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LA GUERRE DU FAIBLE 
ASYMÉTRIE
Cette notion s’emploie en biologie, en logique,voire en économie (l’asymétrie d’information entrevendeur et acheteur). Elle nous intéresse ici ausens stratégique acquis dans la décennie 1990.L’asymétrie ne doit pas se confondre avec la dissy-métrie, simple disproportion des forces ou desqualités entre deux acteurs.Dans le conflit asymétrique, les adversaires n’ontni le même statut, ni les mêmes critères de victoireou de défaite, ni les mêmes règles et méthodes, nin’emploient les mêmes moyens, en particuliertechnologiques, bref n’ont rien de comparable. Lenouveau concept s’oppose surtout à la notion deguerre « conventionnelle ». Terrorismes, guérillas,désordres mafieux (suscitant par exemple une« guerre à la drogue » jamais gagnée), conflitsdans les zones de non-droit…, sont des conflitsasymétriques. Ils opposent un « fort », générale-ment les États-Unis ou des États incarnant lamondialisation et la modernité, à des faibles quin’ont aucune chance de l’emporter de façon clas-sique. Dans une confrontation forces contre forces,armées contre armées, économie contreéconomie, ils auraient vite perdu. En revanche, lefaible est capable d’infliger au fort un dommage enatteinte à son image ou à son moral, d’humiliationsymbolique ou de désordre contagieux. Il ne« gagne » pas quelque chose (comme un territoireou un marché) mais inflige une perte insupportablesur un autre terrain.Une stratégie asymétrique peut être violente etostensible : c’est le cas du 11 Septembre ou des
 
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décapitations d’otages filmées. Mais elle peut toutaussi bien consister dans l’exhibition de safaiblesse (une victime, un enfant face à un tank),voire en recours à la non-violence. L’asymétrie estautant de l’ordre de l’information que de celui desforces. Ainsi, le terrorisme est par définition le faitd’organisations secrètes (si elles sont visibles enpermanence, cela devient une révolution ou uneguérilla) qui combattent des adversaires visiblesvoire surexposés, tel l’État ou encore des symbolesde puissance du type
Twin Towers.
Le principe de stratégie asymétrique tend plus àdevenir la règle que l’exception ; il révèle undouble paradoxe. Sur le plan militaire, il fait de lasupériorité matérielle un handicap politique etpsychologique : à quoi sert d’avoir des missilesintelligents ou des satellites pour traquer un kami-kaze dans un autobus ? Dans le domaine desconflits idéologiques ou politiques ce sont lessymboles mêmes que célébraient les partisans dela mondialisation heureuse qui deviennent desarmes asymétriques au service de sesadversaires : les nouvelles technologies, lesréseaux, les images sans frontières… La notion deconflit asymétrique change les règles de l’affronte-ment et interdit de le limiter à un seul domaine.
La citation
de B. Courmont :
« L’asymétrie consiste àrefuser les règles du combat imposées par l’adversaire,rendant ainsi toutes les opérations totalement imprévisibles. »
Le livre
: B. Courmont et D. Ribnikar,
Les guerresasymétriques
, PUF, 2002.
 
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CATASTROPHE
Le mot évoque un malheur, une destruction due àdes causes naturelles ou accidentelles. De telsévénements ont toujours scandé l’histoire ; dès leXVIII
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siècle, avec le désastre de Lisbonne de 1755qui fait vingt mille victimes ou l’explosion de lapoudrerie de Paris qui en tue mille en 1794, on réflé-chit sur le sujet. Pourtant aucune époque autant quela nôtre n’a mis la catastrophe au centre de sespréoccupations. Ainsi le tsunami asiatique de la fin2004 est apparu à beaucoup, après le11 Septembre, comme l’échec de la modernité : pasplus que le fanatisme ne disparaissait, notreimmense pouvoir technique ne nous permettrait nide maîtriser le péril, ni de le prévoir. Par ailleurs,nombre de catastrophes qui ont marqué les esprits(Amoco Cadiz, Bhopal, Tchernobyl) ont nourri l’idéequi débouchera sur celle du développementdurable : nous devons avant tout minimiser lesdommages et les dangers que nous laisserons enhéritage aux générations suivantes. Surtout ceuxqui résultent du développement économique. Onpasse ainsi insensiblement de la notion d’un progrèscontinu à l’idéal de faire, d’encourir ou de faireencourir le moins de mal possible. Pour ne pas direde ne rien faire d’irréversible. Éviter le pire, plutôtque chercher à créer le meilleur des mondes.Si on les examine en détail, les catastrophes quinous préoccupent sont hétérogènes :
naturelles
(de type inondation, tremblement deterre ou canicule ou autres phénomènes qui onttoujours existé mais qu’aggrave parfois la con-centration de l’habit humain).
écologiques
résultant de l’épuisement d’une res-source ou d’une pollution, les plus célèbresn’étant pas nécessairement les plus mortelles.Ainsi deux des catastrophes qui ont provoquéles plus grandes paniques, Seveso et celle de la
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