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Chrhc 1825 108 Regard Sur l Historiographie Marxiste Italienne Etude de l Ouvrage de Paolo Favilli Sur Marxisme Et Histoire

Chrhc 1825 108 Regard Sur l Historiographie Marxiste Italienne Etude de l Ouvrage de Paolo Favilli Sur Marxisme Et Histoire

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Cahiers d'histoire. Revued'histoire critique
108 (2009)Le "modèle américain"
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Marco Di Maggio
Regard sur l’historiographie marxisteitalienne : étude de l’ouvrage de PaoloFavilli sur marxisme et histoire
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Référence électroniqueMarco Di Maggio, « Regard sur l’historiographie marxiste italienne : étude de l’ouvrage de Paolo Favilli surmarxisme et histoire »,
Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique
[En ligne], 108 | 2009, mis en ligne le 01 avril2012, consulté le 23 novembre 2012. URL : http://chrhc.revues.org/1825Éditeur : Association Paul Langevinhttp://chrhc.revues.orghttp://www.revues.orgDocument accessible en ligne sur :http://chrhc.revues.org/1825Document généré automatiquement le 23 novembre 2012. La pagination ne correspond pas à la pagination de l'éditionpapier.© Tous droits réservés
 
Regard sur l’historiographie marxiste italienne : étude de l’ouvrage de Paolo Favilli sur (...)2
Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, 108 | 2009
Marco Di Maggio
Regard sur l’historiographie marxisteitalienne : étude de l’ouvrage de PaoloFavilli sur marxisme et histoire
Pagination de l’édition papier : p. 173-182Traduction de Élise Mellot
1
L’essai de Paolo Favilli,
 Marxismo e Storia. Saggio sull’innovazione storiografica in Italia
,sorti en Italie aux éditions F. Angeli en 2006, s’inscrit à contre-courant des publications quiont décrété la mort du marxisme ces dernières années. Cet ouvrage s’insère dans un courantqui tente de reconstruire l’histoire du marxisme italien et enquête sur les caractéristiques dece qui a constitué son « hégémonie ». Ce courant d’étude porte également sur les causes quiont entraîné la crise du marxisme en Italie.
2
Favilli s’intéresse à l’ascension et à la crise de la culture historique marxiste en Italie àpartir de l’étude de l’historiographie marxiste italienne du deuxième après-guerre, c’est-à-dire à la période allant jusqu’aux années 1960. Il parle « depuis le présent », puisqu’iltraite de la disparition progressive des références au marxisme aussi bien dans le paysagehistoriographique italien que dans les représentations de l’opinion publique et du senscommun.
3
Le premier élément important de son analyse est que la référence au marxisme, hégémoniquedans la culture historique italienne jusqu’à la fin des années soixante-dix, était plus unoutil méthodologique qu’une approche idéologique. C’est après avoir construit une « carteconceptuelle » que Favilli avance cette théorie. Pour élaborer ce schéma, il a procédé à untravail de repérage, d’analyse et de valorisation des parcours individuels qui composent lepaysage historiographique du marxisme italien. Cette analyse prend en compte aussi bien lesinnovations méthodologiques que les conclusions des travaux des chercheurs. Cette recherchea amené Favilli à se pencher sur une grande partie des problèmes thématiques et théoriquesqui ont agité l’après-guerre et il accorde une attention particulière aux questions relatives àl’histoire
structurelle
.
4
L’introduction de l’ouvrage sert de cadre général et de point de départ aux recherches deFavilli. Comme nous l’avons déjà dit, la recherche de Favilli trouve ses racines dans leprésent. Il s’agit de penser la crise du marxisme en adoptant une « méthodologie objectivante »dans le contexte historique actuel et d’analyser les grandes idées qui soutiennent le discourshistoriographique. Celui-ci a en effet traversé une période de « recherche et d’interrogationssur la recherche », puis s’est plutôt distingué par « une histoire à caractère politique sur fond de jugement rétrospectif » (p. 9). Dans ce cadre, les historiens – surtout les contemporanéistes – etl’histoire se trouvent impliqués dans une relation à la société où, « pour fuir l’autoréférenceà l’histoire professionnelle, on court le risque d’accepter l’autoréférencialité des médias qui,depuis un moment déjà, ont renoncé à la
médiation
entre culture intellectuelle et opinionpublique » (p. 13).
5
C’est à partir de ces considérations que Favilli soulève la question de « l’usage public del’histoire ». Il insère alors à son analyse la question de la
distinction
et celle de la séparationentre d’une part recherche et d’autre part écriture journalistique et télévisuelle.
6
Favilli cherche à tracer les contours de l’historiographie actuelle, absorbée par la questionde « l’impossibilité à donner une explication scientifique du réel », et invite à réfléchirsur l’« hégémonie » de l’historiographie marxiste en Italie à partir du deuxième après-guerre. Pour Favilli, « le problème de l’« hégémonie » historiographique doit être déclinésur plusieurs plans et reste une question ouverte. » Comment se manifeste-t-elle ? Pendantplus de vingt ans, lors du second après-guerre, « les “marxistes” n’avaient pas de chairesou de revues comparables à celles de
l’establishment 
académique […] et pourtant ils étaient
 
Regard sur l’historiographie marxiste italienne : étude de l’ouvrage de Paolo Favilli sur (...)3
Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, 108 | 2009
fondamentalement « hégémoniques » car ils étaient les acteurs d’un processus ample etprofond d’innovation au sein de la discipline. […] Aujourd’hui les marxistes, ou plutôtleurs héritiers, […] sont très influents dans le domaine de l’historiographie professionnelle.Cependant, le sens commun de l’histoire ne semble pas en avoir été particulièrementaffecté. » (p. 15) L’auteur souligne cet aspect de l’évolution de l’influence marxiste et lepose en tant que problème historique. Il décide cependant de ne pas s’y atteler, puisque, pourrépondre à ce problème, il faudrait se poser « des questions dont les réponses nécessiteraientl’écriture d’un autre livre, différent ».
7
Ce faisant, il refuse d’enquêter sur le lien qui unit la culture historique et le marxisme enItalie et sur leur jonction dans le développement du mouvement ouvrier italien et de sesorganisations. C’est en construisant et en renforçant ce lien que l’historiographie marxiste aconquis son « hégémonie ». D’ailleurs Favilli n’entend pas non plus approfondir la relation,sociale avant d’être idéologique et culturelle, qui a provoqué la crise de cette hégémonie etdont les prémisses se font sentir au début des années soixante. Son objectif est en effet dereconstruire les « parcours plutôt sinueux » d’une « innovation de la culture historique sansprécédent ».
8
Pour autant, la question de l’« hégémonie » du marxisme au sein de la culture historiqueitalienne et celle du lien qu’il entretient avec le sens commun restent présentes en arrière-plan.En effet, l’auteur a avant tout cherché à trouver et à reconstruire les parcours empruntés parle processus d’innovation, mais il a également interrogé le contexte dans lequel ce processuss’est mis en place et donc le lien qui existe entre la production scientifique, le rôle desintellectuels et le contexte sociopolitique et culturel italien de l’époque. On assiste en effet dansce contexte à une effervescence intellectuelle particulière, au sein du Parti Communiste, maiségalement dans son aire d’influence. Par le biais de contributions théoriques et de recherchessur le terrain, le PCI construit son hégémonie culturelle non seulement au sein du champacadémique, mais aussi dans une grande partie de la société italienne. Le Parti communiste faitalors de la production intellectuelle, qu’elle soit individuelle ou collective, une des dimensionsessentielles de son action sociale et politique.
9
Dans l’introduction de l’ouvrage, Favilli sort du discours purement historiographique etapporte des éléments utiles à la reconstruction et à l’analyse du « cadre conceptuel », c’est-à-dire à l’analyse de la scène où se déroule la crise de la culture historique, de la seconde moitié desannées soixante à nos jours. L’auteur analyse la crise de cet univers conceptuel, méthodologiqueet épistémologique. Cette analyse repose sur le présupposé qu’il est possible
d’expliquer 
et de
comprendre
des processus historiques comme des phénomènes sociaux.
10
Il distingue le « relativisme féroce » de celui de la « crise de la raison » de la philosophiedes Lumières. En effet, dans cette crise, la raison est appelée à « se critiquer elle-même » età « connaître ses limites ». Au contraire, le relativisme postmoderne nie « la possibilité dedonner un sens au déroulement de processus complexes de réalité. N’importe quelle recherchede sens est déclassée au niveau de “grande narration ”. La possibilité que de macro processushistoriques […] aient en leur sein un quelconque système de relations […] et surtout qu’untel système puisse avoir une capacité explicative du processus lui-même sont des possibilitéstotalement niées » (p. 22-23).
11
Partant de ce constat, Favilli emprunte au sociologue Zygmunt Bauman le concept de« modernité liquide », entendue comme « dimension à caractère transitoire des institutionssociales, de leur historicité intrinsèque » (p. 25). Historicité et caractère transitoire sont opposésaux concepts qui voient en la postmodernité la « fin de l’histoire », conçue comme irréductibleà une compréhension et à une explication historique du passé et du présent.
12
Comme Bauman, Eric Hobsbawm et Alberto Burgio, Favilli défend la thèse selon laquelle« notre regard épistémologique doit se poser sur un horizon absolument différent de celui oùles “méthodologies objectivantes” conservent intactes leurs capacités explicatives » (p. 26).
13
En effet, les mécanismes inhérents à ce que Bauman appelle la « seconde rupture » étaientdéjà présents lors de la « première rupture », c’est-à-dire lors du processus d’affirmationdu capitalisme. Lors de cette seconde rupture – celle du postmodernisme et de la « finde l’histoire » – ces mécanismes se sont déployés et amplifiés de façon exponentielle.

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