L
a France compteaujourd’hui 1,5 million de déficientsvisuels. Plus de 500000 malvoyants et 60000 aveugles. A Nice,les associations ne sont pas en mesurede donner un chiffre précis. Le handicapisole et beaucoupde non-voyants re-fusent d’être cata-logués. Leur seul souhait : être socia-bilisés. Dans une vil-le comme Nice, quelsmoyens sont mis àleur disposition pour les aider à surmonter leur cécité? Avec desassociations actives,une municipalité àl’écoute et des infras-tructures adaptées,la cinquième ville deFrance multiplie lesefforts. Il y a dix ans,le mensuel « LouisBraille » affirmait qu’elle était la mieux équipée de France. Aujourd’hui, le cons-tat est plus modéré.Les bases sont po- sées, mais des pro- grès restent à faire.
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Les yeux sont le miroir de l’âme
». Le lieu com-mun fait figure de véritédans l’inconscient col-lectif. Mais de quel droitl’âme appartiendrait-elle à ceux qui voient ? A leur insu, les aveuglesont été stigmatisés etmis au banc de notre société. Les voyants etnon-voyants sem-blent se protéger pour s’éviter. Ilsredoutent le re- gard que nousportons sur eux.Paradoxalement,c’est nous qui neles voyons pas. La peur du handicap est unprétexte suffisant pour ne pas franchir le bou-clier de la canne et duchien. Ces deux sou-tiens sensés les ouvrir vers la société les ghet-toïsent trop souvent.
Accessibilité
Dès 1997, Nice s’af-fiche en précurseur etcommence à adapter ses infrastructures pour les non-voyants. La villemontre l’exemple eninstallant le premier feu sonore de France. Lamunicipalité poursuit ses efforts. Aujourd’hui,quatre cents passagespiétons sont équipésde bandes podotacti-les. Une cellule d’ac-cessibilité a été miseen place au sein de lamairie, sous le man-dat de Jacques Peyrat.L’élaboration de chaqueprojet prend désormaisen compte le handicap.Dernier exemple endate : le tramway. Boî-tiers sonores, annon-ces vocales et autrestechnologies facilitentl’accès à ce moyen detransport (p.6). Les po-litiques sont de plus en sensibles à l’intégrationdes handicapés. La ré-cente mission confiéeà Gilbert Montagné par Xavier Bertrand, minis-tre du Travail, des Rela-tions Sociales et de laSolidarité, sur « l’intégra-tion des personnes mal-voyantes et aveugles àla vie de la cité » con-firme cette tendance.
Accompagnement
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C’est notre rôle de les réinsérer dans une vie sociale
». Daniel San-tin, vice-président del’Association ValentinHaüy à Nice (AVH), ré- sume bien le leitmotiv des associations loca-les investies auprèsdes déficients visuels.L’AVH est la plus emblé-matique (p.9-10). Elleest sur tous les fronts: insertion profession-nelle, cours de Braille,activités sportives etculturelles… Elle se dis-tingue par sa volontéd’améliorer le quotidiendes non-voyants enmettant à leur dis-position un matérieladapté (thermomè-tre parlant, mon-tre Braille…) (p.8). A chacun sa mis- sion. Les associa-tions se spéciali- sent dans un domaineprécis. Celle des ChiensGuides d’Aveugles deProvence Côte d’Azur met à la disposition desdéficients visuels unchien dressé par leurs soins (p.10). Au-delàde l’affection qu’ap-porte ce compagnon, ilcontribue à leur offrir une part d’autonomie.Cette autonomie passepar une intégration pro-fessionnelle, commel’explique Antoine Beni-nati, employé de la CAF (Caisse d’allocations fa-miliales) et mal-voyants(p.18). L’associationHorus travaille dans ce sens auprès des étu-diants. Elle les accom-pagne et les orientevers un métier, en fonc-tion de leurs capacités.
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