mouvement, directement (danse, pantomime, direction d’orchestre) ouindirectement (sculpture, peinture, photographie), ou des arts hybrides (théâtre,opéra, arts audiovisuels, art multimédia, performances, parmi lesquelles onpourrait compter l’art oratoire).Ce bref aperçu des multiples domaines d’investigation et les référentsthéoriques qu’ils supposent peuvent laisser augurer une dispersion desapproches et un éclatement du point de vue. Quel peut-être l’apport desthéorisations sémiotiques dans les études sur la gestualité ? Viser la
semiosis
quiopère dans la saisie de mouvements corporels dans un espace-temps, c’estreconnaître des gestes comme des formes interprétables, qu’elles soientproduites intentionnellement ou non, contrôlées ou automatisés, codifiées ounon, instrumentalisées ou non.A l’occasion du cinquantenaire de la naissance de l’IASS/AIS, nous repartironsdes réflexions menées dans ces mêmes années du début de l’association,notamment avec un numéro de la revue
Langages
, dirigé par A. J. Greimas, surles
Pratiques et langages gestuels
(juin 1968). Greimas, dans son articleintroductif (repris dans
Du sens
, 1970) y pose d’entrée de jeu le problème de la
semiosis
, comme celui de la « relation sémiotique entre l’expression et lecontenu », en rappelant les contraintes exercées par les propriétés du corpshumain spatialisé, volume constitué en figure dans le monde. Il s’interroge d’unepart sur la
praxis
gestuelle, c’est-à-dire la production, par le corps, demouvements organisés et programmés selon un projet, déterminéculturellement, d’autre part sur la
semiosis
, qui devient alors la relation entreune séquence de gestes, prise comme signifiant, et le projet, pris commesignifié. L’analyse, de type morphématique, est ainsi orientée par une définitionde la gestualité comme « une présence au monde signifiante ». Dans une autreintervention, Julia Kristeva, en se tournant vers les travaux des ethnologues surles conceptions de la parole et du langage en Afrique ainsi que vers la kinésique(Birdwhistell), cherche à sortir du modèle phonologique-sémantique pourappréhender la gestualité comme une
pratique
sémiotique, dont la fonction,promue au titre de fonction de base, est dite
anaphorique
, d’indication d’action etde relations. Peirce, qui n’est pas convoqué dans cette réflexion, y aurait uneplace centrale.Nous proposons donc de centrer la session thématique sur les notions de
praxis
et de
semiosis
, en marquant une ouverture, une extension, selon lestermes de J. Kristeva, dans les directions suivantes, et en postulant un rapportde sens - invariable dans son fondement mais soumis dans ses manifestations àdes variables culturelles - entre l’effectuation, la représentation, la figuration dugeste (action, conception et conceptualisation, formulation et formalisation) :Gestes, langage et langues ;Gestes et communication interculturelle ;Gestes et techniques ;Gestes et rituels ;Gestes et arts.
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