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Philippe Teisceira-LessardMathieu Gohieractualites@larotonde.ca
le 9 mars 2009actualites@larotonde.ca
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Philippe Teisceira-Lessard
C’est un public nombreux et sur- volté qui attendait les deux camps
pour l’audience de la contestationdes élections, vendredi dernier.
Plusieurs membres de l’assistance, visiblement préparés, arboraientdes affichettes ne laissant aucundoute sur leur affiliation politi-que: «Vous avez perdu, c’est fini !»proclamaient les unes, «Respectezma Constitution», protestaient lesautres, coincées parmi un public beaucoup trop nombreuse pour la
taille du local réservé.La partie défenderesse, arrivéeune fois la salle bondée, a eu droità un accueil bruyant, le public les
soutenant visiblement en majorité.Roxanne Dubois, Seamus Wolfe,Julie Séguin et Jean Guillaumeétaient accompagnés de Jason
Benevoy, leur conseiller légal. La
foule s’est tue, finalement, malgré
la tension pesante et la chaleur de la
salle de classe. Après avoir réglé une
question de procédure relative aux
temps de parole, Caroline Poisson,arbitre en chef, demande à chaquepartie si elle accepte de se soumettre
à l’arbitrage.
Coup de théâtre
Alors qu’il ne devait s’agir que
d’une question purement procédu-
rale, les quatre défendeurs se sont
levés les uns après les autres afin
d’exposer les raisons qui, selon
eux, justifiaient un retrait total du
processus. En guise de conclusion,
chacun d’entre eux réaffirmait sa volonté de se retirer de la juridictiondu Comité d’arbitrage.«Les étudiants de ce campus ont voté pour moi comme leur prochainprésident, a déclaré Wolfe, visible-ment nerveux. Je ne vais pas leurmanquer de respect et au processusdémocratique en acceptant de par-ticiper à un processus corrompu etinjuste. Les intentions derrière ces
allégations ne sont rien de plus quede voler les étudiants de leur voix.
Je ne vais pas me taire et laisser cet-te démarche injuste violer la volontéde tous les étudiants. J’ai perdu tou-te confiance dans ce processus.»
Ne faisant ni une, ni deux, lesquatre défendeurs ont allié le gesteà la parole et sont sortis de la salle
d’audience sous les affichettes bran-dies puis les applaudissements de
COMITÉ D’ARBITRAGE ÉTUDIANT
La première audience dans le cas de la contestation des élections a rapidement dérapé,vendredi, après que les quatrecandidats élus accusés d’avoir fait équipe aient quitté la salle d’audience sous les cris de leurs supporteurs.
Un vraicirque
leurs partisans, quelques-uns lessuivant même pour les féliciter.Poisson a alors demandé aux défen-
deurs de rester en place et à la foule
de se calmer, les affrontements verbaux recommençant. «Notre
position sera présentée par notre
conseiller légal, merci beaucoup»,a lâché Wolfe, avant d’inviter le pu- blic à venir s’informer de sa défense
à l’extérieur. La séance a alors été
ajournée pour cinq minutes.
Au retour des arbitres, c’estBrendan Clancy qui a pris la parole
afin d’exposer les raisons qui ont
poussé les trois arbitres à continuerl’audience de la plainte. La salle
étant encore bien remplie de par-tisans des nouveaux élus, Renaud-Philippe Garner, invité au podiumafin de livrer sa déclaration d’ouver-ture, a aussitôt été empêché de par-
ler par des slogans scandés à haute
voix. Aux «C’est fini !» scandés enchaîne ont succédé les «Fermezl’audience !» et des injures profé-
rées envers la partie défenderesse et
les arbitres eux-mêmes.
Nouvelle pause, beaucoup pluslongue cette fois, à la conclusion delaquelle la décision de poursuivre
l’audience sur la plainte est main-tenue, mais reportée à une date ul-
térieure.
Les raisons du retrait
Les récriminations de la partie
défenderesse envers le processus et
le Comité d’arbitrage qui le contrô-lait sont nombreuses et diverses.
Bien que les discours de retraitdont chacun des élus a fait part à
l’audience présentent de légères dif-férences, il n’en reste pas moins queles hypothétiques problèmes sontles mêmes.«Le processus m’a semblé légiti-me jusqu’à ce qu’on soumette notredéfense. À ce moment-là, les règles
ont volé en éclats, se défend Dubois,
reconduite à son poste de vice-prési-dente aux finances pour un deuxiè-me mandat. C’est l’accumulationd’irrégularités qui m’empêche departiciper au CAÉ», ajoute-t-elle.
Ces «irrégularités» alléguées par
Dubois et ses collègues tiennentautant de problèmes par rapport auchoix des juges que d’un supposénon respect du délai constitution-nel de dix jours pour entendre la
plainte.«Je ne pouvais pas participer à un
processus que je crois vraiment in- juste», résume Wolfe en entrevue.Dans le camps adverse, Garner
proteste contre «leurs accusations
infondées». Selon lui, les procé-dures et les principes d’équité en-
tre les parties ont été suivis. «Nos
questions et requêtes ont reçu dessuivis complets et rapides et je veuxféliciter les arbitres pour leur tra-
vail. Nous avions reçu un courriel
le 18 février détaillant le processuset la partie demanderesse a fait deson mieux pour se conformer auxrègles. »
Des «comportements irres-pectueux et belliqueux» selon
Haldenby
Au-delà de la procédure comme
telle, c’est aussi le chahut ainsi que
l’affrontement verbal entre l’audien-
ce et les arbitres pour faire dérailler
la procédure qui en a choqué plu-sieurs. Amy Kishek, par exemple, ademandé des excuses de Dean Hal-
denby, président de la FÉUO, et des
défendeurs «au nom de quiconque
aurait pu les représenter».
Sans prendre le blâme pour le dé-rapage du CAÉ, Haldenby dénoncetout de même les évènements dansun appel au calme envoyé aux mé-
dias.
«Alors que la tension montait, j’aiindiqué aux responsables de l’arbi-trage qu’il était impossible de pour-suivre, écrit Haldenby. Au nom dela Fédération, je regrette que nousn’ayons pas pu assurer un environ-nement égalitaire.» Interrogé dans
la salle d’audience, tout sourire, il
n’avait alors pas voulu commenterles évènements.Renaud Philippe Garner s’insur-ge lui aussi contre les actions du pu-
blic, en pointant pour sa part dans
une direction particulière.
«L’audience de vendredi fut une
disgrâce et une débâcle. La salle res-semblait davantage à un stade defootball rempli de partisans puérilset belliqueux. Bien que je n’aie pasété intimidé par l’abus et la colèredes partisans de la partie défende-
resse, plusieurs l’ont été, dont des
témoins », commente celui qui
n’a pu procéder à sa déclarationd’ouverture à cause du chaos quis’installait.
Photos Mathieu Langlois
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