« Je ne dis pas que cette victoire est un hasard, ni qu’elle revient à une seule personne, mais àtous. Si vous n’aviez pas repoussé l’ennemi ou pu accomplir les offensives que nous avionspréparé, nous serions tous des cadavres froids et dévorés par les charognards à l’heure qu’il est ».Nouveaux martèlements.« Toutefois… J’aimerai que nous n’oubliions pas nos frères tombés au combat. (L’ardeur de la salleretomba d’un coup) Nombre d’entre vous ont perdu un proche ou un ami durant cette année, quece soit au combat ou non. J’aimerai que ce soir nous trinquions à leur mémoire car, sans leursacrifice, nous ne serions peut-être pas ici et que les oublier reviendrait à devenir ce que nouscombattons : des êtres sans cœur, dépourvus d’âme. Arch zêlnah !-Arch zêlnah ! »Les Nains se tinrent une minute au garde-à-vous dans le silence. A la fin de ce laps detemps, Gurdil but d’une traite sa chope, imité par le reste des convives. La trompette résonna denouveau et les Serviteurs firent leur réapparition, apportant cette fois-ci le repas (ours à la bière, jambons, rôtis,…) et la boisson (bières, vin et hydromel).« Dis donc ils se sont surpassés aux cuisines cette fois : cela fait une éternité que je n’avais pas faitde repas aussi délicieux.-C’est vrai que c’est bon, confirma Karsk, la bouche plein d’ours à la bière. Ca change des rationsde combat et de cet immonde gruau que les gens du HC n’ont jamais dû ne serait-ce que sentir,pour avoir l’idée de le laisser en aliment principal des armées.-C’est sûr… Mais bon au moins avec ça, ils sont sûr de faire marcher l’industrie agro-alimentaire etde rédu… »Soudain les portes de la Grande Salle s’ouvrirent avec fracas, ce qui eut pour effet de fairese lever et dégainer l’ensemble des convives. Même s’ils étaient sécurité au sein du bunker qu’étaitle Quartier-Général, les Nains avaient pris l’habitude de se promener avec une arme, même unsimple couteau. Les convives rengainèrent rapidement leurs armes quand ils virent que « l’intrus »était l’officier responsable des communications de l’équipe de nuit. Celui-ci traversa la Grande Salleen courant et s’arrêta de justesse devant la table où Gurdil et l’état-major dînaient.« Lieutenant Thorak… au rapport… Seigneur, fit l’officier à bout de souffle.-Repos Lieutenant. Prenez le temps de reprendre votre souffle.-Merci… Mais pas le temps… Les Humains ont … lancé… une attaque massive… sur tous lesSecteurs… Besoin de vous… à la Salle Tactique… immédiatement.-Oh bon sang de boudiou de cagaou de tiounque de coun dou diable !, jura Gurdil en se levantbrusquement. Sonnez le rassemblement général et mettez l’ensemble du camp en alertemaximale. Général, vous vous occuperez d’expliquer la situation à la Flotte, et dites leur de se tenirprêt à débarquer les réserves, demanda le Chef de Guerre en s’adressant à Karsk.-A vos ordres », fit celui-ci avant de composer un court code sur le boitier installé sur son avant-bras gauche.Une alarme se déclencha dans la salle, ainsi que dans toute la base et le camp. Des lumièresrouges se mirent à clignoter à une fréquence précise, indiquant ainsi à tout le monde ledéclenchement de l’alerté maximale et la mobilisation de toutes les forces armées possibles. S’ensuivit alors une ruée massive des convives vers l’extérieur de la Grande Salle et, plus précisément,vers les quartiers personnels et armureries du Quartier-Général. La machine de guerre Naine allaitse mettre en route.
Chapitre 03 : Ordre : tenir coûte que coûte.
Cela ne faisait que trente minutes que les Humains avaient débuté leur attaque mais Orïn,Phalange de première classe, avait l’impression que le triple de temps c‘était écoulé. Etant degarde sur le mur A-37b3 du Secteur Douze avec son escouade, ils avaient essuyé de plein fouet lacharge d’une compagnie blindé ennemie, composée de pas moins de trois cent hommesd’infanterie et cinquante véhicules. Les mines et tourelles automatiques disséminées devant lesfortifications. Les avaient retardés assez pour permettre à l’artillerie de se mettre en place etd’entamer un bombardement qui avait brisé leur assaut. L’artillerie Humaine avait alors donné dela voix, empêchant aux Nains de répliquer pour stopper la nouvelle vague d’assaut. Et maintenantl’escouade d’Orïn –l’escouade Phyos- faisait feu avec toutes les armes dont elles disposaient, afinde maintenir le flot d’Humains le plus loin possible des fortifications… Mais cela ne marchait pastout le temps : par deux fois, les Démonistes (=les Humains qui, ici, sont au service de Démons)étaient parvenus à prendre pied sur le mur, obligeant les Nains à troquer pour quelques tempsleurs fusils contre leurs haches, pour repousser les assaillants. Cela n’avaient pas pris longtemps, etaucune perte n’était à déplorer du côté Nain, mais cela avait permis aux Humains encore en bas dese rapprocher un peu du pied du mur… Alors les Nains redoublaient d’effort pour les repousser,comme n’importe lequel des soldats du camp cette nuit. L’ordre était de tenir coûte que coûte letemps que la contre-attaque se mette en place, et c’est ce que l’escouade Phyos faisait…
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