26 février 2009 | 8
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BELGIQUE
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Belle occasion d’abolir les intérêts notionnels
L’Union européenne a lancé une
procédure d’infraction contre les intérêts
notionnels.
Les intérêts notionnels sont dans le collimateur
de la Commission européenne. Ce cadeau
scal est accordé à toute société belge, y
compris les liales belges de multinationales
étrangères. Par contre, une société belge
ne peut pas déduire d’intérêts notionnels
sur ses investissements à l’étranger. Or,
estime la Commission, cela décourage
u
les investissements dans les autres paysde l’Union, ce que les traités européens
interdisent.
L’afaire a suscité un échange vi entreparlementaires SP.a et Didier Reynders, le
ministre des Finances sa âchant tout bleu en
rappelant que le SP.a avait voté la loi instaurant
les intérêts notionnels. Il lui suft de ce (réquent)
petit rappel pour aire mal aux socialistes. Mais
pourquoi alors le ministre sort-il de sa coutu-mière sérénité ? Parce qu’il est mal pris...
Pour sauver son bébé, il risque de devoirl’étendre aux investissements étrangers. Dur,
alors que le but ofciel des intérêts notionnelsest d’attirer les investissements en Belgique. Et
surtout, leur coût astronomique (2,3 milliards
pour 2006, plus pour les années suivantes)
serait encore revu à la hausse. Alors qu’on vient
d’annoncer un décit de l’Etat abyssal de 11
milliards d’euros…
La position de l’Union européenne contient
son pesant d’hypocrisie, sachant qu’elle ait
souvent jouer la concurrence scale entre lesEtats membres. Pourtant, elle ore l’occasionde remettre ondamentalement en cause ce
cadeau accordé inconditionnellement auxsociétés. Un cadeau qui ne avorise pas lesinvestissements et encore moins l’emploi.Un cadeau ayant pour seul efet d’accroître
les bénéfces. Un cadeau qui profte aux so-
ciétés les plus grosses et les plus riches (lesmoins endettées) : sur les 150.000 sociétésappliquant la mesure, 25 banques et multi-
nationales (dont Fortis) ont obtenu 37 % du
budget des intérêts notionnels. Allez, il est
temps de reléguer cette invention au musée
des atrocités fscales.
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La Poste
Le partenaire privéveut s’en aller avec 150 % de proft
Les postes danoises veulent
se déaire de leur participation dans
La Poste (belge) pour 373 millionsd’euros. Joli proft car, il y a quatre
ans, l’apport des Danois était de
150 millions. Touteois, l’État belge
peut encore intervenir.
Les choses vont bien, à La Poste. Non
que les clients s’en aperçoivent car,en janvier, ils ont été prévenus que
les intérêts sur leur compte épargneallaient baisser, de 2 % à 0,5 %. Non,
c’est pour les actionnaires, que ça plane.
En 2005, le ministre des Entreprises
publiques Johan Vande Lanotte (SP.
a), vendait la moitié de La Poste au
consortium Post Invest Europe, dontPost Danmark A/S est propriétaire à
50 %. L’autre moitié du consortium
est aux mains des capitalistes à risque
de CVC Capital Partners. Ils étaient
nombreux à avoir déjà prévu la chose
à l’époque. « Ces partenaires privésviennent pour aire du ric et ils se
retireront ensuite. » Aujourd’hui, on y
est. Les postes danoises veulent s’enaller après avoir multiplié son capital
par 2,5 en quatre ans : pour les 150millions apportés, elles réclament
aujourd’hui 373 millions.
Le ministrevoit ça en rose
Au Parlement, l’actuel ministre des
Entreprises publiques Vanackere
(CD&V), s’est vu adresser pas mal de
questions sur le départ des postes
danoises. Il voit touteois les choses
sous un jour avorable. « Si la vente
se ait à un prix plus élevé que le prix
initial, c’est la meilleure preuve des
bons résultats de La Poste et, partant,
de la valeur de l’entreprise », a-t-il dit.
Et de résumer toutes les améliora-tions : le chifre de l’EBITDA (gainsavant intérêts, taxes, dépréciationet amortissement) a augmenté de
47 %, la productivité exprimée dansle chire d’aaires par unité à temps
plein a augmenté de 20 %, l’absen-
téisme diminue, la satisaction de la
clientèle et du personnel augmente. La
plupart des députés ont été rassurés
par la réponse du ministre.
u
Le personnel et les syndicats
sont moins heureux de la tournuredes choses. Ils prééreraient que lesbénéces soient réinvestis dans La
Poste. L’idée n’est pas dénuée de
ondement. Si les postes danoises
veulent vendre leur part, elles doivent
disposer de l’autorisation préalable
de l’État belge. Il y a donc encore une
marge de manœuvre. Pour cela, le
gouvernement n’a qu’à prendre ses
responsabilités. Pourquoi l’État belge
ne rachète-t-il pas lui-même la part
des postes danoises ? De la sorte,
l’État peut à nouveau récupérer lecontrôle efecti de l’entreprise. Lemoment s’y prête d’ailleurs car, la
semaine prochaine, le personnel de
La Poste descend dans la rue (voirencadré). Du côté des clients de La
Poste aussi, il existe une oule de
comités opposés à la ermeture des
bureaux de poste. Maintenant qu’ences temps de crise, des voix s’élèvent
en aveur d’une véritable banque
publique, il ne serait pas absurde d’enrevenir à une nouvelle nationalisation
de La Poste.
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trois jours de grève à La Pose
Les nombreuses réorganisations
de La Poste ont déjà prélevé un lourd tri-
but. Aujourd’hui, la direction veut rem-
placer 6 000 facteurs à temps plein par des
« livreurs de courrier » à temps partiel.
La coupe est pleine.
S’il aut en croire le ministre des Entreprises
publiques Vanackere (CD&V), la situationactuelle est bonne pour le personnel. Les
travailleurs, eux, pensent diéremment. Début
mars, ils mèneront des actions durant trois jours pour protester contre la pression du
travail en hausse, la poursuite de l’outsourcing
u
de toutes sortes de services, la libéralisation
débridée et, surtout, l’introduction d’emplois
« hamburger ».
« L’habituelle distribution du courrier et de la pub
se fera par des livreurs de courrier »
, explique Joze
De Doncker, de la CGSP-La Poste.
« Concrètement,
il s’agit de ménagères, d’étudiants, de pensionnés,
de gens d’ateliers protégés… Et ce, à un salairemoindre que le niveau le plus bas aujourd’hui à
La Poste. »
De même, l’accroissement de la pression
au travail est une épine dans le pied des syn-
dicats. Toute réorganisation aboutit à une
perte d’emplois, mais la quantité de travail nediminue pas pour autant. En d’autres termes,les emplois disparaissent, mais le boulot reste.
La pression du travail, surtout aux guichets,augmente de ce ait dans des proportions
quasi intenables. Pas étonnant que le ministre
se vante d’une hausse de la productivité de
20 %.
Les 2, 3 et 4 mars, les syndicats de La Poste
passeront à l’action. Le 2 mars, une grève généraleest prévue, ainsi qu’une maniestation à Bruxelles
(départ à 12 h, gare du Nord). Le 3 mars, tous lescentres de tri postal eront grève et, le 4 mars, ce
sera le tour de tous les services de transport deLa Poste.
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La charge de travail a grimpé suite aux nombreuses réorganisations deLa Poste. Toute réorganisation entraîne une perte d’emplois, mais le travail,lui, ne baisse pas. Pas étonnant que le ministre ait annoncé une augmenta-tion de la productivité de 20 %.
(Photo La Poste)
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