Welcome to Scribd, the world's digital library. Read, publish, and share books and documents. See more
Download
Standard view
Full view
of .
Save to My Library
Look up keyword
Like this
1Activity
0 of .
Results for:
No results containing your search query
P. 1
CARTOGRAPHIES AUTOCHTONES. ÉLÉMENTS POUR UNE ANALYSE CRITIQUE

CARTOGRAPHIES AUTOCHTONES. ÉLÉMENTS POUR UNE ANALYSE CRITIQUE

Ratings: (0)|Views: 7 |Likes:
Irène Hirt
Irène Hirt

More info:

Published by: Shengyun Violet Wang on Dec 22, 2012
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

05/17/2014

pdf

text

original

 
 
CARTOGRAPHIES AUTOCHTONES. ÉLÉMENTS POUR UNEANALYSE CRITIQUE
 
Irène Hirt
 
Belin |
L'Espace géographique 
2009/2 - Vol. 38pages 171 à 186 ISSN 0046-2497
Article disponible en ligne à l'adresse:
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
http://www.cairn.info/revue-espace-geographique-2009-2-page-171.htm
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Pour citer cet article :
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Hirt Irène, «Cartographies autochtones. Éléments pour une analyse critique»,
L'Espace géographique 
, 2009/2 Vol. 38, p. 171-186.
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Distribution électronique Cairn.info pour Belin. © Belin. Tous droits réservés pour tous pays.La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites desconditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votreétablissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière quece soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur enFrance. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit.
   D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -   U  n   i  v  e  r  s   i   t   é   d  e   L   i   l   l  e   3  -  -   1   9   4 .   5   7 .   2   1   9 .   1   5   1  -   0   4   /   1   2   /   2   0   1   2   1   9   h   1   8 .   ©   B  e   l   i  n
DmeéégdswcrnnoUvsédLe315210121©Bn
 
RÉSUMÉ.—
Les cartographiesautochtones constituent un champ encorepeu exploré par la géographie francophone.Cet article propose un examen dela littérature anglophone sur le sujet,en rendant compte de ses principaux débatsthéoriques. Ceux-ci sont relatifs à l’usagede la cartographie occidentalepar les peuples autochtones,en le considérant tantôt commeun instrument d’«
empowerment 
», tantôtcomme un outil d’assimilation culturelle.Ces aspects sont examinés à la lumièred’une expérience de cartographie réaliséepar les Mapuches au Chili.
CARTOGRAPHIE AUTOCHTONE,DÉCOLONISATION, MAPUCHE,TERRITOIRE
ABSTRACT.—
Indigenous Mapping.Elements for a critical analysis.—Studies of indigenous mapping representan under-developed academic field inFrench-language geography. This articlereviews recent developments on the subjectin English-language literature. It gives alsoan account of the main theoretical debates,which consider the use of Western mapping by indigenous peoples either asan instrument of empowerment anddecolonisation or as a source of culturalassimilation. These aspects are examinedin the light of an experiment in indigenousmapping performed by the Mapuche peoplein Chile.
DECOLONISATION, INDIGENOUSMAPPING, TERRITORY, MAPUCHE
Introduction
Pendant des siècles, les peu-ples autochtones ont été les victimesde la conquête et de la colonisation.Or depuis quelques décennies, ilsont engagé «une sorte de conquêteà l’envers
1
» afin de récupérer leursterres et revendiquer des formesd’autonomie politique et territo-riale. Aussi se sont-ils approprié lesoutils du colonisateur pour lesmettre au service de leur pro-gramme politique: dans cecontexte, la cartographie estdevenue un langage de contestationpolitique et un moyen de résister àl’ordre territorial imposé par lesÉtats-nations et aux forces déstruc-turantes de la mondialisationéconomique et culturelle.
EG2009-2
p. 171-186
IrèneHirt
Université de GenèveDépartement de géographieirene.hirt@unige.ch
Cartographies autochtones.Éléments pour une analysecritique
@EG2009-2171
Cartes et luttes
1. La traduction des citations en langue étrangère relève de la responsabilité de l’auteure. «
Una suerte de conquista al revé 
s» estune expression de l’anthropologue et historien chilien José Bengoa (2000, p.11).
   D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -   U  n   i  v  e  r  s   i   t   é   d  e   L   i   l   l  e   3  -  -   1   9   4 .   5   7 .   2   1   9 .   1   5   1  -   0   4   /   1   2   /   2   0   1   2   1   9   h   1   8 .   ©   B  e   l   i  n
DmeéégdswcrnnoUvsédLe315210121©Bn
 
Cet article propose une analyse critique des usages sociaux et politiques de lacartographie par les peuples autochtones, un sujet encore peu exploré dans la géographiefrancophone. En insistant sur le cas de l’Amérique latine, il inscrit d’abord ces pratiquesdans une perspective historique, pour ensuite restituer les principaux débats portant surle sujet dans la littérature académique. Ces derniers ont trait aux impacts de la carto-graphie «occidentale»
2
moderne et des systèmes d’information géographique (SIG)sur les sociétés autochtones, analysés tantôt comme instrument d’«
empowerment 
»
3
etde décolonisation, tantôt comme outil d’assimilation culturelle. Enfin, ces éléments dediscussion sont mis en perspective par une expérience concrète de cartographieautochtone, réalisée par les Mapuches du Chili.
Les cartographies autochtones
Les «cartographies autochtones» – dites aussi «ethnocartographies» – renvoientaux cartographies produites par et pour les peuples autochtones, aussi bien celles quimobilisent des techniques, des savoirs, des formes de représentation et des usagespropres que celles recourant aux traditions cartographiques occidentales ditesmodernes. Bien que variant en fonction des contextes géographiques, culturels etpolitiques, elles se caractérisent par des dénominateurs communs.Quant au terme de «peuple autochtone» (ou «indigène» selon les auteurs), sadéfinition a été donnée par les Nations unies. Ces dernières considèrent que sontautochtones les communautés, populations ou nations non dominantes d’un paysdont la présence historique est antérieure sur un territoire déterminé (Ecosoc, 1986,paragraphe379): Indiens des Amériques, Maoris de Nouvelle-Zélande, Aborigènesd’Australie, Inuits du Groenland et de la Sibérie, Saamis de Scandinavie, Kanaks deNouvelle-Calédonie et Ainus du Japon. Selon une démarche sujette à controverse, lequalificatif «autochtone» s’applique également aux peuples dits tribaux reconnus parl’Organisation internationale du travail (Adivasis de l’Inde, Penangs de Malaisie,Aetas des Philippines, Sans de Namibie, etc.), autant de groupes se caractérisant parleur mode de vie et de subsistance (chasse, cueillette, agriculture sur brûlis) (Schulte-Tenckhoff, Horner, 1995, p.23-24). Il est admis que les peuples autochtones sedistinguent des autres minorités culturelles ou politiques par leur relation privilégiéeà la terre et au territoire.
D’hier…
Bien que nous ignorions presque tout des cartographies autochtones du passé, onsait qu’elles existent depuis des millénaires (Fox, 1998, p.1; Rundstrom, 1991, p.2).Par exemple, les Inuits, certaines sociétés micronésiennes du Pacifique ou encore lessociétés autochtones nord ou méso-américaines produisaient leur propre cartographie(Aberley, 1993; Lewis, Woodward, 1998; Mundy, 1996; Musset, 1988; Rice-Collins,2004; Rundstrom, 1991). Au Mexique et en Amérique centrale précolombienne, unberceau cartographique florissant a existé. Ces cartes se distinguaient des documentseuropéens par leur support physique, leurs conventions pictographiques ou encore leurcompréhension et leur représentation de l’espace (Harley, 1992, p.524-525; Mundy,1996, p.
XVI
; Musset, 1988). Au
XVI
e
siècle, dans la même région, les cartes ont faitpartie de l’appareil intellectuel avec lequel les aristocraties autochtones ont tenté derésister à l’ordre colonial (Musset, 1988, p.23). Elles se sont même approprié les usages
2. Les catégories«autochtone»
versus 
«occidentale» sontutilisées par commoditéde langage, tout en ayantconscience que de telsdécoupages sontproblématiques.3. Le conceptd’«
empowerment 
» n’apas d’équivalenten français.Il renvoie à un processusd’émancipation,de renforcement dela capacité d’actionet de prise en charge d’ungroupe par lui-même.
© L’Espace géographique
172
   D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -   U  n   i  v  e  r  s   i   t   é   d  e   L   i   l   l  e   3  -  -   1   9   4 .   5   7 .   2   1   9 .   1   5   1  -   0   4   /   1   2   /   2   0   1   2   1   9   h   1   8 .   ©   B  e   l   i  n
DmeéégdswcrnnoUvsédLe315210121©Bn

You're Reading a Free Preview

Download
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->