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Jean-Marie Leclézio : l'ignorance a facilité des abus

Jean-Marie Leclézio : l'ignorance a facilité des abus

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Published by Catherine Boudet
Catherine Boudet, Jean-Marie Leclézio : l'ignorance a facilité les abus, Journal du Samedi n°104 du 28 janvier 2012.
Catherine Boudet, Jean-Marie Leclézio : l'ignorance a facilité les abus, Journal du Samedi n°104 du 28 janvier 2012.

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Categories:Types, Research
Published by: Catherine Boudet on Apr 07, 2013
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Me Jean-Marie Leclézio : « Les concessions n’étaient pas des dons deterres. Elles étaient accordées au nom du Roi pour la mise en culture etsouvent, pour une période limitée »
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LES CONCESSIONS
PAGES 6-7
 
LE JOURNAL 
NO 104 - DU SAMEDI 28 JANVIER AU VENDREDI 3 FÉVRIER 2012- RS 15
 
Cover stor
06
No104 28 JANVIER 2012
POSSESSION DE DROGUE
L
ors d’une patrouille sur la place de l’Immigration le mardi 24 janvier à13h45, des policiers ont arrêté un homme de 31 ans qui était enpossession d’une fiole qui semblait contenir de la ‘méthadone’.L’homme est détenu pour possession illégale de drogue.
LES TERRES ET LEUR HISTOIRE
 Jean‑Marie Leclézio :« Lʼignorancea facilité les abus »
L’histoire des concessions, les ancêtres des terres à bail, est encore méconnue. Cette ignorance a des conséquences graves aujourd’hui,comme le problème de dépossession des terres mis en avant par le rapport de la Commission Justice et Vérité. Une étude menée par unjuriste, Me Jean-Marie Leclézio, vient apporter un éclairage inédit sur le régime des concessions et ses conséquences.
CONTRAIREMENT AUXidées reçues,
«les concessions n’étaient pas des dons de terres» 
, fait ressortirMe Jean-Marie Leclézio. Ce juriste travaille actuellementsur l’histoire des concessions,qui sont les «ancêtres» desterres à bail.
«Nous sommes encore largement ignorants dustatut que les terres avaient par le passé. Et pourtant, ce statut détermine encore nos représentations contempo- raines» 
, souligne Me Leclézio.La question des terres estactuellement au coeur deplusieurs dossiers chauds : ledossier des fausses prescriptionssoulevé par la Commission Justice et Vérité (CJV), la déforestation qui met endanger l’approvisionnement dela Mare aux Vacoas, le manquede planification d’undéveloppement que l’onvoudrait
«durable»…
Et si le dénominateurcommun, le nœud à la racinede ces problèmes, c’était la façon dont nous nousreprésentons la terre et surtout,la propriété de la terre ?Déjà, quand on considèreles cas de prescriptions abusivesou frauduleuses, on constatecombien «
la méconnaissance de l’histoire juridique des terres, de l’évolution des statuts de la terre, a des conséquences  graves aujourd’hui 
», martèle Jean-Marie Leclézio.
«D’abord, parce qu’elle a facilité et entraîné ces abus, mais aussi  par rapport à l’occupation des sols, cette ignorance hypothèque l’avenir» 
.Ce qui se vérifie quand onexamine les comportementsd’aujourd’hui face à l’environnement.
«Au début de la Colonie, il s’agissait d’abattre des arbres et de faire fructifier la terre pour pouvoir s’installer,mais maintenant c’est l’opposé,il s’agit de reboiser et de  préserver» 
, observe le juriste.
MENACE ÉCOLOGIQUE
«Or, on continue de se comporter comme les colons de l’époque, en continuant à déboiser et à arracher.» 
Ducoup, si Maurice rencontre desmenaces écologiques,Rodrigues est déja en état decatastrophe écologique, à causede la déforestation, de l’érosionet de l’extinction des espècesendémiques.Il serait donc urgent de sepencher sur l’histoire de la propriété foncière et desreprésentations de la terre,pour mieux conscientiser la population et sensibiliser lesdécideurs à la recherche desolutions pour préserver la qualité de vie.
«Il faut une réflexion sur la revalorisationdu sol et de la nature. Pour cela, il est important de connaître l’histoire des terres.Car la valeur des terres change à travers l’histoire » 
, affirme Me Jean-Marie Leclézio.Il observe que l’esprit danslequel avaient été accordées lespremières concessions, au 18esiècle, respectait un certainsouci de développementdurable, en particulier l’idéeque l’humanité a la responsabilité de veiller au bonusage des terres et à leurtransmission aux générationsfutures. Ainsi, lesconcessionnaires avaientobligation de conserver unepartie de leurs terres en forêts(voir page 7). Jean-Marie Leclézio s’estdonc penché sur l’histoire juridique des concessions. Il estdonc intéressant de mettre sa recherche en perspective aveccelle de la CJV, dont le rapportparu en décembre dernieraborde aussi la question desterres dans son volume 2.Soulignant que
« le contrôle de la terre a toujours été unenjeu central et une source latente de conflits» 
, le rapportde la CJV aborde plutôt la question sous l’angle desdépossessions de terres.L’analyse de Jean-MarieLeclézio va plus loin, apportantun éclairage juridique sur lesconséquences du régime desconcessions, et de sonévolution, sur la transmissionde la propriété foncière. Il vientmontrer notamment que,selon les différentes époques(période de la Compagnie desIndes, la période post-révolutionnaire et la périodeanglaise) où les concessions ontété octroyées, cela n’aura pas lesmêmes conséquences sur la possibilité pour les descendantsdes concessionnaires d’enréclamer la propriété.
NOUVELLES PISTES
 Ainsi, les changements destatut des terres obtenues enconcession durant la périodefrançaise, du fait de la parenthèse révolutionnaire,rendent plus compliquées lesrevendications par les héritiers,comparées à celles qui ont étéobtenues pendant la périodeanglaise, comme c’est le caspour la famille Bégué parexemple.
«C’est une chance, du point de vue juridique, que leur concession ait été octroyée durant la période anglaise» 
,estime Me Leclezio.
«Car ainsi ils échappent à la  problématique des concessions françaises obtenues sous l’Ancien Régime français, et ayant subi les conséquences de la Révolution et de la  proclamation du Code Civil.Du coup, c’est un cas exempt de vices potentiels.» 
Dans le sillage du rapport dela CJV, ces réflexions de nature juridique viennent ainsidessiner de nouvelles pistes derecherche possibles sur cettequestion des terres et desconcessions.
B C
Me Jean-Marie Leclézio mène actuellement une recherche surl’histoire juridique des terres à Maurice.
«Au début de laColonie, il s’agissait d’abattre des arbres(...) mais maintenant c’est l’opposé, il  s’agit de reboiser et de préserver

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