Handicap et intégration2
Le 25 mars dernier, «Max» a chanté
Unregard de trop (voir ci-dessous)
devant 500spectateurs au le festival de musik’plu-ri’ailes de Créon. Sur la scène, il étaitentouré de ses copains Michel, Ludovic,Edouard, Olivier,Thierry ou Martin.Certains sont traumatisés crâniens, commelui. Les autres sont les élèves de l’atelier demusique amplifiée de l’école de musiqueintercommunale de Saint-André deCubzac. Ce soir-là, la magie de la musiquea joué et ils ont partagé une même émo-tion, une même peur de la scène, puis unmême sentiment grisant quand les applau-dissements ont crépité. Pour Max, cettesoirée restera comme «
l’aboutissement d’un long travail de deuil, d’une recons-truction, l’expression de l’estime de soi, lareconquête de ma personnalité par l’ex- pression publique. J’étais à l’affiche, sousles projecteurs, acteur de ma vie
».Ludovic, pour sa part, exprime sa fierté, sa joie de vivre :«
C’est énorme la musique,bien mieux qu’un médicament. Grâce àelle, j’ai repris confiance. Elle m’aide àredémarrer dans la vie, même si je sais que je joue pour mon plaisir, pas pour passer àla télé.
».«
Ce soir-là, Max, Ludovic et les autres ont prouvé le fort potentiel d’une action d’in-sertion culturelle bien menée,
analyseAntoine Sajous, de l’Association desfamilles de traumatisés crâniens.
Ils n’ont
esténormela musique,mieuxqu’unmédicament !
La loi du 3 février 2005pour l’Egalité des Droitset des Chances, laParticipation et laCitoyenneté des Person-nes Handicapées poseun principe d’accessibili-té généralisée, tant àl’emploi, qu’à la scolari-té, au cadre bâti et auxtransports, par la miseen œuvre du projet devie de la personne han-dicapée.Elle crée un droit nou-veau, la prestation decompensation du handi-cap, qui se substituera,en l’élargissant, à l’ac-tuelle allocation com-pensatrice pour tiercepersonne (ACTP).Ils’agira de répondre auxbesoins de la personnehandicapée, en matièred’aides humaines, tech-niques, au logement, àl’aménagement du véhi-cule, voire animalières.Prestation en nature,avec possibilité d’unversement en espèces,elle sera servie par leConseil Général àquelque 10 200 bénéfi-ciaires évalués enGironde, chiffre qu’ilfaut mettre en regarddes2 550 bénéficiairesactuels de l’ACTP !Cette loi affiche degrandes ambitions puis-qu’elle prévoit la mise enplace d’un véritable«guichet unique», laMaison Départementaledes personnes handica-pées (MDPH),lieu d’in-formation, d’orientationet d’accompagnementde la personne handica-pée dans la définition deson projet de vie et samise en œuvre.Constituée sous laforme d’un Groupementd’Intérêt Public et prési-dée par le Président duConseil Général, elleréunira des représen-tants du Département(50% des sièges), desorganismes d’assurancemaladie, d’allocationsfamiliales, de l’Etat (25%au total) et des associa-tions de personnes han-dicapées (25%). Ce der-nier point est très impor-tant.Il s’agit d’un dispositifcomplexe qui nécessite-ra un important travailavec les partenaires,qu’ils soient institution-nels ou administratifs.La mise en place de laMaison Départementaledes Personnes Handica-pées et de la prestationde compensation fontnaître de nombreusescraintes liées notam-ment aux moyens definancement d’une pres-tation dont on a peud’éléments pour déter-miner le nombre debénéficiaires.Des sources variées etcontradictoires alimen-tent les inquiétudes: leMinis-tère annonce unnombre de bénéficiairespeu différent des presta-tions actuelles. Dans cecas, on peut se poser laquestion de l’intérêt d’unnouveau dispositif. Cen’est certainement pasla bonne hypothèse.Des sources nationales(CNSA, ADF, ANDASS)indiquent un nombre debénéficiaires multipliépar deux ou par quatre,un doublement du mon-tant de la prestation.La population girondinereprésente 2,2 % de lapopulation nationale, lesbénéficiaires de l’actuel-le ACTP 2,5 % desbénéficiaires nationaux.On peut donc estimerles recettes de la CNSAà 13 750 000
€
(2,5 %de 550 M
€
).On est bien loin ducompte de la compensa-tion d’un doublement oud’un quadruplement desdépenses. Pour mémoi-re, la dépense actuelleest de 17,5 M
€
.Il convient d’ajouter lesmoyens nécessaires aufonctionnement: un numé-rovert, des équipesd’évaluation, de l’enca-drement technique, desmoyens de gestion admi-nistrative, des locaux,dumatériel, etc.Malgré toutes ces incer-titudes, le ConseilGénéral de la Gironde«relève les manches»afin d’être prêt pourl’échéance fixée par laloi au 1er janvier 2006,et dans l’attente desnombreux décrets d’ap-plication.
Contact :
Service despersonnes handicapées,tél. 05 56 99 33 33.
Personnes handicapées
a vie quotidienne
La loi de 2005des principes et des droits
Nadine Lanneluc, Directricede l’école de musique.
Changer le regard sur
UNREGARD
de trop
«Regards remplis de curiosité Ou, pire encore, ne serait-ce de la pitié ?Tandis que l’indifférenceC’est dans tes yeux trop d’absence.Quoi qu’il en soit j’ai un cœur Et je saurai t’aimer sans peur. Et puis si tu n’as pas compris A ta place je me ferais du souci».
C’
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