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histoire de la prostitution

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histoire de la prostitution
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Fondation Scelles – janvier 2004Préparé par Carole Wahnoun
Brève histoire de la prostitution
Note de l’auteur :
L’ensemble de ce document a une dette considérable envers le travail effectué par Max Chaleil, dont l’ouvrage
Le Corps prostitué
:
Le sexe dévorant 
a constitué la principale référence de cette fiche. Malgré certaines comparaisons avec lasituation prostitutionnelle dans d’autres pays, ce bref historique s’attachera principalement à la France.
1. Les débuts : l'hospitalité sexuelle et la prostitution sacrée
Il n'est pas certain que la prostitution soit "le plus vieux métier du monde" ; durant la colonisation, lesEuropéens la feront admettre. Il existait toutefois, dans certaines sociétés primitives européennes, uneprostitution liée à la notion d'hospitalité : les différentes femmes de la maison sont offertes aux hôtes depassage. Cette coutume existait en Chaldée, en Inde, en Egypte et dans tout l'Orient. Parfois même,l'hospitalité sexuelle implique un aspect religieux que les prêtres de certaines divinités organisent etdont ils bénéficient. Les prostituées sacrées n'étaient pas toutes considérées de la même façon etcertaines spécialisaient leurs tâches en fonction de ce qui était décidé chez les grands prêtres.Pourtant la prostitution s'est bientôt réduite à un rituel sexuel prenant son vrai visage durant lesSaturnales et autres orgies à caractère religieux. Aussi, bien que le rite demeure, la prostitution devientun phénomène social et commence à se désacraliser.En plus de la prostitution sacrée, les grandes courtisanes existèrent en Orient, non seulement en Inde,mais aussi en Birmanie et en Corée et surtout au Japon. En Chine si, au départ, les prostituéesressemblaient aux
hétaïres
grecques, la prostitution s'y organise très vite commercialement. Chez lesHébreux et les Musulmans, elle fut toujours considérée avec répulsion et n'était pratiquée que par lesétrangères ou les esclaves.
2. Naissance de la société moderne, naissance de la prostitution
En même temps, l'évolution de la société, avec une religion de type magique devenant une religionspiritualiste, et la désacralisation de l'acte sexuel coïncident avec le passage de la prostitution sacrée àla prostitution profane. Devant l'importance des différentes formes de prostitution et réalisant les profitsqu'elle pouvait représenter, les souverains de l'ancienne Asie établirent une prostitution légale enouvrant des établissements d'Etat destinés à protéger l'ordre public et à fournir des ressources fiscales.
2.1 La Grèce
La République grecque développe une économie nationale qui entraîne un cloisonnement strict desrapports sociaux ainsi qu'une diminution de la liberté des femmes. Athènes invente une formed'échange de rapports sexuels contre certains avantages financiers ; le rôle de l'épouse devient réduità celui de l'enfantement et à l'éducation des enfants.La prostituée se présente sous une forme moderne avec la formation de l'Etat, l'apparition du mariageet de la famille, mais également avec la mise en place de la hiérarchie sociale. Si la prostitution sacréeet la prostitution profane coexistent en Grèce, la première disparaît très vite, parce qu'elle ne convenaitplus à la nouvelle société en train d'émerger. Dans cette société patriarcale où seuls les hommesétaient autorisés à se rendre dans les rues et sur les places, les prostituées jouaient un rôle de
soupape de sécurité
.La prostitution devenant envahissante, Solon la réglemente : à Athènes et au Pirée sont fondées desinstitutions d'Etat de basse classe, les
dictérions
, où les prostituées sont enfermées. Des fonctionnairesdes Contributions, les
 pornotropoi 
étaient chargés d'établir la taxe, de contrôler les prix et de surveiller 
© Fondation Scelles – 2004Ces fiches sont librement utilisables avec mention de copyright.1
 
Fondation Scelles – janvier 2004Préparé par Carole Wahnoun
ces établissements. A côté des prostituées classiques, les
Pallaques
, il existait également les
 Auletrides
chez qui, les dispositions érotiques s'articulaient à l'art de la flûte et de la danse ainsi que les
Hétaïres
, courtisanes aux prétentions plus élevées.
2.2. Rome
Contrairement à ce qui s'est passé en Grèce, la prostitution sacrée n'existe pas à Rome. Très tôt, lemariage est institué comme fondement de la société. Et malgré une première période d'austérité (de753 à 200 ans av. J.-C.), la débauche règne bientôt sur l'Empire. C'est pourquoi Marcus, en 180 avantJ.-C., prend la décision d'effectuer la première "mise en carte" des prostituées. Mais ce dispositif organise en réalité l'esclavage légal et définitif de la prostituée qui ne peut quitter son quartier réservé.La prostituée est porteuse d'une carte, la
licentia stupri 
et demeure jusqu'à sa mort indigne, infâme etcivilement morte. Ce système de mise en carte qui dure environ 600 ans, jusqu'au Ve siècle, doitréapparaître au XIXe siècle. Les femmes affranchies et les étrangères sont, elles, autorisées à seprostituer librement. Cependant, le relâchement des mœurs accroît tellement le nombre de prostituéesque les autorités interdisent à certaines citoyennes de se livrer à la prostitution.« Rome comptait alors trente-cinq mille filles "en carte" réparties dans quarante-six lupanars officiels, àquoi s'ajoutent l’immense armées des clandestines et tous les prostitués mâles. Chiffe énorme si l’onsait que la capitale de l'Empire ne comptait qu'un million d'habitants. »
1
Tentatives d'abolitionEn 476, la chute de l'Empire romain d'Occident entraîne la disparition temporaire de la prostitution.Dans l'Empire romain d'Orient, qui doit durer encore mille ans, trois Empereurs tentèrent d'abolir laprostitution. Théodose Ier au IVe siècle lutte aussi, et ce pour la première fois dans l'histoire, contre leproxénétisme. Au Ve siècle, Théodose II envoyait en exil et dans les mines, les pères et les maîtres quiprostituaient leurs filles et leurs esclaves. Au VIe siècle, Justinien met en place un système de luttecontre la prostitution en fermant les maisons closes et en réprimant le proxénétisme ; il est égalementinterdit, sous Justinien d'accueillir une prostituée chez soi ou de se louer à un tenancier. La compagnede Justinien, l'impératrice Théodora, tente de créer des maisons d'accueil et de réadaptation pour lesprostituées mais cette double expérience ne connaît pas de succès.
3. Le monde médiéval et ses paradoxes
Le Moyen Age passe de façon contradictoire de la période de la révolte à celle de l'écrasement ainsique de la rigueur au relâchement. Aussi, après l'avènement du christianisme, l'Eglise interdisant touterelation sexuelle hors mariage, la prostitution est déclarée illégale et la prostituée pourchassée commepécheresse. Les agglomérations naissantes laissent s’installer une prostitution dont la cause principalerestait la misère. La situation des prostituées est
 
gérée par une ordonnance publiée durant le règne deLouis VIII codifiant leurs tenues et dénombrant l'espace existant entre l'Eglise et la maison close.L'Eglise en même temps intervient souvent pour encourager les souverains à tolérer la prostitution.Mais Saint-Louis s'attaque aux proxénètes en fermant les maisons closes. Il est demandé auxprostituées de cesser leurs activités ; elles sont renvoyées chez elles ou confiées à une maison dereclassement, ainsi le couvent des Filles-Dieu. Cette expérience est un échec et, par ordonnance de1254, Saint-Louis doit autoriser la réouverture des maisons de débauche. En outre, l'Eglise s'oppose àce que Louis IX en 1258 expulse les filles publiques de toutes les villes du Royaume afin que ledésordre causé par les passions des hommes ne remplace pas la prostitution. Une contre-société sedéveloppe parallèlement à Paris et dans d'autres grandes villes de France, contre-société marginale oùse côtoient les filous, les voleurs, les tire-laine, les faux estropiés, les faux aveugles et autres
1
 
Max Chaleil,
Le Corps prostitué
:
Le sexe dévorant 
, Editions Galilée, Paris, 1981, p. 60.
© Fondation Scelles – 2004Ces fiches sont librement utilisables avec mention de copyright.2
 
Fondation Scelles – janvier 2004Préparé par Carole Wahnoun
personnes de basse moralité ainsi que les prostituées. La grande truanderie parisienne existe commecorps établi dès le XIe siècle et l’Etat doit s'en accommoder.On trouve également des
bourdeaux 
(maisons closes) loin du centre et des édifices religieux. Laprostitution s'institutionnalise et pendant trois siècles, l'organisation et la vie quotidienne des maisonspubliques resteront, à peu de choses près, ce qu'elles étaient dans la Rome antique. Cesétablissements sont alignés, dans les rues chaudes de l'époque, souvent nommées « Bonnes-rues ».Certaines autorités ecclésiastiques encaissent les bénéfices des maisons de tolérance, ainsi àFrancfort, Strasbourg, ou à Rome, voire participent à ce qu’il s'y passe.
4. La Renaissance, l’ère du corps
 Au XVIe siècle, étant donnée la libération des mœurs due à une redécouverte de l'Antiquité, le corpsest à nouveau reconsidéré, il existe par lui-même et n'est plus subordonné à l'âme. Si la Renaissanceest l'âge d'or des grandes courtisanes, cette période sera également celle des filles de rues ainsi queles lupanars. Sous François 1
er 
, Paris, qui compte alors 150 000 habitants, abrite environ 6000 fillespubliques. Comme dans les époques précédentes, les filles aboutissent à la prostitution à cause de lamisère, mais également des guerres, car le pillage des villes s’accompagne de viols et d'enlèvements.
5. XVIIe siècle, la débauche est contestée
Durant La Réforme et la Contre-Réforme on observe un retour à la morale, aussi bien chez lespartisans de la nouvelle religion que chez ceux de l'Eglise.
 
Les mœurs doivent s'assagir à cause del'apparition de la syphilis. En France, une Ordonnance de 1560 supprime les bourdeaux.La fermeture des bourdeaux n'entraîne cependant pas la disparition de la prostitution car n'ayant plusd'endroit aller, les filles publiques circulent partout. Aussi se voient-elles condamnées à laclandestinité. Elles envahissent alors la ville d'autant plus facilement qu'elles n'ont plus de vêtementdistinctif à porter et la licence publique augmente fortement.La situation de la prostitution change évidemment selon les souverains : Henri IV permet ainsi àcertaines maisons de rouvrir afin que la vertu des honnêtes femmes soit protégée et que lesinclinations de son prédécesseur Henri III ne soient pas suivies par les jeunes personnes. Louis XIII semontre également assez tolérant ; aussi, vers 1640, le recours à la prostitution est accepté et est envogue dans la
bonne société
.Louis XIV prend par contre des mesures très sévères contre la prostitution en faisant châtiephysiquement aussi bien les prostituées et les clients, que les syphilitiques. Les récidivistes seretrouvent enfermés dans la Maison de Force, création du roi pour y mener une vie d'austérité, detravail et d'obéissance. On remarque que cette attitude demeure jusqu'à la Révolution, sans que lacondition de la prostituée soit remise en question. Celle-ci est en effet toujours considérée commeresponsable de sa situation et les proxénètes ne sont que très rarement poursuivis.
6. Le XVIIIe siècle, la prostitution reprend un rôle important
6.1 Louis XV 
Sous la Régence et Louis XV, la prostitution refait de nouveau surface de manière explicite : "SelonDelaure, on compte alors 32 000 filles publiques ; ce chiffre ira en diminuant vers la fin du règne deLouis XV et un mémoire anonyme de 1762 n'en signalera plus que 25 000. Quelques années plus tard,Rétif parlera de 20 000 filles publiques et au moment de la Révolution, la police estimera à 15 000 lenombre de filles qui se prostituent, dont 10 000 dans la rue."
 2
 Cependant, dans un traité datant de1777,
Traité des injures dans l’ordre judiciaire
, F. Dareau affirme que si les femmes publiques sont
2
 
Max Chaleil,
Le Corps prostitué
:
Le sexe dévorant 
, Editions Galilée, Paris, 1981, p. 112.
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