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L'Histoire de Rani

L'Histoire de Rani

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11/04/2013

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Ceci est une version abrégée d'une histoire vraie, documentée par des archives médicales etracontée par l'écrivain Roma Tearne. La version originale du texte en anglais peut être trouvéeici: 
. 
 
Un récent rapport établi par Human Rights Watch détaille 75 cas de viols punitifs sur des lieuxofficiels et tenus secrets durant ces 6 dernières années. Si l'on tient compte des difficultésrencontrées pour enquêter sur ce genre de faits, ce chiffre n'est probablement que la pointe del'iceberg. Le rapport est disponible en français ici:
 
L'histoire de Rani
 
L'endroit est difficile a trouvé et je suis en retard.
“Je suis désolée”, dis
-je.Et je lui tends le bouquet de fleur acheté sous le coup de l'impulsion. C'est un jour du mois defévrier comme les autres. J'avais déjà fait le chemin jusqu'à Londres pour ce rendez-vous maisen arrivant à la station le doute me saisis et j'achetais quelques jacinthes.La jeune fille que je suis sur le point de rencontrer, à 26 ans, et parce que je suis moi-même sri lankaise, son histoire m'intéresse. Je dois tout de même avouer que je redoutais cetentretien. Alors, comme un cadeau incertain, une marque de respect, je lui achetais des fleurs,bleu comme le ciel des tropiques, parfumées comme l'air de son enfance perdue.
“Raconte moi” lui d
emandais-je, refusant de penser à l'endroit où je me trouvais,
“depuis le début”. Elle ne
le peut pas, comme tous souvenirs, les siens arrivent par fragments,comme de vifs éclats, hésitants retours-en-arrière d'avoir été racontés encore et encore.
“Ils les ont tué” dit
-elle tandis que j'attends.Ils étaient six, aujourd'hui il n'y a plus qu'elle.
“Le neuvième jour du septième mois de l'année dernière”, me raconte
-elle les yeux
fermés, les bras enroulés autour d'elle, “ma tante m'a téléphon
é et m'a annoncé que ma
maison avait été incendiée. Elle m'a avoué que ma mère et ma sœur avaient été brûlées viv
es.
A mon retour, tout ce qu'il restait c'était leur squelette”. Elle
débutait avec seulement cela entête. Dehors, sur une rue passante du nord de Londres, une sirène retentit, s'éloigne puiss'éteint enfin.
L'histoire de Rani commence en 2004 alors qu'elle avait 17 ans, Rani était l’aînée de
quatre enfants, dont tous, tout au long de leur jeune existence avaient connu les violenceslocales entre les forces armées sri lankaises et les Tigres de Libérations de l'Îlam Tamoule(LTTE, un mouvement séparatiste sri lankais).
 
Et lorsque, ce soir fatidique de 2004, un homme simplement connu de la famille commel'
“oncle” est venu chez eux, monta les marches pour s'asseoir sous la véranda e
t demanda del'aide pour la cause des LTTE, ce fut Rani, l'idéaliste passionnée qui sortit de l'ombre pour offrirson aide. C'était un soir comme les autres alors que le laurier
fleurissait. La petite sœur de Rani
avait 14 ans, ces deux frères étaient encore un peu plus jeunes.Peu après, elle était enrôlée par les forces du mouvement résistant tamoul et utiliséecomme une sorte d'espion, alors qu'elle ne comprenait pas réellement le sens de ce qu'ellefaisait. Les LTTE lui avaient trouvé un travail pour une organisation non-gouvernementale. Sontravail consistait à se rendre sur les lieux ravagés par la guerre pour enseigner des mesuresbasiques d'hygiène et de santé. Elle assistait les docteurs dans des camps médicaux, etcomplétait, au même moment, son niveau A.
 
En 2007, les événements prirent une tournure plus sinistre. Les LTTE établirent
l’enrôlement
obligatoire d'enfants soldats au cours de l'élaboration de la phase finale de la
guerre. Un enfant au moins par famille, voilà ce qu'ils demandaient. “Combien de temps a
-t-il
fallu” me lançais
-
 je “avant que tu ne réalises que tes frères avaient été recrutés?”
 A cela, Rani rejeta sa tête en arrière et j'attendais que la tempête se calme. Le bruitque j'écoutais ne peut pas simplement être décrit comme larmoyant. Il était trop sauvage, tropprimitif, trop pénétrant. Quand enfin elle se remit à parler, elle décrivit le soir où ses frèrespartirent main dans la main en soutien mutuel. Aucun d'eux, dit-elle, n'a jamais été revu.En 2008, les hostilités entre l'armée sri lankaise et les LTTE se déplacèrent loin du nord est del'île et Rani perdit tout contact avec les rebelles.Le temps passa et la guerre pris fin, officiellement du moins. La famille de Rani luimanquait terriblement et en avril 2011, elle décida de retourner chez ses parents. Peu detemps après son retour, elle fut arrêtée par les forces intelligentes sri lankaises, le CID. Ils lagardèrent emprisonnée pendant 10 jours.
“Ils m’ont horriblement torturée” soupire t
-elle, le café apporté pour elle, n'a toujourspas été touché et est de plus en plus froid.Je reste silencieuse, incapable de prononcer les questions pourtant suspendues
à
mes lèvres,
l’interprète lui demanda
à ma place. Oui, elle a été battue, oui elle a été violée, à plusieursreprises. En guise de torture ils lui coupèrent son gros doigts de pied, me raconte-elle alors que
 je secoue la tête d’impuissance.“Ils hantent mon esprit” pleure t
-
elle du plus profond d’elle
-même.
Avec l’aide d’un avocat et d’un représentant parlementaire,
son père obtenu salibération.
Elle fut admise à l’hôpital pendant un mois, période pendant laquelle
sa mère tenaitsa fille dans ses bras et la berçait jours et nuits. La seule chose dont Rani se souvient de cette
période, c’est le confort des bras de sa mère, la tendresse d’une femme réconfortant sonenfant. Alors qu’elle se souvient, Ran
i commence à se bercer également.Elle sortit f 
inalement de l’hôpital, brisée. Elle mangeait à peine, ne pouvait trouver le
sommeil et les flash-back
qui commencèrent ne la lâchèrent plus. Le docteur qu’elle voyait lui
répétait « oublie le passé ». Elle ne le pouvait pas. Ce qui avait été fait, ne pouvait être défait.Aprè
s sa sortie de l’hôpital, Rani
devait pointer au poste de police chaque semaine maiscette épreuve s'avérait incroyablement pénible. Là bas, les hommes lui tiraient les cheveux, semoquaient d'elle et parcouraient abusivement son corps avec leurs mains. Une quelconquerésistance aurait envenimé la situation. Elle essaya, à un moment donné, de convaincre son
père de l’autoriser
à arrêter ces humiliations périodiques. Impuissant, il lui répondit que
c’était impossible, à moins qu’il ne
déménage tous quelque part d'autre. Plus tard, un matinlumineux de novembre, en chemin pour le travail il fut enlevé. Il était surveillé depuisquelques temps déjà en raison des liens de sa fille avec les LTTE. Le même jour, ilsretrouvèrent son corps meurtri et ensanglanté abandonné près de la mer.
“ Tout ceci est de ma faute” pleura Rani à nouveau. «
Ils le tuèrent à cause de moi ».Son père était le plus gentil des hommes, se souvient-elle. «
J’aurais voulu mourir après
ça.
J’ai essayé de m’empoisson
ner
 
mais ma mère m’en empêcha
».Elle ajouta ensuite, sordidement «
si j'étais morte, ma mère et ma sœur seraient
toujours en vie. »Après la mort de son père, Rani, désormais accompagnée par son oncle, continua de signerauprès des autorités sri lankaises. En mai 2012, elle ne pouvait plus supporter les abus. Samère inquiète pour sa santé, organisa, une nouvelle fois, une planque où se cacher àTrincomalee.

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