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Attitude Zen - Lettre ouverte au Dr Rufo

Attitude Zen - Lettre ouverte au Dr Rufo

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Réponse à Rufo

Réponse à Rufo

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09/17/2013

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Victor Khagan
De la main de "Attitude Zen",LETTRE OUVERTE AU DOCTEUR RUFO 
Suite aux propos outranciers du Dr Rufosur France 5, concernant le fait que « lamajorité des victimes d'abus sexuels subisdans l'enfance vont bien ».
REPLAÇONS VOS PROPOS, IRONISONS LA SITUATION : 
Dr Rufo, vous constaterez que les victimes de l'inceste vont vraiment très bien, ellessont heureuses et épanouies. Il y a des personnes qui inventent même un abus, unviol, pour être heureuses et aller bien, pour organiser une vie meilleure.Elles fantasment sur le fait d'avoir été salies, violées, battues, dépossédées de leurcorps, de leur âme; elles sont heureuses de tomber dans les addictions, de rater deschoses de la vie, de ne pas être mères, de souffrir de névroses, de dépression grave,de ne pas avoir de libido, de mettr
e fin à leur vie… Oui vraiment, nous victimes deviols incestueux, d’abus sexuels en tout genre, nous sommes les personnes sur
terre les plus chanceuses car nous il nous est arrivé un truc en commun que nous
pouvons partager autour d’un thé entre copines t
out en riant de tout ceci car ce
n’est au fond qu’un fantasme, c’est ça non ?....
(Envie de vomir rien qu’en y pensant !) 
 
DÉSILLUSIONS :
 Toute notre vie d’adulte est régie par ce que l’on a vécu dans l’enfance, tout se joue
à ce moment-
là, la construction de l’être humain et de l’adulte en devenir se fait àpartir de l’enfance, ce n’est pas moi qui le dit, on est bien d’accord !
 On a 2 ans,
on a 5 ans, on a 8 ans, on a 12 ans…. On croit au père noël, on croit à
la magie, on croit aux contes de fées, aux princes charmants, aux princesses aux
cheveux d’or….
 
Et tout d’un coup, tout s’effondre !! On doit subir la violence, on nous vole nos
illus
ions, nos rêves d’enfants : on en fait des cendres et on doit accepter sansbroncher d’être un jouet dans les pattes d’un « malade ».Et, lorsque l’on arrive à l’école, on sait ce que c’est le sexe : c’est sale, ça fait mal,c’est moche, ça pue. Et alors
que nos camarades jouent entre eux, insouciants, à de
vrais jeux d’enfants, on a du mal à être avec eux, on sent bien qu’on n’est pas du
même côté de la barrière : oui, nous on est déjà adultes !!
 
 
Croyez-
vous sérieusement que l’on va bien lorsqu’on nous ment, qu’on nousmenace, qu’on nous salit, lorsque l’on est qu’une poupée de chiffon dans les bras del’ogre ? On se rend compte que nous sommes trahi/es, seul/es, apeuré/es,
torturé/es.
Nous, on se demande juste si ça se voit que, ce matin au réveil, on s’e
st pris une
grosse B… dans le cul… On a mal, on peut plus s’assoir, on ne va pas a la piscine,
on ne se déshabille pas devant les autres au sport, on invente des trucs car on
saigne comme si on avait des règles … mais on a 8 ans, Monsieur !!!
 Comment voulez-
vous construire un/e adulte épanoui/e lorsque l’enfance a été
tuée !
DESTRUCTURATION :
La notion de respect n’existe pas : on ne nous a pas respecté/es, on aura du mal à
se respecter nous-mêmes, on fera des choses difficiles à comprendre pour
l’entourage, on va boire, on va se droguer, devenir violent/es, se mutiler, s’en
prendre aux autres, on va se prostituer, on veut fuir toujours, on a la bougeotte ou
on va travailler sans relâche, on n’a pas de stabilité, on ne sait pas où on va, ce quel’on veut, ce que l’on peut faire, on se sent constamment en échec et pourtant on sebat, on nous félicite même ! On a des amis, parfois un bon boulot… Mais non : y’a un manque, y’a un trou, quelque chose de plus fort que nous qui nous contrôle,
un autre, une entité à
l’intérieur… On va finir pas se faire du mal car on ne connait
que ça, car on ne comprend
pas d’où vient le mal
-être qui nous envahit, on a tout
fait pour aller bien et on a même, parfois, une vraie famille à nous…
 
On a confiance en personne et, lorsqu’on l’ 
accorde, on se fait trahir; le moindre
manque de respect d’autrui envers nous
-même prend des proportions énormes; on
ne tolère plus les trahisons; l’injustice de certaines situations nous rend dingues;on se sent impuissant/es, on voudrait agir mais on n’a
pas la force, on suffoque !!Le petit enfant est en train de revenir sonner à la porte, il revient car il cherche des
réponses : il cherche à comprendre pourquoi, lui !!! Notre « autre » s’est réveillé.
 
ENTRE RÉSILIENCE ET RÉSONNANCE
(Titre emprunté à Boris Cyrulnik et Mony Elkaïm) 
La plupart d’entre nous trouve la force d’avancer, trouve des ressourcesinsoupçonnées pour sortir de l’enfer, ça s’appelle la résilience. À vous écouter, on
dirait que ce terme ne vous est pas familier : ben oui, moi aussi je tiens des propos
qui vexent, qui sont insultants pour votre profession…
Voilà pourquoi vous pouvez peut-
être croire que les victimes d’abus vont bien. Onn’a pas le choix que d’essayer d’aller bien : on doit se constru
ire, on veut une vienormale, on tait notre douleur, on tait cette honte, cette culpabilité, on essaye juste
de vivre mais on ne fait que survivre…
 
 
 
Nous victimes, nous vous faisons croire, malgré nous, que nous allons bien, nous ysommes forcé/es pour vivre en société sans être jugé/es, on ne va pas parler denotre vie et de notre souffrance tous les jours à chaque personne que nousrencontrons, on ne fait pas confiance aux autres. Et vous les non-victimes, vous
minimisez donc la souffrance et la réalité, et c’est là que le concept de résonna
nceprend tout son sens !
On n’a pas le choix, parfois, que de souffrir en silence, de se taire car on sait quel’on ne sera pas compris/es ou cru/es, on sera jugé/es, et puis, on va foutre lebordel dans une vie de famille et vous, vous croyez qu’on va bien… !!
 
DÉLIVRANCE ?
Mais, un jour, la pression est trop forte et le volcan explose, le tsunami dévaste
notre vie et nos certitudes car …elles sont fondées sur le néant.
On est donc démuni/es, on ne sait comment réagir, on sombre, on plonge, on senoie, on se meurt ! Comme cette jeune femme de 28 ans, en souffrance, qui avouetout à ses parents.
Alors oui, lorsque l’on se met à parler, c’est que la soupape a sauté ! On est adultes,les gens pensent que vous mentez, que vous avez besoin d’attentions, que vo
us êtes
malades… Alors, « vous imaginez des choses pour que l’on s’occupe de vous »…
 
Mais Ho ! Ça ne va pas non ??! 
On fantasme pas sur ce genre de chose, on ne peut pas inventer ça à l’âge adulte,c’est trop grave !! ça implique trop de choses pour les proc
hes et la famille !!! Ça fait
du mal aux parents d’apprendre, des années plus tard, que leur enfant a été abusé,violé, car …ils n’ont rien pu faire, ils n’ont pas pu les protéger… ! ça fout desfamilles en l’air, un équilibre de vie !! si on est intelligen
t, on réfléchit aux
conséquences graves de raconter ça et donc on peut pas inventer, fantasmer. …On
invente autre chose que ça pour se faire remarquer si vraiment on a besoin
d’attentions… On dit aux gens qui nous entourent que l’on se sent mal ou seul ou
inutile ou, bref, des maux difficiles certes mais pas des accusations aussi graves
que d’avoir été violé/es dans son enfance par un oncle, un père, un frère, un beau
-
père ou le voisin… !!
 
 Je ne dis pas qu’il y en a pas qui l’ont fait… mais ça relève d’une
pathologie appeléemythomanie.
JE VAIS BIEN, NE T’EN FAIS PAS !
 
Vos propos sont outranciers !! Passez donc d’abord par ce quoi nous sommespassé/es et, ensuite, vous pourrez en parler : lorsque l’on ne sait pas de quoi onparle, on se tait, on pèse ses mots ou bien on ne répond pas à ce genre d’appels
entre deux sujets légers à la télévision.
Vous avez fait bien plus de mal, vous nous avez offensé/es, c’est comme si on nous
violait encore ! On minimise encore le trauma subi et les conséquences.

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