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Chrhc 792 99 Colonisation Et Decolonisation Dans Les Manuels Scolaires de College en France

Chrhc 792 99 Colonisation Et Decolonisation Dans Les Manuels Scolaires de College en France

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Cahiers d'histoire. Revued'histoire critique
99 (2006)Relectures d'histoires coloniales
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Raphaël Granvaud
Colonisation et décolonisation dans lesmanuels scolaires de collège en France
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Avertissement
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Référence électroniqueRaphaël Granvaud, « Colonisation et décolonisation dans les manuels scolaires de collège en France »,
Cahiersd'histoire. Revue d'histoire critique
[En ligne], 99 | 2006, mis en ligne le 01 avril 2009, consulté le 12 décembre2012. URL : http://chrhc.revues.org/792Éditeur : Association Paul Langevinhttp://chrhc.revues.orghttp://www.revues.orgDocument accessible en ligne sur :http://chrhc.revues.org/792Document généré automatiquement le 12 décembre 2012. La pagination ne correspond pas à la pagination de l'éditionpapier.© Tous droits réservés
 
Colonisation et décolonisation dans les manuels scolaires de collège en France2
Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, 99 | 2006
Raphaël Granvaud
Colonisation et décolonisation dans lesmanuels scolaires de collège en France
Pagination de l’édition papier : p. 73-81
1
Le 23 février 2005, les députés adoptaient une loi dont l’article 4 stipule : « Les programmesscolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer,notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants del’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit. ». L’occasionde faire le point sur l’existant : la petite étude qui suit a été réalisée pour l’association Survie.
2
Une douzaine de manuels de collèges ont été épluchés. Ils font partie des plus utilisés et sontconformes à la dernière version des programmes, donc postérieurs à 1998 pour le niveau 4eetà 1999 pour le niveau 3e. Il s’agissait très simplement de confronter le contenu de ces manuelsavec quelques travaux facilement accessibles, comme les contributions rassemblées dans
 Le Livre Noir du colonialisme
1
, les ouvrages publiés par l’association Survie, notamment leslivres de François-Xavier Verschave
2
, ou encore ceux du CADTM
3
.
Colonisation : une réalité « euphémisée »
3
Tous les manuels commencent par l’étude des causes : parmi celles évoquées, la « missioncivilisatrice » est présentée la plupart du tempscomme une volonté philanthropique bienréelle et non comme un discours de justification. De la même manière, les explorations sontmises uniquement sur le compte d’initiatives individuelles ou de la curiosité scientifiquede l’époque. Plusieurs manuels incluent parmi les causes de la colonisation la questiondu peuplement, présentant l’émigration comme volontaire ou comme signe positif d’undynamisme démographique, alors qu’il s’agissait surtout de déporter les indésirables, ainsique le rappelle Marc Ferro.
4
A l’étude des causes succède celle des formes de la colonisation. La plupart des manuelsse contentent de lister les différents systèmes d’administration (assimilation, administrationdirecte ou indirecte). Un seul
4
signale qu’ils répondaient à une même logique et queconcrètement les choix adoptés furent finalement très proches.
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Plusieurs autres points sont généralement traités dans cette rubrique : le pillage des ressourcesest mentionné par tous les manuels, mais sous des appellations diverses. On parle tantôtd’« exploitation » des richesses et tantôt de « mise en valeur », là où Marc Ferro parle depays « saignés à blanc ». Les termes de « pillage », de « vol » ou des équivalents ne sont jamais utilisés. Aucun manuel ne mentionne les monopoles imposés par les métropoles, etune minorité seulement parle de la confiscation des terres et de ses effets, certains préférantmettre l’accent sur « le développement des cultures ». Tous les manuels indiquent que lesmétropoles imposent leurs produits manufacturés, ce qui est parfois présenté sous la formed’un échange. Un seul manuel4explique que cela « ruine l’artisanat local et empêche lanaissance d’une industrie ». Le travail forcé est la plupart du temps mentionné, mais là ausside manière très inégale et le plus souvent euphémisée. Le seul manuel
5
qui mentionne « lesdéplacements massifs de population » et se risque à chiffrer les victimes les compte « parfoispar milliers ». Constatation surprenante : aucune des synthèses n’évoque ce phénomène enrelation avec l’esclavage. Enfin, les répercussions démographiques de la première phase deconquête et d’exploitation ne sont abordées par aucun manuel. Il s’agit pourtant d’un indicateurspectaculaire du choc colonial pour les populations colonisées puisque avec les épidémies etles famines, certaines régions voient leur population diminuer de moitié, d’autres du tiers.
 
Colonisation et décolonisation dans les manuels scolaires de collège en France3
Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, 99 | 2006
Une réalité niée
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Le racisme qui structure la vision coloniale est le plus souvent estompé et euphémisé. Un seulmanuel
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consacre un paragraphe spécifique à cette question et tente de montrer qu’il résulted’une construction sociale nourrie de mises en scène et de nombreux discours institutionnels.
7
Le terme d’atrocité ne figure que dans deux manuels
7
. Une caricature d’époque évoquela question des amputations, mais sans précision sur l’ampleur du phénomène. Arrestationsarbitraires, crimes, prises d’otages et pratiques quotidiennes de la torture et de l’esclavagesexuel, y compris des enfants, ne sont jamais mentionnés. Aucune photographie n’illustrevraiment la réalité de la violence coloniale et aucun des manuels ne se risque à avancer deschiffres susceptibles de nourrir une vision d’ensemble. Les formulations de synthèse pourun bilan de la violence coloniale sont peu nombreuses et très fortement euphémisées. Parexemple : « l’impérialisme est parfois critiqué et mécontente les populations » ou encore lesconquêtes sont « souvent violentes ». La formulation la plus dure définit la colonisation commeun « système d’exploitation que les populations dominées ont durement subie dans leur viequotidienne »
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. Un seul manuel utilise le terme de « répression » et en propose une illustrationphotographique
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. Si tous les manuels présentent un ou plusieurs documents dénonçant lacolonisation
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, c’est également le seul à donner la parole à des auteurs africains.
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Au nombre des oublis, on pourrait également rapidement mentionner les stratégies colonialesde division, de réinvention des traditions, de création de l’ethnisme et d’introduction desoppositions raciales au sein des populations, les formes spécifiques d’oppression des femmesainsi que la question importante des résistances à la colonisation, minimisées et laissées dansle flou. Les procédés colonialistes ayant été qualifiés, en 2001, par la Conférence de Durban,de « crimes contre l’humanité », on pourra s’étonner enfin que ce terme ne figure pas aumoins dans les manuels parus après cette date, pas plus que les termes de « massacre », de« système totalitaire », ou de « génocides », certains, comme celui des Héréros, ayant pourtantété reconnus au plan international.
Un bilan « globalement positif » ?
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En revanche, tous les manuels sauf un
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mettent en balance les aspects « positifs » et lesaspects « négatifs » de l’entreprise coloniale, posant de manière tantôt explicite, tantôtimplicite la question du bilan de la colonisation. Ils entonnent, avec plus ou moins denuances, et documents iconographiques à l’appui, le refrain de la « mission civilisatrice »,généralement déclinée en trois sous-thèmes : les progrès sanitaires et médicaux, l’éducation,les constructions d’infrastructures, dont le bilan positif viendrait contrebalancer les aspectscritiqués. Ainsi le Hachette 1998 explique : « La colonisation est souvent violente, mais elleapporte aussi aux colonies le progrès médical, l’instruction, les routes, les voies ferrées. »
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Il convient donc de rappeler que les constructions d’infrastructures, si elles étaient bienfinancées et réalisées par les populations locales, ne leur étaient pas précisément destinées…En outre, la théorie de la mise en valeur d’une « terre vierge » de tout système d’exploitation,de production, d’instruction ou de tout système institutionnel, éducatif ou sanitaire relève dela contre-vérité historique et la période de conquête coloniale présenta souvent une terriblerégression sur chacun de ces plans. Il faut rappeler aussi que le système éducatif colonial n’a jamais scolarisé qu’une part infime de la population. Pour le reste, précarité, clientélisme,indigence matérielle et pédagogique ont toujours caractérisé, quand il existe, le systèmeéducatif colonial, qui n’avait pas pour fonction l’élévation de l’instruction, jugée dangereuse,mais la transmission de valeurs de respect et d’obéissance à l’homme blanc.
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Le thème des progrès sanitaires et médicaux est également présent dans presque tous lesmanuels, comme pendant de la conquête, voire la précédant. Cette présentation ne tient aucuncompte de la chronologie, puisque les premières mesures sanitaires qui dépassent (à peine)le stade du symbolique, sont observées des décennies après la phase de conquête qui futdévastatrice. Les campagnes médicales furent très limitées, très tardives, très inégalitaireset très violentes, surtout à l’égard des femmes. Enfin, lorsque après la Première puis laSeconde Guerre mondiale, les investissements sanitaires sont plus importants, il s’agit avant

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