Avoir la tête sur les épaules
Problématique et évolution du casque militaire japonaisTraiter un sujet aussi large que le casque sur 1000 ans est assez audacieux. Si cette étude tend vers unecertaine exhaustivité. Il faut noter qu’il n’existe aucun document en français reprenant de façonglobale l’évolution du casque militaire japonais (
Kabuto
). Il n’existe pas non plus réellement dedocument en Anglais ou en langue européenne traitant spécifiquement du sujet. Les rares sources précises sont exclusivement en japonais. Les quelques pages que l’on trouve sur le net en langue non japonaise résument en quelques lignes, de façon souvent fausse d’ailleurs, ces 1000 ans. Les auteursdes pages se copiant les uns les autres, on retrouve mot à mot ces mêmes fausses informations sur untrès grand nombre de sites. L’ensemble mêle des approximations, des mythes et beaucoupd’incompréhension.Constatant cette ignorance, j’ai travaillé sur plusieurs sources, avec des spécialistes et des antiquaires,sur des textes, revues d’expositions et sur des pièces historiques afin de réaliser cette étude.Je ne traite que du casque « courant ». Il existe en effet parfois des dérivés non représentatifs et surtouttrop nombreux pour être étudiés ici. Je n’ai pas orienté cette étude sur les différences de stylesrégionaux ou d’écoles, ce qui l’aurait beaucoup rallongé et aurait sans doute dépassé le cadre de lasimple compréhension générale.Les photos visent à illustrer le propos. Si j’évite de trop les décaler dans la période présentée, il n’est pas toujours possible de trouver un exemple pour chaque élément de chaque période. Il y a deuxraisons à cela : beaucoup de casques sont aujourd’hui des hybrides, certaines pièces postérieures pouvant être rajoutées ou retouchées à une pièce existante, ensuite parce que tout au long de cetteétude, il apparaît que les styles modernes ne remplacent pas les styles plus anciens mais se rajoutent.Il ne faut donc pas voir un casque en photo comme étant obligatoirement monté à la période présentée.Enfin, je ne montre que des casques réels, des antiquités. J’ai évité les pièces refaites par descommerçants contemporains qui intègrent presque toujours beaucoup d’erreurs.L’étude des casques japonais a été découpée selon les grandes périodes de l’histoire de ce pays. Ellescorrespondent chacune à des noms de ville où le pouvoir central de l’époque était installé. C’est ce quiexplique que les durées soient très différentes d’une période à l’autre. Nous pouvons donc conserver cette logique en disant que la France a vécu depuis 2000 ans à l’ère Rome, l’ère Lutèce- Paris, l’èreVersailles puis à nouveau à l’ère Paris. Peut-être que les historiens futurs jugeront que nous sommesrentrés à l’ère Bruxelles…
1)Les Kabutos Nara (710 – 794)
Le kabuto type de cette période reprend les formes que l’on retrouve en Chine, en Corée et plusdirectement en Mongolie. Il est en fer, mais pour éviter la rouille, il est recouvert d’une couche decuivre doré.La difficulté à cette époque pour faire des pièces complexes de taille suffisantes oblige les artisans àcombiner des morceaux de petite taille rivetés entre eux. Ces morceaux peuvent avoir des formestriangulaires ou rectangulaires. Ainsi combinées, elles forment le « bol » (
Hachi
) qui protège le crânedu guerrier. On adjoint à ce casque des lames longues et plates
( Shikoro
) qui vont se recouvrir pour défendre la nuque et le cou. Des trous indiquent que les lamelles du cou pouvaient déjà être reliéesentre elles par des cordages en cuir. Le visage n’est pas défendu.Deux formes de casques ont été retrouvées à cette période : les casques plus anciens (
Shoukakutsuki
)qui sont restés en vigueur pendant plusieurs siècles auprès des fantassins. Une bande verticale setrouvait sur le front du casque afin de renforcer cette zone.
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