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PREFACE
Si la ville de ROSCOFF s'est choisi récemment devise « La Mer au Futur », elle n'oublie pas pour autant que l'histoire dece « vieux trou de flibustiers » « vieux nid à corsaires », selon le poète Tristan Corbière fut depuis les temps les plusreculés, liée à la mer.Or, chez les « gens de mer », solidarité et courage sont des vertus innées, mais par trop souvent méconnues, hélas, dugrand public.Plaisancier à ses heures, nul caillou n'a de secret pour lui, de la baie de Morlaix à la Cornouailles anglaise.En charge de très hautes fonctions à la tête de la Société nationale de sauvetage en mer, héritière de nos sympathiqueshospitaliers sauveteurs bretons, il est au fait de tous les rouages de ce type d’œuvres à caractère humanitaire.Deux bonnes raisons pour le Dr Pillet - qui avait déjà su capter notre attention à travers un ouvrage qui fait autorité dansle monde maritime - pour retracer, par le détail, dans le style alerte et concis qui est le sien, la vie si attachante de laSociété de sauvetage de Roscoff qu'il a si bien connue.Quelle histoire passionnante de la vie courageuse de nos marins que ce récit très vivant, émaillé d'anecdotes permettantde renouer avec le souvenir de Roscovites illustres et de rendre hommage, à travers eux, aux sauveteurs de tous lesâges.Nul autre que
Jean PILLET
ne pouvait se faire meilleur narrateur de cet inlassable dévouement propre à nos angesgardiens des mers.Quel bel exemple de civisme et d'abnégation en vérité dans un monde où trop souvent hélas, l'égoïsme est roi !...
Michel MORVAN
Maire de la ville de Roscoff Conseiller régionalPrésident de la Société de sauvetage de Roscoff Année - 1989
AVANT PROPOS
Le livre « Le sauvetage au temps des avirons et de la voile » paru en août 1986, avait été écrit avec la pensée suivante :« laisser à chaque station, la possibilité d'écrire sa propre histoire ». Et voilà que je suis pris à mon propre « piège ». Amer haute, les bernaches, ces oies noires à l'élégant petit collier de perles fines, blanches, batifolent sous mes fenêtres,présentant mille facettes différentes levant un peu ma plume, je les compare au sujet que j'ai à traiter.Mon texte aura-t-il leur élégance, leur calme, leur précision de mouvements, leur diversité, car il faudra qu'il intéresse deslecteurs d'origines très différentes. Aussi, ai-je essayé de retracer de mon mieux la vie de ces canotiers de sauvetage quisont eux aussi, à leur manière, des oiseaux de mer.Les « gens de la Côte » le savent bien. Tout homme de mer risque d'être confronté un jour ou l'autre à la mer cruelle,mangeuse d'hommes, soit comme sauveteur, soit comme marin de métier ou d'occasion, en grand danger de devenir naufragé.Ce travail a d'abord été écrit pour les familles de Roscoff qui retrouveront avec plaisir et fierté les noms d'anciens ou degrands anciens de chez eux.Ces hommes, chers Roscovites, vous ont légué leur passé courageux, fait de devoir accompli dans le respect de lagrande tradition maritime, l'entraide entre gens de mer.
 
Il n'était pas question d'une part, de s'écarter des textes d'archives, à savoir les rapports établis après chaque sortie par le patron : car, inventer des conversations ou des répliques ce n'est plus de l'histoire, mais du roman et d'autre part, iln'était pas question non plus de ne mettre en avant que des sauvetages particulièrement difficiles, en renvoyant en fin detexte des sorties semblant être de routine.Peut-on dire que ces dernières, qui arrachaient ces hommes de leur travail ou de leur modeste confort à terre, pour les jeter comme bénévoles, au large dans le danger et le froid sont moins valables !Elles seront donc en place chronologique souvent indiquées seulement par la date et le nom du navire assisté ou sauvé.Et à côté des familles de Roscoff, dont font partie beaucoup d'estivants, il y a les touristes, les scientifiques de la Stationbiologique, les plaisanciers de passage, les curistes, les visiteurs qui connaissent le musée de Port-Louis où se trouveexposé le vieux canot de sauvetage à avirons de Roscoff, construit en 1897 et remis à neuf. Aussi mon souhait est-il quechaque lecteur, de Roscoff ou non, jeune ou moins jeune, puisse comme nos bernaches qui choisissent leur petite alguepréférée, trouver dans ce texte les passages qui répondront le mieux à l'intérêt qu'ils portent aux choses de la mer.
1 - Fondation de la station de sauvetage de Roscoff 
Pilier Ouest de la baie de Morlaix, la ville de Roscoff a les pieds dans l'eau, le nez au vent, et est assise sur un jardinpotager, qui depuis toujours donne des productions de premier choix.Pendant longtemps, elle a exporté ses oignons de l'autre côté de la Manche, grâce à ses Johnny, dont l'histoire est bienconnue. La pêche la faisait vivre avec de nombreuses petites unités et, son port, quoique à sec, à marée basse, commebeaucoup d'autres en Manche, était utilisé par toutes sortes de cotres, chasse-marée, goélettes, pour le transport debois, charbon, ciment, sable, etc.Sans oublier la récolte du goémon.C'est dire que son activité maritime était intense ; or, c'est bien connu la mer est de mauvais caractère quand le vent latourmente. « Par le calme ma petite sœur aussi navigue », ce vieux dicton des anciens de la voile ne doit pas être oubliépar nombre de jeunes qui naviguent pour leur plaisir et non pour leur gagne-pain, qui certes acquièrent une certaineexpérience de la mer par temps maniable, mais peuvent se trouver « piégés » un jour ou l'autre.Le clocher de fine dentelle de l'église, si beau à voir, a dû être regardé dans le passé bien des fois par des capitaines oupatrons de pêche en détresse, comme une bouée de sauvetage qu'il fallait atteindre impérieusement pour sauver leur vie.C'est dire que le sauvetage est un chapitre important de l'histoire de Roscoff.Bien sûr, il y a toujours eu des tentatives locales, personnelles, et isolées, pour tenter de sauver des vies.Mais le « sauvetage à bras d'hommes » n'a pu être tenté, surtout dans les pires conditions, qu'à partir du moment où dessociétés de sauvetage ont été créées et ont mis en place des canots spécialement étudiés, et construits pour cet usageexclusif.La plus ancienne société de sauvetage en France, est la « Société humaine et des naufrages de Boulogne », fondée en1825. Mais c'est à partir de 1865, année de la fondation de la « Société centrale de sauvetage des naufragés », présidéepar l'amiral Rigault de Genouilly, qu'un immense effort a été fait pour doter toutes les côtes de France d'un réseau deprotection efficace avec des équipages entraînés.La station de Roscoff a été fondée en 1866 dès la seconde année de la création de la « Société centrale de sauvetagedes naufragés ».Voici ce qui a été écrit à l'époque : « La maison abri a été construite aux frais des Ponts et Chaussées et remise à laSociété le 12 février 1867. Situé sur le quai Sud et orientée parallèlement au rivage, ce qui est un défaut ».La cale de lancement est une pente empierrée assez rudimentaire qui a dû être améliorée à plusieurs reprises, mais unressaut brusque qui la termine devrait disparaître. A marée basse, le port assèche complètement, mais grâce à la fermetédu sol et à la vaillance de la population maritime, le lancement reste toujours possible et s'effectue même rapidementdans toutes les circonstances.La route se prête à un transport par chariot attelé de deux chevaux. Roscoff a toujours été une station modèle à tous lespoints de vue.
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06 / 21 / 2011This doucment made it onto the Rising List!
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