gnosimaques » qu’
é
voquent les trait
é
s de th
é
ologie.Saint Augustin. « La gnose est d’abord connaissance, et le refus de toute connaissance est uneh
é
r
é
sie : celle des « gnosimaques » qu’
é
voquent les trait
é
s de th
é
ologie ».Remarquons, en passant, que les Modernes s’en laissent,
à
l’exc
è
s, imposer par les mots, comme parles apparences. Le mot, qui ne prend sens que dans la phrase (qui elle-m
ê
me ne prend sens que dansl’œuvre) agit sur eux
à
la fa
ç
on d’un sigle, d’un « logo » publicitaire. Or le « logo » est l’exactinverse du logos, autrement dit de la logique ; et ce fut l’immense m
é
rite de Ren
é
Gu
é
non, de nousavoir rappel
é
, par l’exemple, qu’
ê
tre m
é
taphysicien, c’est aussi
ê
tre logicien : c’est-
à
-dire donneraux mots un sens, non point immanent et imm
é
diat, mais, si j’ose dire, transcendant et « r
é
fract
é
».Ce que r
é
sume parfaitement cette phrase de Saint Augustin, que j’aime
à
citer : « Nous qui savonsce que vous pensez, nous ne pouvons ignorer comment et en quel sens vous dites ces choses. » Lebon usage de la gnose serait ainsi de consentir
à
se laisser instruire, f
û
t-ce par des r
é
ponses
à
desquestions qui ne furent pas encore pos
é
es. L
à
se joue exactement la diff
é
rence entre la certitude et lav
é
rit
é
, et plus encore entre l’administration de la « v
é
rit
é
», qui n’est plus alors qu’une certitude,humaine, trop humaine, et la qu
ê
te de la v
é
rit
é
, le voyage vers les Iles vertes, vers le Graal…J’useraidonc du terme de gnose ( m
ê
me si je pr
é
f
è
re ceux de « Sapience » et d’ « herm
é
neutique ») en d
é
pitdes
é
quivoques et des hostilit
é
s qu’il suscite, en ce sens strictement platonicien qui distingue lagn
ô
sis de la doxa, moins d’ailleurs pour les opposer que pour les hi
é
rarchiser…De m
ê
me que Platonn’oppose pas le sensible et l’intelligible mais les distingue, en les unissant par, je cite, une gradationinfinie, la doxa, la croyance, dans une perspective traditionnelle, ne s’oppose pas davantage
à
lagn
ô
sis que la p
é
riph
é
rie d’un cercle ne s’oppose
à
son centre. La gnose est un art de l’interpr
é
tation,autrement dit un voyage odyss
é
en dont l’horizon est le Retour. L’herm
é
neutique, loin de s’opposer
à
la lettre la sauve et la couronne. En ce sens, le gnostique, l’herm
é
neute, est plus fid
è
le
à
la lettre quele litt
é
raliste, qui en use
à
des fins politiques, dans une « praxis » publicitaire parfaitement accord
é
e
à
l’absence d’esprit du monde moderne.L’
é
quivoque du mot « litt
é
rature » est du m
ê
me ordre ; il y aurait ainsi une litt
é
rature « litt
é
raliste »,r
é
duite au « travail du texte » et une litt
é
rature, si l’on ose dire « contre-litt
é
raliste », mais dont le «contre » est, pour ainsi dire, transmut
é
en un « avec », - ce que sugg
è
re l’
é
tymologie grecque du motqui d
é
signe l’
é
crivain, syngrapheus : «
é
crire avec ». L’
é
crivain, au sens non plus litt
é
raliste ounihiliste, serait alors celui qui
é
crit avec le visible et l’invisible, celui qui ne d
é
sesp
è
re pas des motsgalvaud
é
s et profan
é
s ; qui entrevoit, dans l’air mouvement
é
de ses phrases, une chance det
é
moigner en faveur du Beau, du Bien et du Vrai. Mais les plus grandes incertitudes sont ici requisesen m
ê
me temps que les belles esp
é
rances. La gnose ne saurait
ê
tre p
é
remptoire ; elle s’acheminevers la v
é
rit
é
plus qu’elle ne la d
é
tient. Certes, comme la S
î
morgh de l’admirable r
é
cit d’Att
â
r, elleest d
é
j
à
ce vers quoi elle vole, mais les œuvres sont encore les moments, les
é
tapes, les « stations »,de sa divine ignorance.
À
cette gnose accord
é
e
à
l’humilit
é
, s’oppose peut-
ê
tre une gnose arrogante, une gnose fallacieuse,mais celle-ci n’est autre que la technique moderne, qui juge de tout par l’utilit
é
, et dont nul ne sutmieux d
é
crire les ing
é
niosit
é
s controuv
é
es que Villiers de L’Isle-Adam dans ses Contes Cruels. Le
Leave a Comment