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Lettre ouverte d’une femme de gendarme aux forces de l’ordre

Lettre ouverte d’une femme de gendarme aux forces de l’ordre

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Lettre ouverte d’une femme de gendarme aux forces de l’ordre - Le Salon beige - avril 2013
Lettre ouverte d’une femme de gendarme aux forces de l’ordre - Le Salon beige - avril 2013

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Lettre ouverte d’une femme degendarme aux forces de l’ordre
Le Salon beige 
avril 2013
Lettre ouverte d’une femme de gendarme aux forces de l’ordre pré- sentes à la manifestation du 24 mars 2013, à Paris :
 Je ne m’adresse pas ici aux autorités supérieures qui commandentles forces de l’ordre; leur responsabilité dans le mauvais déroulementde cette manifestation a déjà été prouvée; des centaines et des cen-taines de photos, de témoignages et de vidéos sont là, qui attestentleurs fautes professionnelles : sous-estimation du nombre des manifes-tants, insuffisance des moyens mis en œuvre, ordre inique d’aspergerde gaz lacrymogène des innocents. Non, je m’adresse simplement auxgendarmes mobiles, aux CRS et aux policiers qui ont appuyé sur lesboutons des gazeuses, à ceux qui ont donné les coups de matraque,ceux qui ont fait la sale besogne.Premièrement, je dois vous dire qu’il était absolument impossible dene pas déborder. J’étais tout en haut de l’avenue de la Grande Armée,à droite du podium, à l’heure et à l’endroit où les premières barrièresont lâché. Nous étions comprimés par la foule qui poussait derrière. J’ai vu l’instant mes enfants allaient être piétinés. .. Nous avons étépoussés vers l’avant. Heureusement quelqu’un a ouvert une barrière!Nous avons alors été propulsés comme un bouchon de Champagne! ... Après cela, nous nous sommes mis en retrait, appuyés sur les grillesqui encerclent l’Arc de Triomphe, là la foule ne poussait pas, letemps de reprendre nos esprits, sans savoir que, pour avoir échappéau piétinement d’une foule, je serai qualifiée d’extrémiste, d’activisteet de
facho 
.1
 
 Je vous pose une première question : alors que nous avons failliêtre écrasés, ne deviez-vous pas ôter vous-mêmes les barrières? Desmanifestants l’ont fait (honneur à eux!), mais c’était à vous de le faire! Avant de poursuivre, permettez-moi une petite précision : nos en-fants sont venus le 24 mars parce que la manifestation du 13 janvieravait été « bon-enfant » et que vous étiez ! Certains ont osé parlerd’irresponsabilité, quand la seule que nous ayons pu avoir, à la rigueur,est de vous avoir fait confiance.En effet la deuxième chose que j’ ai à vous dire est que nous sommesprofondément blessés parce que vous nous avez trahis : au début, jecroyaisdurcommeferquevousnousprotégeriez,quevousétiezpourmaintenir l’ordre. Je savais bien que vous deviez obéir et, intérieure-ment, je vous plaignais. Peu à peu j’ai découvert sur vos visages la ten-sion, la peur, la panique! Je vous croyais très forts psychologiquement,préparés à ce genre de situation dure et j’ai dû me rendre à l’évidence : vous étiez « débordés », non pas par les manifestants, mais par vous-mêmes; vous avez perdu votre
self-control 
. Quand on est capable deperdre le contrôle de soi, on ne devrait pas être armé. Votre expériencede dimanche ne remet-elle pas en cause votre capacité à exercer cemétier? C’est ma deuxième question. Réfléchissez-y en conscience.Mais enfin, quand j’ai vu le zèle, l’ardeur et, pour certains, la sa-tisfaction avec lesquels vous vous êtes acharnés sur des enfants, desfemmes, des personnes âgées sans défense et inoffensifs... une autreévidence s’est imposée à moi : vous ne vous contentiez pas d’appliquerles ordres, vous étiez devenus complices! Mes enfants vous ont vu, etmon fils, dont la vue ne sera vraiment rétablie que dans un mois, adit l’ophtalmologiste — petit souvenir de votre obéissance aveugle! Etils sont la France de demain! Nous les avions naturellement éduquésdans la confiance à l’égard des forces de l’ordre. Mais c’est fini; poureux, vous êtes à présent des ennemis! Et pour nous, leurs parents, quisavons que tous les gendarmes ne sont pas comme vous, nous vousaccusons de faire rejaillir votre honte sur tous ceux qui exercent digne-ment ce métier! C’est la troisième chose que je voulais vous dire.Pour finir je me contenterai d’un conseil, un tout petit conseil : nemontrez jamais ces photos et ces vidéos à vos propres enfants! Ce n’estguère glorieux pour un fils ou une fille de voir son propre père bourreaude faibles innocents. Jamais!... sauf si, devant eux, la honte pouvaitenfin dessiller vos yeux.2

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