance. D’autre part, les journaux n’étalentpas leurs «unes» respectives en vitrine sans cesse, et, à la limite, je dirais que l’environnementmédiatique est moins omniprésent
mais ceci doit être plus finement soupesé et évalué
 )
.2.PENDANTEn revanche, à l’instant, nous venons de vivre un instant de communion, d’émotion et de vibration intense. Le Président Obama a prêté serment devant une assemblé conséquented’étudiants
réunis au bâtiment du
 Memorial Unio
n
 )
, mais pour ma part j’ai choisi d’assister à cemoment «historique» en compagnie du sta 
ff 
du CNS
Center for Nanotechnology in Society
, pourceux qui n’ont pas compris
-
je ne le répéterai plus
 )
. Tout d’abord, je dois dire la force de ce quis’est emparé de l’audience au moment venu. C’était à la fois surprenant, indescriptible et trèspuissant. Je ne me hasarderai pas à qualifier ce ressenti. Ensuite, le discours d’investiture était
-
à mon sens un bel exercice
-
de politique. Plus précisément, c’était du politique, au sens noble duterme. On pourra critiquer ce que l’on voudra, je ne pense pas avoir jamais entendu en Belgiqueun discours si pourvoyeur de sens et de vision.
 Live pictur 
 CNS oc
 
9
3.AU
-
DELÀLe sens et la vision ne sont pas tout en politique, certes, et il appartient aux Américains des’engou
ff 
rer dans la brèche ouverte par Obama vers un avenir meilleur, guidés, propulsés par soninspiration. Concrètement, les horizons dégagés doivent être opérationnalisés, traduits dans despolitiques concrètes, implémentés, etc. Je voudrais juste relater un fait à cet égard. Hier soir, entre 19 et 20h, j’écrivais quelques emailsdans le hall du
 Memorial Unio
n
. Juste à côté, une trentaine d’étudiants, les
 ASU Democrat Students
,avaient une réunion préparatoire pour la campagne électorale d’un Sénateur local. Je peux attesterque cela débordait d’énergie, d’engagement, de passion... Tout en restant pragmatiquement trèse
cace. Vers 20h, les bâtiments ont fermé et je suis allé m’installer dehors, pendant une demi
-
heure ou trois quart d’heure. Quand je me suis mis en route, après, le campus était couvert, je disbien «couvert», d’a 
ches
il faisait trop noir pour photographier
 )
. Sitôt leur réunion finie, leséquipes se sont dispatchées, chacun a manifestement fait son boulot et je peux vous dire ma surprise devant cette redoutable organisation.Il y en a un, dans l’histoire, qui a ramassé une fameuse gifle sur sa joue droite : c’est le méchantcliché de l’Américain
 selfish & soooo individualistic
. Je n’ai certes pas encore fréquenté l’Amériqueentière, loin s’en faut. Mais ce à quoi j’ai assisté hier, c’est à nouveau quelque chose de trèssignifiant pour moi et que, à mon sens, je ne suis pas prêt de voir un jour en Belgique. Trentepersonnes autour d’une table guidées par une même idée du sens commun, et non pas un ramassisd’opportunistes juste prêt à recueillir la moisson sans en porter le fardeau. Encore!
 Mercredi 21 janvier 
– 
Trust Jesus
17 h 11
Impressionnant, la rentrée académique. Vraiment. Depuis hier
lundi était jour férié
 )
, le campusest littéralement inondé d’étudiants, bien que cela se soit déjà calmé aujourd’hui. L’ASU, c’estentre 60.000 et 70.000 étudiants. Pas pour rire. Il fait beau, le campus est car
-
free
critèredéterminant, selon moi, de qualité de vie
 )
, l’énergie transperce ci et là. Beaucoup d’étudiants sedéplacent en vélo et... en skate
-
board. J’imagine que la proximité de la Californie n’est pasétrangère à la popularité de ce dernier mode de déplacement. En réalité, lorsque l’on maîtrisel’instrument, il semble vraiment pratique et rapide, souple et sûr
davantage que des rollers, parexemple
 )
, peu fatiguant
un coup de patte vous procure plusieurs mètres d’avancement,probablement entre 10 et 15
 )
. Toutefois, ce qui impressionne le plus, c’est la harangue. Associations en tous genres, fédérationsd’étudiants, lobbys, groupes thématiques
sportifs, jeux, autres intérêts
 )
ou encore mouvementsidentitaires
hispaniques, juifs, etc.
 )
, chacun y va de son stand et n’hésite pas à interpeller le tout venant, dans la meilleure tradition du marché aux bestiaux, la vocation commerciale en moins.Bon, je caricature un peu, en fait. Toujours est
-
il que tout à l’heure, j’ai assisté à la surprenante scène d’un prédicateur public,fièrement et stoïquement juché sur une chaise, fragile promontoire orné d’a 
ches aux énoncésexplicites : «
Trust Jesus
», «
 Aborption is Murder 
», «
 Evolution is Li 
». L’homme, le regard planté droitdans un horizon parfaitement maîtrisé, répondait aux questions de la foule avec une surprenanteforce et un indéniable charisme. Dans l’assistance, des acolytes
je les ai vus repartir ensemble peuaprès
 )
, des incrédules mais également des personnes interpellées, investies dans leur réflexion.
 
10
 Jeudi 22 janvier 
– 
Considératio
n
16 h 06
«
Save a horse, buy a tractor 
».
Vendredi 23 janvier 
– 
Little rai 
n
 
10 h 35
Il pleut. C’est l’hallali! Pas un chat ne se hasardedehors, mis à part les voitures, tout le monde s’estprécipité à l’abri. Quelle vision étonnante que celled’un monde ou la pluie peut se payer le luxe d’êtreun désagrément! Dois
-
je avouer que, moi
-
même, jeme complais à l’intérieur de la salle informatiquedu complexe d’appartements ou je loge
photosprises exactement du même endroit
 ))
?!La pluie évoque sans surprise le Royaume, le petitRoyaume dont je suis issu. Je discutais, à l’occasionde ma quête d’appartement, avec un ex 
-
steward del’aviation. Pour cet homme, qui avait vécu à Bruxelles et à Londres, la Belgique était d’unetaille comparable à celle du Lichenstein.Il est vrai que le propre de l’Amérique, ce sont les grands espaces et de grandes distances, encomparaison desquels la taille de notre royaumeprête à sourire. Ce qui est stupéfiant, pour moi,c’est la di
ff 
érence de perspective que cela apporte. J’ai un peu suivi, de loin, les problèmes du S.P
-
a,les facéties de la NV
-
 A ou encore la mise sur piedde ces commissions parlementaires, fantoches,électoralistes, ... Franchement, d’ici, ça nem’intéresse pas.On me rétorquera à juste titre que Belgique et USA ne sont pas comparables, et que les a 
ff 
airesinternes de notre Royaume ont leur importance, à leur échelle. Certes. Je n’en disconviens pas. Tout de même, d’ici, on voit à quel point nous sommes enfermés dans nos propres frontières, nospropres enjeux, nos micro
-
conflits.Mon propos ici n’est pas de dénigrer mon cher pays et ce qu’il se passe, simplement de dire qu’il estsi petit... En Belgique,
il n’y a pas d’espaces pour la grandeur 
.
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