J’étais seul et j’avais toute une liste de tâches à accomplir avant le coucher du soleil si je nevoulais pas être puni sévèrement, en m’interdisant de prison par exemple, ce qui aurait été uncomble !La journée se passa presque sans anicroche. Seul un écureuil suicidaire vint perturber maroutine journalière. Je ne sais comment, il avait grimpé sur le balcon de mes maîtres, s’était passé une corde au cou, puis avait sauté. Heureusement pour lui, la corde était trop longue, etmalgré sa patte cassée à cause de la chute il s’acharna sur mes doigts pour m’empêcher de ledétacher. Mais à son grand dam je parvins enfin à mon but. Il se passe parfois des chosesétranges par ici.Le jour approchait enfin de son terme, mes maîtres étaient rentrés depuis trente minutes et je parvenais à peine à cacher mon impatience. Ils m’avaient autorisé à voir les miens ce soir.Avec l’accord de nos maîtres, entre camarades d’infortune nous pouvions nous rencontrer unefois par semaine dans des lieux décidés à l’avance sous un contrôle strict pour éviter toutdébordement.Je servis le dîner de mes maîtres, composé lui aussi de quelques gélules qu’ils dégustaientdans le salon et qui s’acheva dans un silence monacal. Ils avaient perdu depuis longtempsl’habitude de parler entre eux, toutes les relations passaient par la pensée grâce à la puce quiétait greffée dans leur cerveau. Celle-ci amplifiait très largement les capacités intellectuellesde ceux qui la portaient. Pour conserver mon identité, j’avais refusé d’adopter cettetechnologie, ce qui expliquait ma condition d’esclave.Le bruit des chaises m’indiqua qu’ils quittaient enfin la table. Mes maîtres montaientl’escalier pour entamer la soirée dans leur salon privé. Leur fille que j’apercevais de profil se préparait à sortir, probablement pour rejoindre ses amis dans quelque endroit branché de la
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