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La Feuille bio du LimousinN° 99 janvier 2009
TrbuLibe
Les sénateurs comme les députés ont voté un amendement dit « Pré‐parations Naturelles Peu Préoccupantes » à la loi sur l’eau en décem‐bre 2006. Cet amendement avait pour but de corriger la LOA (loid’orientation agricole) de janvier 2006 en prévoyant une procéduresimplifiée, fixée par décret, destinée à permettre leur commerciali‐sation et leur utilisation.Concrètement, avec la LOA, quasiment tous les produits naturelss’étaient retrouvés exclus des produits autorisés à l’usage dansnos champs, nos jardins mais aussi nos villes, du fait des coûtsexorbitants des homologations et de l’inadaptation des procédu‐res.Un moyen subtil de laisser le monopole aux pesticides de syn‐ thèse. Pour l’instant, la loi Grenelle 1 ne reprend pas l’amendement PNPP de la loi sur l’eau et ne tient pas compte d’une proposi‐ tion en faveur des PNPP, présentée par l’UMP (initialement Lionel Tardy), appuyée par Germinal Peiro (PS) puis par Wil‐liam Dumas (PS) et François Sauvadet (Nouveau Centre). Tous les quatre (députés) ont déposé des questions écritesau gouvernement (sans réponse à ce jour). Ces questionsinterrogent le ministère de l’agriculture sur le fait qu’après 2ans, les PNPP ne sont toujours pas autorisées en France.Un projet de décret proposé par l’administration chargée demettre en application l’amendement à la loi sur l’eau estrédigé depuis fin 2007. Or, ce projet de décret stipule queles matières premières comme les plantes doivent :
« avoir fait l’objet d’une procédure d’inscription sur la liste commu‐ nautaire des substances actives en application des articles R.253‐5 et suivants du code rural et ne pas avoir fait l'objet d'une décision de refus d'inscription ».
Une procédure longueet très coûteuse, loin de l’esprit de l’amendement à la loi surl’eau, qui bloque toute alternative.Ceci est en totale contradiction avec l'amendement voté quiindiquait «
Ces dispositions ,ne s¹appliquent pas aux préparations naturelles peu préoccupantes... »
Pourtant, de nombreuses PNPP non homologuées en France sont auto‐risées et utilisées dans de nombreux pays Européens : Allemagne, Espa‐ gne, Italie, Pays Bas, Royaume Uni ... Le projet de loi dit Grenelle II prévoit une obligation d’agrément et decertification pour toute commercialisation et utilisation de produitsphytopharmaceutiques, ainsi que pour toute communication, même générique, sur leur intérêt, sans dérogation pour les PNPP. Le coût etles normes liées à ces agrément et certification rendront impossible leurutilisation. Qui plus est, ces procédures sont totalement inadaptées aux PNPP. Aujourd’hui, le gouvernement s’est fixé pour objectif de diminuer de50% l’usage des pesticides. Mais cette intention louable a une face ca‐chée : le blocage des alternatives aux pesticides mettra
de facto
l’agri‐culture dans l’impossibilité de la respecter. Ce blocage des alternativesaux pesticides limitera également l’autonomie des jardiniers. Déjà, lesproducteurs de fruits et légumes dénoncent l’obligation de réductiondes pesticides car ils craignent, faute d’alternatives, de ne pas pouvoirassurer les récoltes en 2009. Ils demandent des dérogations. Nous assis‐ tons à un retour en arrière alors que les solutions peuvent exister.C’est une question de choix…et de reconnaissance.Qui de bonne foi, peut encore contester les effets négatifs des pestici‐des de synthèse sur la santé ? Leur coût parfois élevé, leur efficacitéparfois très discutée n’en font pas des solutions durables ni indispensa‐bles. L’image même des aliments produits avec de telles substances estdégradée.En tant que usagers et consommateurs, nous sommes les premiersconcernés. Nous demandons la reconnaissance des PNPP dans les loisGrenelle1 et Grenelle2, pour en favoriser le développement comme alter‐natives aux pesticides, avec des procédures d’agrément allégées, adap‐ tées, faciles et rapides à mettre en oeuvre.
Signataires : ASPRO – PNPP (ASsociation pour la PROmotion des ProduitsNaturels Peu Préoccupants), Nature et Progrès, Les Amis de la Terre, LaConfédération Paysanne, Les Amis de l’Ortie
Pour la reconnaissance des PNPP, alternatives auxpesticides de synthèse
La pratique de la biodynamie suppose l’application sur le sol, lesplantes, et les composts de « préparations » biodynamiques. Sansentrer dans le détail de leurs actions, on peut dire qu’elles sontdes auxiliaires indispensables pour restaurer et maintenir lafertilité des sols, pour assurer la santé des plantes et des ani‐maux et pour obtenir des aliments de haute qualité pourl’homme. Contrairement à de nombreuses « spécialités » mira‐cles qui sont vendues dans le commerce (bio aussi !), cespréparations sont simples à élaborer par tout paysan un peuattentif. Encore faut‐il quelques connaissances de base.Confrontés à cette question depuis de nombreuses an‐nées, quelques paysans du Limousin se sont regroupéspour élaborer ensemble ces fameuses « préparations ». Les « préparations » pour le compost sont élaborées àpartir de fleurs ou plantes semi‐médicinales(pissenlit, valériane, camomille, ortie, écorce de chêne,achillée millefeuille). La préparation « bouse decorne » est élaborée à partir de bouse de vache etde corne de vache. Quant à la préparation « silicede corne, il s’agit de farine de quartz introduitedans une corne de vache. Ces différents consti‐ tuants sont enterrés six mois en terre. Ainsi, comme vous avez pu le lire dans la rubri‐que rencontres de la Feuille Bio, nous nousretrouvons depuis plus de 15 ans, deux foispar an pour mettre en terre et pour sortirces « préparations ». Aux environs de la St Michel (29 septembre ), notre rencontre est cru‐ciale. Il faut que ce jour là, nous ayons tous les ingrédients nécessaires ;cela nécessite une bonne coordination et chacun est chargé de fournirun élément : l’un, les fleurs de pissenlit récoltées au printemps, l’autreles fleurs de camomille, encore un autre apportera les plus belles desbouses de ses vaches, ou sa récolte d’écorce de chêne…Nous pouvonsalors mettre en terre, soigneusement, à l’endroit choisi, ces prépara‐ tions. Au bout de 6 mois, vers Pâques, leur maturation étant achevée, il est temps de les sortir de terre pour les utiliser. Nous nous retrouvons ànouveau pour découvrir le résultat de notre travail. De nouvelles ques‐ tions nous viennent : est‐ce réussi ? Avons‐nous une préparation dequalité ? Année après année notre jugement s’affine. Cette année, nousavons des cristallisations sensibles pour nous aider à répondre.Et puis vient le moment de partager le fruit de notre collaboration :chacun emporte la quantité nécessaire à la grandeur de son domaineagricole. Des conseils sont donnés pour conserver toute l’efficacité deces « préparations » ainsi que sur leur utilisation. Des échanges trèsfructueux qui permettent à chaque participant de progresser avecl’aide des autres. Pratiquer la biodynamie en Limousin est à la portée de tout paysan ; le groupe est ouvert à tous! Patrick LESPAGNOL.
N.B. :Une formation biodynamique de base est proposée par GABLIM dans lecadre des formations VIVEA. (Voir rubrique formation).
Pratiquer la biodynamie en Limousin
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