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Instrumentaliser La Science

Instrumentaliser La Science

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01/12/2014

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JEUnESSEEDUCATiOnEMPLOi
EnSEiGnEMEnTSUPERiEUR
www.ceru.fr
LAbORATOiRE D’iDÉES SUR L’ÉDUCATiOn ET LA JEUnESSE
I
34 RUE EMiLE LAnDRin 92100 bOULOGnE
U
0178164030
CERUCERU
JEUnESSEJEUnESSEÉDUCATiOnÉDUCATiOnEMPLOiEMPLOi
 
EnSEiGnEMEnT SUPERiEUR
   L   E   L   A   b   O   R   A   T   O   i   R   E   D    ’   i   D    É   E   S   S   U   R   L    ’   E   D   U   C   A   T   i   O   n   E   T   L   A   J   E   U   n   E   S   S   E
istrumetalser la scece pour predrele pouvor das les uverstés ?
Auteur
Depuis quelques mois, les Assises de l'enseignement supérieur et de la recherche (ESR)ont aiguisé l'appét de nombreux mouvements souhaitant profiter de la loi ESR pour sefaire une place au sein des universités.Un regroupement hétéroclite d'associaons d'éducaon populaire, d'associaons étudiantes, de personnalités universitaires et de laboratoires s'est constué sur le modèledes alliances scienfiques. Le mot d'ordre de cee
«Alliance sciences société»
: se faireune place dans les instances de gouvernance des universités, créer une
« démocraescienfique »
, conférer aux universités une responsabilité sociétale et leur confier pourmission de coordonner les acteurs liés à la culture scienfique, à la vie étudiante et auxsavoirs.
Contexte
TT
RibUnERibUnE
Sila responsabilité sociale des entreprises(RSE) est bienconnue,la responsabilité sociétale ou sociale desuniversités(RSU)émergepeuàpeu depuis 2006
avril 2013avril 2013
La resposalté socétale de l'uversté : u cheval de Troe
Si la responsabilité sociale des entreprises (RSE) est bien connue, la responsabilité sociétale ou sociale des universités (RSU) émerge peu à peu depuis 2006, à l'iniaved'associaons étudiantes et d'éducaon populaire.
« La Responsabilité sociétale des universités, concept inialement porté par l’Afev, signifie l’intégraon par les universitésde toutes les préoccupaons culturelles, sociales, économiques et environnementalesdans leurs acvités et leurs relaons avec le monde du travail, les collecvités territorialeset les autres composantes de la société. Ce qui permet d’allier la formaon de citoyensresponsables au développement des territoires par les universités. »
1
Cee curieuse définion est celle donnée par le très récent observatoire de la responsabilité sociétaledes universités (Orsu), inié par l'Afev et lancé en octobre 2012.
Mas que se passat-l doc e octore 2012 ?
C'était la dernière ligne droite des Assisses de l'enseignement supérieur et de la recherche, préparant la nouvelle loi sur la recherche et les universités. Lancée en juillet,
Cassadre
Pseudonyme d’un ancien membre de cabinet ministériel, spécialiste des quesonsde vie associave.
1
- Rapport de l'observatoire de la responsabilité sociétale des universités (Orsu), mars 2013.
 
LAbORATOiRE D’iDÉES SUR L’ÉDUCATiOn ET LA JEUnESSE
I
RÉPLIQUE
I
CERU
I
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www.ceru.frwww.ceru.fr
ENSEIGNEMENTENSEIGNEMENTSUPERIEURSUPERIEURÉDUCATIONÉDUCATIONJEUNESSEJEUNESSEEMPLOIEMPLOI
CERUCERU
   L   E   L   A   B   O   R   A   T   O   I   R   E   D   ’   I   D    É   E   S   S   U   R   L   ’   E   D   U   C   A   T   I   O   N   E   T   L   A   J   E   U   N   E   S   S   E
Une reconnaissanceexpress...le discoursse mueenespérance de« démocraescienfique»Le citoyen, qui semble avoir lascienceinnée, exercerait-il alorspleinement sonrôlededécideur.Une décision dupeuplepourle peuple.
la concertaon s'achevait les 26 et 27 novembre. La naissance de cee iniave, en ceefin de concertaon, ne devait donc rien au hasard : elle voulait obtenir une place dans lerapport final des Assises. D'ailleurs, l'Orsu n'est pas la seule structure à voir le jour encee fin d'année pour peser dans le débat. Le carnet rose du mois de novembre rapporteégalement la créaon d’une certaine
 Alliance sciences société
, dont l'Afev est membrefondateur.
2
Quelques jours plus tard, est organisé dans le cadre des Assises un colloque sur la responsabilité sociale et territoriale des universités à l'IUT de Tarbes. On retrouve en tribune l'Afev et l'
 Alliance sciences société
, aux côtés du cabinet de la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche et d'un membre du comité de pilotage desAssises
3
. Une reconnaissance express…
Etre le déat sceces – socété et la RSU, l 'y a qu'u pas : la démagoge.
L'
 Alliance sciences société
, lors de sa créaon, veut peser sur la future loi ESR. Au départelle rassemble des acteurs préoccupés par l'avenir et la gouvernance de la culture scienfique et technique.L'université est l'un des nombreux acteurs qui œuvrent à la diffusion des savoirs, en complémentarité avec les centres de culturescienfique, les musées, les journalistes scienfiques et les associaons d'éducaon populaire. Ces acteurs souhaitent que la future loiprésente, comme en 1982, une annexe refondantles principes d'une culture scienfique et technique moderne et accessible à tous. Mais ra-pidement le discours se mue en espérance de
« démocrae scienfique »
où les citoyens parciperaient aux débats et choix scienfiques,pourraient décider des recherches à poursuivre etprendraient une part acve à la recherche (voirl’encadré sur les sciences parcipaves). Tels sontles piliers du discours sciences – société.Ainsi le citoyen, qui semble avoir la science innée,exercerait-il alors pleinement son rôle de décideur.Une décision du peuple pour le peuple.Pour faire place aux citoyens, les universités devraient donc être à l'écoute des quesonnements de la société et organiser desdébats sur les enjeux scienfiques ; c'est ce queprône la RSU. Elles devraient alors s'appuyer surles associaons citoyennes qui savent déjà animerdes débats sciences – société : ces associaonsprétendent ainsi avoir droit à une place dans lesinstances dirigeantes des établissements d'ESR.Parmi les amendements que l'Alliance aimerait ainsi voir défendus, figure l'intégraon dereprésentants des
"associaons de la société civile concernées" 
dans les conseils d'administraon et les conseils académiques.
5
Les sceces parcpaves ou laprse du pouvor par le ctoye.
Mere en place une recherche parcipave, c'est, pour une instuon de recherche, idenfierun sujet de recherche auquel les citoyens puissent parciper, aumême tre que les scienfiques. Parexemple, le suivi ou le comptage decertaines espèces d'insectes. Il peutégalement s'agir de sciences citoyennes, où ce sont des associaons elles-mêmes qui définissent le programme de recherche.Innovaon sociale pour certains,doux rêve pour d'autres, il ne s'agitni plus ni moins que d'une démarchesimilaire à la démocrae parcipave. Une fois théorisées,ces genlles expériences ne sont enrien un passe-temps, mais alimentent le discours sciences - société selon lequel il ne faut paslaisser, sans contrôle citoyen, le savoir, et donc le pouvoir, aux mainsd'une élite : les scienfiques
4
.
2
- hp://alliance-sciences-societe.fr/lancement-de-lalliance-sciences-societe/ 
3
- hp://www.univ-tlse3.fr/1351605218239/0/fiche___actualite/ 
4
- Lire à ce sujet : hp://alliance-sciences-societe.fr/wp-content/uploads/2013/03/UT92-p28-29.pdf 
5
- hp://alliance-sciences-societe.fr/wp-content/uploads/2013/03/4pages-amendements.pdf 
 
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CERU
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contact presse : Olivier Vial,
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01.78.16.40.30
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olivier.vial@ceru.fr
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La scece a esode cotroverses pouravacer, mas l s’agtde cotroversestechques etrescefiquesLa «démocraescefique» cachee fat ue déologe,fodée sur ladéfiace evers lesscefiques, qusacrfie leur lertéde recherche, e leurcotestat le savor.
Le dager de la « démocrae scefique » ou e route vers la « SceceAcademy » !
Faire en sorte que les citoyens puissent avoir accès et prennent part aux débats sur lesenjeux des sciences et techniques est naturel et nécessaire, mais il ne faut pas dévoyercee affirmaon. Oui, la science a besoin de controverses pour avancer, mais il s’agit decontroverses techniques entre scienfiques, qui assurent la remise en cause des modèleset théories établis. Ici, il ne s’agit pas d’opinions, mais de savoirs étayés. Affirmer que lecitoyen peut intervenir dans ces débats, c’est confondre savoir et opinion ; savoir etcroyance. La science serait-elle alors soumise aux modes du temps, aux tendances d’uneépoque ? Abandonnerait-on des recherches sur l’avis du bon sens populaire ? Financerait-on les programmes de recherche après un vote du public ? Bienvenue à la « Science Academy »…Evidemment, les citoyens peuvent parciper ulement à certaines recherches parcipaves ou citoyennes (cf encadré ci-contre), mais ceci ne peut être le cas sur l’ensemble des champs scienfiques, d’abord parce que certains domaines nécessitenttechnicité et savoirs académiques ; ensuite parce que seules quelques disciplines bénéficieront de l’intérêt du public. Dire le contraire est pure démagogie et faire de la
« démocrae scienfique »
risque, avant toute chose, de créer une frustraon chez nosconcitoyens, car la démarche scienfique exige paence et protocole méculeux. Et, parfois, une absence de résultat est déjà un résultat.Sous ses airs bonhommes et généreux, la
« démocrae scienfique »
cache en fait uneidéologie, fondée sur la défiance envers les scienfiques, qui sacrifie leur liberté de recherche, en leur contestant le savoir.
Ce dscours peut-l être prs au séreux par le légslateur ?
Difficile à dire. Toutefois il est préoccupant de constater que des germes sont déjà apparus, dès décembre, dans le rapport des Assises de l'enseignement supérieur et dela recherche, remis au président de la République :
"La promoon d’une responsabilitésociale de l'université, notamment la diffusion de la culture des sciences et techniques et de l’innovaon, l’organisaon de débats de société, le développement de l'éducaon  populaire, la mobilisaon de l'experse des sciences humaines pour l'analyse des  problèmes de société constueront un autre volet des schémas régionaux." 
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E toute démagoge, des assocaos tetet légmer leur place das les coselsd'admstrao des uverstés. ne lassos pas les sceces aux mas d'déologuesqu s'appuet sur des terrogaos légmes des ctoyes pour predre le pouvordas les uverstés !
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- Rapport des Assises de l'enseignement supérieur et de la recherche, p58. Les schémas régionaux recensent les objecfs de développement de l'ESR, partagés par l'ensemble des acteurs d'une région.

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