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Soufisme

Soufisme

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12/11/2013

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 Le dévoilement des effets du voyage
Ibn Arabîtitre original
 Kitâb al-isfâr ’an natâ’ij al-asfâr 
 
 Avant-propos
 par Denis Gril Quand Michel Valensi me proposa, voici maintenant quelques années, de préparer pour leséditions de l’éclat une édition bilingue d’un traité d’Ibn ’Arabî, le
Kitâb al-isfâr ’an natâ’ij al-asfâr:
«le Livre du dévoilement des effets des voyages», nous ne pouvions nous douter ni l’unni l’autre que nous partions pour un long voyage. Je refusai tout d’abord, pris par d’autrestravaux et d’autres projets. Mais mon futur éditeur insista et je finis par accepter enm’accordant quelque délai. Je craignais en effet que ce travail ne me détourne de l’objet  principal de mes recherches, l’étude du Coran et de son interprétation chez Ibn ’Arabî. Je nem’étais pas rendu compte de prime abord que ce texte se situait au coeur de mon sujet. Car ce livre qui nous invite à suivre les voyages décrits par la Révélation et la tradition prophétique et à bénéficier de leurs effets
(natâ’ij)
se double d’un traité d’herméneutique. L’interprétation constitue elle-même un voyage dont le Cheikh inculque progressivement les principes à son lecteur, tout en le mettant en garde contre ses dangers. Je ne puis donc queremercier M. Valensi d’avoir eu l’idée de ce livre, de l’avoir attendu avec tant de persévérance et d’avoir eu le courage de le concevoir sous la forme d’une édition bilingue. Elle rendra, je l’espère, service à ceux qui tout en sachant ou apprenant l’arabe, ne sont pas suffisamment familiarisés avec le style concis et allusif du Shaykh al-Akbar. Les lecteurs d’Ibn ’Arabî connaissent déjà ce texte puisqu’il fait partie des
Rasâ’il
 publiées à Haydarâbâd en 1948. Il méritait tout de même une édition critique, effectuée ici d’après sixmanuscrits dont on trouvera la description à la fin de cette introduction. Les titres deschapitres, en petites capitales, appartiennent au texte original. On y a ajouté une division en paragraphes indiqués dans la marge pour faciliter le passage de l’arabe au français et inversement. L’introduction renvoie à ces paragraphes ainsi que l’index des versets duCoran.[n.d.e.] Nous tenons à remercier tout particulièrement Monsieur Osman Yahya qui, il y a près de dixannées, nous confia une copie du manuscrit de la British Library de ce traité d’Ibn ’Arabî. Nos remerciements vont aussi à Joseph Gril qui, sans compter son temps, a rendu possiblecette édition bilingue.
 
INTRODUCTIONSavamment construit comme tous les ouvrages du Shaykh al-Akbar, ce traité se présenteselon une ordonnance assez apparente. Cependant son architecture intérieure ne se laisseappréhender que si l’on tient compte des jalons posés ici et là, de voyage en voyage. Aussi,cette introduction se propose-t-elle d’indiquer quelques repères, sans pour autant prétendrerelever tout ce que ce livre contient d’allusions et de développements possibles.DU VOYAGESelon Ibn ’Arabî, le propre du voyage (
 safar 
, pl.
asfâr 
) est d’aboutir à un résultat ou un effet(
natîja
, pl.
natâ’ij
). On aurait pu aussi traduire
natâ’ij
par «fruits», d’une part pour souligner le caractère positif du résultat, d’autre part parce que ce terme évoque, par sa racine, l’idée de parturition. Le voyage doit donc porter ses fruits spirituels, indiqués à la fin de chaquechapitre. Cette nécessité se trouve inscrite dans la racine du mot
 safar 
qui comporte égalementle sens de dévoilement (
isfâr 
), ce qui permet au titre de jouer à la fois sur le sens etl’assonance. Un adage cité aussi bien dans le
 K. al-isfâr 
(§ 17) que dans les
 Futuhât 
l’explicite: «Le voyage est appelé ainsi parce qu’il dévoile (
 yusfiru
) les caractères deshommes» 2. Quand il s’agit d’une femme, le dévoilement (
 sufûr 
) se double, par ce qu’ilcomporte d’inhabituel, de l’idée d’un danger dont il faut se garder et annonce la relationambivalente de l’occultation et de la mise à jour (§ 17) 3. Pour toutes ces raisons le voyage sedistingue du simple cheminement initiatique (
 sulûk 
): «Tout voyageur est cheminant (
 sâlik 
),mais tout cheminant n’est pas voyageur» 4. Un passage du Coran, annoncé dans l’envoi de celivre mais non commenté par la suite, assimile très clairement le voyage à la quête et à larecherche de son «fruit» qui est la science. Il associe par ailleurs le voyage à la fatigue et doncà l’épreuve, ce que l’on retrouve dans d’autres passages5. Par contre, dans le chapitre des
 Futûhât 
sur «la station du voyage», il se trouve assimilé à la pérégrination (
 siyâha
). Celle-cien constitue l’un des fondements coraniques puisque pérégrins et pérégrines sont mentionnésdans le Coran 6. La définition de la
 siyâha
: «Parcourir la terre pour pratiquer la méditation(
i’tibâr 
) et se rapprocher de Dieu» souligne l’un des principaux objectifs du voyage. Laméditation sur les signes manifestes de la puissance divine et les merveilles de la créationconduit les voyageurs, par transposition, vers la signification intérieure de ces signes 7. Leur vision n’est-elle pas le but du modèle suprême pour l’humanité, le Voyage nocturne duProphète: «Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur depuis la Mosquée sacrée jusqu’à la Mosquée la plus éloignée pour lui faire voir certains de nos signes» (Coran 17: 1)?Le
 K. al-isfâr 
repose sur l’affirmation selon laquelle tous les êtres, jusqu’à la divinité elle-même, au moins sous certains de ses aspects, participent d’un voyage universel sans fin nidans ce monde ni dans l’autre et à tous les degrés de l’Être. Les
 Futûhât 
font écho: «Tu es à jamais voyageur, de même que tu ne peux t’établir nulle part» 8. Il faut toutefois nuancer ce point de vue par celui du chapitre 175 «sur la station de l’abandon du voyage». Pourquoi partir à Sa recherche, alors qu’Il est omniprésent? La perfection consiste non pas à cherchemais à être recherché, et le repos (
 sukûn
) est soumission à la volonté divine. Mais, comme lemontre Ibn ’Arabî dans ce même chapitre, le voyage et son abandon procèdent tous deux d’unaspect divin, l’un représenté par la descente de Dieu vers le ciel de ce monde; l’autre, par l’établissement sur le Trône. Ces deux aspects, le mouvement et le repos, se retrouvent dans levoyage du Prophète qui s’élève, transporté, ne se mouvant donc pas de son propre chef.C’est encore à propos de ce voyage que le Cheikh cite dans les
 Futûhât 
le
 K. al-isfâr 
, après enavoir rappelé brièvement le contenu 9. Cette citation permet sans doute d’affirmer que cetraité a été composé durant la première période de la vie de l’auteur, avant son départ pour 

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