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l’anonymat et son compagnon Sadek Den-den, directeur du journal « El Ikdam »,mort dans le dénouement et le besoin ? quise souvient encore d’Ali El Hammami(1902-1949), figure de prou du nationalis-me algérien, mort dans un crash d’avion auPakistan où il était parti défendre la causede son pays et de celle du Maghreb arabe,à l’occasion d’un congrès de pays musul-mans à Karashi ? Combien d’Algériens ontentendu parler de Mohand Tazerout (1898-1973), grand germanophobe, traducteur d’Oswald Spengler (Le Déclin de l’Occi-dent) et auteur de plusieurs ouvrages dehaute facture sur la culture et la civilisa-tion, mort seul à l’âge de 75 ans dans unpiteux hôtel de Tanger ? Et quid du Dr Azzouz Khaldi mort en 1972 ? Pour neciter que ces quelques noms cités de mé-moire.Pourtant tout semblait prédisposer Hamou-da Bensai, pour y revenir, à la réussite et àun bel avenir. Dans les années trente àParis, il avait compté parmi ses connais-sances ou s’était lié d’amitié avec des no-toriétés intellectuelles comme André Gide,prix Nobel de littérature, Louis Massignon,le grand orientaliste, des personnalitésreligieuses comme Abdelhamid Ben Badiset Bachir Ibrahimi, les deux chefs du cou-rant réformiste en Algérie, ou de futurshommes politiques comme Ferhat Abbes,premier président du Gouvernement Provi-soire de la République Algérienne, SalahBen Yousse, le
grand militant tunisien,Hadj Nouira, l’ancien premier ministrede Tunisie ou Ahmed Belafredj, minis-tres des affaires étrangères du Maroc,du temps de feu le roi Mohamed V.
Pour une triste et tourmentée histoire, pour toute l’injustice qu’il a subie de son vivant,Mohamed Hamouda Bensai mérite cetteévocation posthume.Ancien élève de la medersa de Constantine,Hamouda Bensai s’est distingué tôt par uneactivité intellectuelle qui ne passait pasinaperçue dans ce premier fief de l’islahalgérien. A Paris, où il s’est inscrit à la Sor-bonne pour des études de sociologie, le jeune homme s’est révélé d’une grandeculture qu’un parfait bilinguisme renforçait.Ses idées originales sur l’islam et les pro-blèmes de la Nahda , ses considérations sur le passé et le présent des musulmans ainsique sur le renouveau du monde musulmanne laissaient pas indifférent.Durant cette phase parisienne, au cours desannées trente, Bensai était l’esprit d’une «bande à quatre » qui s’est manifestementdétachée des autres étudiants arabes et ma-grébins, en formation dans les universités etgrandes écoles françaises. Ces jeunes étu-diants algériens, dont un certain MalekBennabi, professaient dans l’insouciance etla quiétude des idées qui, conjuguées àleurs activités militantes et nationaliste,étaient perçues comme une menace quiplane sur l’ordre établi. En France, lecontexte de l’entre-deux-guerres était mar-qué par un renforcement de la surveillancedes milieux émigrés. Sous la conduite desprécurseurs du combat nationaliste commel’émir Khaled et Messali Hadj, les idéesrévolutionnaires, voire les revendicationscarrément indépendantistes, commençaientà gagner les milieux de le communautéalgérienne.Soumis à la surveillance d’une police spé-ciale, les étudiants originaires de Maghrebévoluaient dispersés même si certains ten-taient de s’organiser dans des cadres estu-diantins, d’autres militaient au sein de par-tis politiques. Une autre catégorie, plusvulnérable, était approchée à travers toutesorte de tentatives d’enrôlement.
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