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Crues Et Inondations

Crues Et Inondations

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 Domitia
, n° 8/9, mars 2007, p. 213-226.
Crues et inondations dans les Pyrénées méditerranéennes aux XIV
e
et XV
e
siècles :état des sources et perspectives de recherches.
Rodrigue Tréton
*
 _______ 
Depuis la parution de l'histoire du Climat depuis l'an mil d'Emmanuel Leroy-Ladurieen 1967
1
, l'intérêt des historiens français pour l'étude du climat et de ses conséquences sur les sociétés humaines n'a cessé de grandir. Au cours des dernières décennies, les enquêteshistoriques portant sur les phénomènes géophysiques se sont ainsi multipliées, bien souventfavorisées par un certain décloisonnement des disciplines et l'engouement pour lesapproches pluridisciplinaires. Par ailleurs, la prolifération des médias et la globalisation del'information n'ont fait qu'accentuer la sensibilisation de nos contemporains aux enjeuxenvironnementaux et à l'éco-histoire.Il semble sormais reconnu que l’étude des variations climatiques et descatastrophes naturelles doit s'appuyer sur la recherche historique. Toutefois, le rôle del'historien ne doit pas se borner au seul catalogage des faits, qui ne constitue que l'étapeliminaire du processus de recherche. Sa vocation véritable est d'étudier l'impact de ces phénomènes sur les sociétés dans le contexte de leur manifestation, et d'analyser lesréactions induites, afin d'en tirer des enseignements significatifs sur le comportement dessociétés confrontées au risque naturel. Les résultats ainsi obtenus viendront alimenter etenrichir la réflexion en matière de prévention des risques.Mais il faut souligner la difficulté de telles enquêtes portant sur des phénomènescomplexes dont l'étude nécessite la prise en compte d'une multiplicité de facteurs. Pour être pertinentes, elles doivent être conduites sur la longue durée et s'inscrire dans un cadregéographique cohérent, à la mesure du phénomène étudié. Tout ceci implique un long et patient travail d'investigation dans les fonds d'archives. Il va sans dire que cette particularité, qui va à l'encontre des impératifs de résultats immédiats que nous imposenotre société, constitue un réel handicap quand à leur mise en oeuvre, sans parler de la problématique inhérente au financement de tels études. Comment convaincre les décideurs publics, dont l'action politique s'inscrit dans le court terme du calendrier électoral, del'intérêt public d'investir dans des projets à longue durée dont la rentabilité ne saurait êtrequantifiée ?Les pluies torrentielles, avec leur cortège de crues et d'inondations, sont sans aucundoute les catastrophes naturelles qui, à travers l'histoire, ont affecté le plus fréquemment la partie orientales des Pyrénées soumise à l'influence de la Mer Méditerranée. Il nous a donc paru intéressant de sonder les archives régionales afin de dresser un premier état des
*
Docteur en Histoire.
1
. LE ROY LADURIE, Emmanuel,
 Histoire du climat depuis l’an mil 
, Flammarion, 1967 (réédité en 1983).L'auteur a récemment publié une
 Histoire humaine et comparée du climat 
, Fayard, 2004LE ROYLADURIE, Emmanuel, Travaux réactualisés Histoire humaine et comparée du climat, Fayard, 2004
 
sources documentaires nous informant sur ces évènements et d'en évaluer lescaractéristiques et les potentialités.Le cadre géographique envisagé ici correspond à l’ensemble des bassins fluviaux del'Aude, de l'Agly, de la Têt et du Tech, zone qui couvre approximativement les parties desdépartements de l'Aude et des Pyrénées-Orientales soumises au climat méditerranéen.
1. Etat des sources
Précisons d'emblée que le cadre chronologique de cette présentation a été déterminé par les sources elles-mêmes. En effet, la documentation régionale n'échappe pas à la règlegénéralement observée en la matière qui constate la rareté des mentions de déluges et deleurs incidences dans les sources médiévales avant 1300. Les fonds d'archives des XIV
e
etXV
e
siècles, heureusement plus riches et plus prolixes, offrent par contre de réelles perspectives de recherches.a. Pauvreté des sources antérieures aux XIV
e
siècleDe ces périodes prédominent les sources eccsiastiques, les chartriers etcartulaires régionaux évoquent, avec une extrême parcimonie, des épisodes diluviens auxconséquences particulièrement désastreuses affectant directement les intérêts des religieux.C'est la cas par exemple de la destruction du monastère de Saint-André d'Exalada, enConflent, par une crue de la Têt, consécutive à un violent abat d'eau survenuvraisemblablement au mois d'octobre 878, dont la principale conséquence futl'établissement des moines survivants, "
(…)
 
monachos Sancti Germani qui evaserunt denaufragio de Exalata (…)
",
 
dans un lieu moins exposé aux risques, à l'emplacement del'actuel monastère de Saint-Michel de Cuxà. Mais si l'évènement nous est connu, c'estuniquement grâce à la très intéressante procédure de réfection du chartrier du monastère,emporté par la furie des eaux, qui s'ensuivit : "
(…) pro scripturas emptionis, donationis et commutationis,
 
quae scripturas perditas fuerunt in Exalata ad delavationem fluvio Tete(…)
"
2
.Pour illustrer la pauvreté des sources ecclésiastiques par un exemple chiffré, je citeraile cas du fonds de l'ordre du Temple en Roussillon : sur un total d'environ 1150 actesrépertoriés couvrant la période 1130-1308, un seul fait état d'un évènement climatique. Ils'agit d'une sentence prononcée au mois de décembre 1252 par le juge ordinaire dePerpignan
 
relative aux dommages causés aux possessions templières, et plus généralementau bien public, par une inondation dont les eaux avaient dévalé une rue de la capitale duRoussillon avant d’atteindre la place aux blés et le marché à viandes
3
. Pour résoudre ce problème d'urbanisme, le juge ordonna que l'on élève un amas de terre afin de dévier l'eau
2
.
 Marca Hispanica
, appendix, doc. XXXVII, XXXIX, XL, XLI, LX
3
. Archives départementales de Pyrénées Orientales (désormais ADPO), Hp188 : "
 Pateat universis quod  frater Petrus Exameniz, comendator domus Mansi Dei, comparens coram nobis Arnaldo de Teguris, judiceordinario curie illustris domini regis Aragonum, proprium ac publicum dampnum astruens (sic) evenire exinundatione pluvialis aque descendentis per vicum qui dicitur de Sala Guilelmi Adalberti, ac postmodum in plateam que vulgo Bladeria dicitur deffluentis, ac etiam in macellum. Postulavit per nos in dicto negocioutilitati publice ac predicte domui provideri, ut predicta aqua per locum qui Caulaceria dicitur, per quem abantiquo fluere consueverat, derivata predicte domus detrimentum ac rei publice vitaretur 
."
 
de ruissellement vers la place du marché aux légumes
4
. Remarquons que l'interprétation dece document se heurte à notre méconnaissance de la topographie urbaine de Perpignan àl'époque de l'évènement.
 
L'indigence des sources diplomatiques pour la période antérieure au XIV
e
siècle n'estmalheureusement pas compensée par l'apport des sources narratives. Je n'ai en effet purecenser pour l'aire géographique étudiée qu'une seule chronique, d'ailleurs rédigéestardivement, au milieu du XVI
e
siècle, par un greffier consulaire. Celle-ci fait état desravages occasionnés par crue destructrice de l'Aude survenue en 1174 dans la ville neuvede Limoux
5
. Force est de constater que les documents de cette période sont rares, peuexplicites et n'apportent qu'un éclairage très limité sur les évènements climatiques,anecdotique et événementiel. b. Intérêts et limites des sources des XIV
e
-XV
e
sièclesSur le plan documentaire, la fin du XIII
e
siècle, et plus encore les XIV
e
et XV
e
siècles présentent un contraste saisissant avec les époques antérieures. Dans la zone géographiqueétudiée, la fin du Moyen Age se caractérise en effet par la prolifération et la diversificationdes sources juridiques, administratives et comptables et l'apparition des sources fiscales,toutes susceptibles de renseigner l'historien sur les pluies diluviennes et leurs répercussions.Toutefois, la profusion, la disparité, la grande dispersion et la méconnaissance de cessources, ainsi que la faiblesse de l'historiographie locale, constituent de sérieux obstacles àsurmonter dans la perspective d'une étude historique. Les quelques recherches que nousavons pu effectuer montrent cependant, si besoin était, tout le profit qu'il y aurait à tirer decette manne.- Les sources narrativesLes sources narratives sont un peu plus nombreuses que pour la période précédente,mais leur apport reste limité. Force est de constater que chroniques et livres de raisonn'abondent pas dans notre région. Quelques lignes rédigées par un greffier consulaire auXV
e
siècle dans le "Livre vert mineur" de la ville de Perpignan font état de la grande cruede la Têt survenue le 8 octobre 1421, qui emporta avec elle trois arches du pont de pierre etune partie du quartier des tanneurs, évènement dont on trouve également l'écho dans unetraduction rédigée un siècle plus tard dans les mémoriaux de l'église Saint-Jacques dePerpignan
6
. Les chroniques de l'église Saint-Paul de Narbonne relatent également certainsévènements critiques ayant affecté la cité épiscopale durement touchée par les caprices de
4
. "(…)
Taliter duximus ordinandum, quod de vico qui est ante operatoria Poncii de Alaniano, ante Fruturia,in tanta quantitate terre congeries educatur quod tota pluvialis aqua versus Caulaceriam libere deffluat et discurrat, nisi forte propter nimiam inundationem aquarum contingeret quod de ipsa versus Bladeriam parsaliqua laberetur 
."
5
. Chanoine SABARTHES,
 Les manuscrits consulaires de Limoux
, Paris, 1930, p.262, d’après Archives deLimoux, AA2, fol.77 v.
6
. Archives communales de Perpignan, AA3, fol. 5v : "
 Ista die que fuit mercurii intitulata VIII 
a
hujus mensisoctobris, anno a nativitate Domini M°CCCC°XXI° fuit maximum diluvium aquarum in comitatu Rossilionis et in aliis partibus, et fuerunt dirute sive enderroquades per dictum diluvium tres arquate del Pont de la Pedrahujus ville Perpiniani ; et aqua Tetis ascendit super parietem nuncupatum la paret trencada quatuor palmoset plus ; et fuerunt etiam dirute de dicto pariete XVIII canas
." Bibliothèque municipale de Perpignan, mss, n°84 :
 Mémoriaux de l’église Saint-Jacques de Perpignan,
vol. I, fol. 2 .

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