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Article Sur Bichat Par Yukiko Kano 2003

Article Sur Bichat Par Yukiko Kano 2003

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Rhetorical and Historical Study on Xavier Bichat's prose in the context of history of medicine in early 19th century France. Paper presented at the Ecole Normale Supérieure (Paris, Ulm), in December 2003.
Rhetorical and Historical Study on Xavier Bichat's prose in the context of history of medicine in early 19th century France. Paper presented at the Ecole Normale Supérieure (Paris, Ulm), in December 2003.

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06/03/2013

 
 
Découverte du sujet pluriel dans l’élaboration du discours physiologiquechez Bichat
1. La définition de la vie
On cherche dans des considérations abstraites la définition de la vie ; on la trouvera, je crois,dans cet aperçu général :
 La vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort 
1
.
Les
Recherches physiologiques sur la vie et la mort 
de Xavier Bichat (1771-1802), publiées en 1801, s’ouvrent sur cette phrase célèbre. Célèbre, non seulement parce que laformule a fait l’objet de maintes interprétations scientifiques et philosophiques au cours duXIXe siècle, de Magendie à Bernard, de Schopenhauer à Nietzsche, mais surtout parce qu’ellerésume en elle l’état du discours physiologique qui vacillait alors entre le statut d’énoncé philosophique et spéculatif, et celui d’énoncé positif et démonstratif. Nous tenterons de nous pencher sur ces mots, et à partir de ceux-ci, d’essayer d’entrevoir le parcours d’élaboration dulangage physiologique par Bichat. Pour ce faire, nous adopterons trois angles, ou troisstructures de référence : la phrase elle-même, la première partie de l’ouvrage de Bichat, et la pensée médicale de l’époque.Or, Bichat a séparé cet ouvrage en deux parties respectivement intitulées « recherches physiologiques sur la vie » et « recherches physiologiques sur la mort ». Dans la première partie il expose ses conceptions générales sur le corps vivant, et dans la seconde, les résultatsde ses expériences cadavériques. Il est coutumier de classer ces deux parties comme étantrespectivement philosophique et expérimentale. En même temps, la partie dite philosophiqueest le plus souvent citée, et ainsi considérée comme synthétique à l’égard de l’ensemble destravaux expérimentaux de l’auteur. Pour comprendre le caractère synthétique de l’incipit des
 Recherches
, je me référerai à la première partie, afin, à la fois, d’en dégager les rapports desenjeux scientifique et philosophique en matière de définition de la vie, et de voir commentl’écriture les a réunis sur le même terrain de la réalité du vivant.
1
 
 Recherches physiologiques sur la vie et la mort (première partie) et autres textes
, présentation et notesd’André Pichot, GF-Flammarion, 1995, p.57.
 
 François Magendie, premier critique et un des premiers commentateurs de Bichat, se prononce ainsi en 1822 à propos de cette entrée en matière des
 Recherches
:
Bichat a eu tort d’y faire entrer l’idée de mort ; car cette idée suppose nécessairement celle devie. Il y a donc réellement un cercle vicieux dans cette définition ; en laissant de côté ce qu’ily a de défectueux dans l’expression, on voit que Bichat considère la vie comme un résultat,non comme une cause
2
.
Comme on voit, Magendie trouve dans la phrase de Bichat deux dimensionssuperposées et étanches, l’une expressive et l’autre philosophique, autrement dit forme etcontenu, mais qui sont toutes les deux « défectueuses » du point de vue de la logique. SelonMagendie, les défauts de l’expression et les erreurs de la pensée de fond se rejoignent sur leconstat logique que la vie ne peut pas se définir à partir de la mort. La critique de la formedéfinitionnelle par Magendie s’avère de nature à rapprocher les deux niveaux de compositiond’un discours. Malgré son intention à une critique logique, Magendie finit cependant par setrouver dans une critique de la forme :
On ne peut exiger d’une définition qu’elle donne toutes les propriétés de la chose qu’elle estdestinée à faire connaître, ce serait alors une description ; mais on a droit d’attendre qu’elleassigne à cette chose certains caractères qui ne conviennent qu’à elle seule, et la séparent ainside toutes les autres.
C’est alors que la distinction de forme et de fond se transpose ici sur le schéma d’unedistinction préétablie entre processus définitionnel et processus descriptif.
Examinons, d’après ce principe, la définition adoptée dans un ouvrage moderne :
la vie est 
,dit-on,
l’ensemble des phénomènes qui se succèdent, pendant un temps déterminé, dans unêtre organisé 
. Cet énoncé convient sans doute à la vie ; mais s’il peut aussi s’appliquer à unautre état, il cesse d’être une définition. Un animal vient de périr ; ses organes restent dès lorssoumis à la seule action des affinités chimiques ; une décomposition s’opère, des gaz sedégagent, des liquides s’écoulent, de nouveaux agrégats solides sont formés ; après un temps plus ou moins long tout ce mouvement moléculaire cesse. Il ne reste qu’un certain nombre decombinaisons binaires, ternaires, etc. Voilà bien un
ensemble de phénomènes se produisant  pendant un temps limité dans un corps organisé 
, et pourtant il n’y a pas là de vie.
 
2
 
 Ibid 
., 57-58.
 
 Remarquons que Magendie croit s’efforcer de trouver le chemin qui va du fond à laforme, et que ce qu’il fait, c’est tout à fait l’inverse. Parce que l’autre définition qu’il cite ici(celle de Richerand en l’occurrence) est plutôt un exemple de description que de définition,tandis que ce qui spécifie la forme définitionnelle, c’est qu’elle abstrait et transcende lesmodes d’être contingents de l’objet à définir. Que les « caractères », différents des« propriétés », servent à distinguer un objet des autres objets du même genre, signifie, dans lecadre d’une définition, que certains mots ont une valeur plus représentative que leurssynonymes. Ce dont il ne s’aperçoit pas, c’est que la démarche comparative, requise danstoute abstraction verbale, par laquelle les « caractères » se distinguent des « propriétés », nes’opère pas toujours à la surface des notions, mais surtout entre les mots.Or, Bichat dit clairement écarter les « considérations abstraites » pour saisir la vie,mais opter pour les généralités, mais pour Magendie, le seuil fondamental entre l’abstractionet la généralité, évident pour Bichat, n’est pas clair. Dans la conception que Magendie a desréalités d’un objet, les « propriétés » n’en sont nullement des généralités, mais des donnéesimmédiates de l’observation, de même que les « caractères » que l’on en abstrait exprimentsurtout l’interprétation condensée du réel émanant de cette observation ; et là, pour luil’abstraction en vient à équivaloir à la généralité. Le centre de l’observation n’est pour Magendie autre que le centre de la comparaison des phénomènes similaires qui permet uneabstraction comparative et déductive par le fonctionnement intrinsèque du langage. MaisBichat ne semble pas suivre ce chemin unilatéral d’une logique abstractive, parce quel’« aperçu général » ou la généralité a pour lui une autre dimension.Ainsi, Magendie, s’en tenant aux résultats de l’observation extérieure comme seulséléments du langage positif et scientifique, retombe toujours sur des alternatives descriptivesquant au choix d’une formule adéquate de définition de la vie. « On voit que Bichat considèrela vie comme un résultat, non comme une cause », dit Magendie. La question de positioncritique se découvre comme question de position du sujet énonciateur, puisque le problème decausalité est scindé ici au nom de la logique déductive. Mais sa critique se retourne vite contrelui-même, car Magendie, tout en voulant considérer séparément la logique du langage et lalogique de la pensée, se renferme dans un même formalisme du langage et de la pensée, quiadmet difficilement l’élément de l’inconnu dans sa structure. La raison pour laquelleMagendie ne peut concevoir la possibilité de généralisation non déductive.

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