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B
ulletin de liaison n°10
1
er
avril 2009
www.unmondedavance.eu
   t   a    b    l   e    d   e   s   m   a   t    i    è   r   e   s
Pétition
Pétition du Parti Socialiste « Pour la justice sociale et pour la relance,
abrogeons le paquet scal. » Unepétition contre le bouclier scal etle paquet scal que vous pouvez
signer sur le site du PS :
www.parti-socialiste.fr
P. 4
Portrait
Trois questions à Emmanuel Maurel,
vice président de la région Ile-de-
France et Secrétaire national à la
formation. « Un parti de transfor-
mation sociale, c’est un parti qui
travaille et qui débat... »
P. 3
Presse
Un nouveau pacte social pour la
 jeunesse, par Antoine Détourné,président du MJS et Régis Juanico,
Député. Tribune publiée dans Libé-ration. « Poser les fondations d’unnouveau pacte intergénérationnelen s’appuyant sur la jeunesse... »
P. 2
Dossier
Le faux débat des « statistiquesethniques » par Razzy Hammadi,secrétaire national. « Moins que la
question particulière et subalterne
des « statistiques ethniques » , c’esten fait la question de l’Identité quiest posée... »
P. 2
EDITORIAL | ISABELLE THOMAS
Et pendant ce temps-là, les riches s’enrichissent...
1Au rayon des décisions budgétaires iniques
et absurdes prises par la droite, il faut recon-naître que nous avons l’embarras du choix.Le palmarès du gouvernement en la matières’étale ostensiblement au fur et à mesure quela crise progresse.
Au choix, ou plutôt en paquet promo, il vousest proposé la Révision Générale des Politi-ques Publiques, la RGPP comme ils disent,successions de saignées pratiquées sur l’en-semble des instruments de la puissance publi-que. Ces saignées enveniment le corps socialen contribuant, par la suppression de postesdans la fonction publique et par la restrictiondes investissements de l’État, à réduire encorel’activité économique d’une France en pleinerécession. On peut également mentionner la
déscalisation des heures supplémentaires,
doublée des exonérations des cotisationssociales, deux paquets pour le prix d’un. Laconséquence principale de cette doubleexonération consiste à encourager l’utilisationdes heures supplémentaires au détriment del’emploi, dans une période de licenciementsmassifs et d’explosion du nombre de chô-meurs… Décidément, Ubu se porte bien etrègne sans partage.
Mais le cynisme en matière d’injustice scale
a trouvé son maître, son symbole, son totem.Au sommet de la pyramide des privilèges de
notre ère, trône désormais le bouclier scal.
Revenons sur le dispositif technique et sesconséquences chiffrées les plus démonstrati-ves. Prenons des exemples simples car, à droi-te, c’est l’argument simpliste et larmoyant quirevient en boucle : « il est normal qu’un contri-buable ne soit pas imposé à plus de la moi-tié de ce qu’il gagne ». L’argument pourraitparaître recevable s’il était honnête. Sauf qu’ilil ne l’est pas ! L’argument repose sur un tour de passe-passe : le bouclier plafonne l’impôtdirect à 50% des revenus alors que la richessedes catégories de contribuables concernéesréside non dans leurs revenus mais dans leur patrimoine, c’est à dire l’ensemble des bienspossédés : immeubles, actions, placements
nanciers, bijoux et métaux précieux… Ainsi le
plafonnement calculé sur la base de l’impôtsur le revenu s’étend à l’ensemble de l’impôtdirect, y compris l’impôt sur la fortune prenant
en compte l’inme partie de la richesse et non
sa partie principale. Une personne qui disposed’un patrimoine de 100 millions d’euros paie-ra environ 1,42 million d’euros d’ISF ( le tauxmoyen de l’ISF avoisine 1,42 %). Si ce contri-buable gagne par ailleurs 500 000€ de revenusannuels, il va voir l’ensemble de ses contribu-tions plafonnées à 250 000 €. S’il a payé 200000 € d’impôts sur le revenu et d’impôts lo-
caux, l’administration scale lui remboursera
1,37 million d’€, soit la quasi totalité de sonimpôt sur la fortune ! Et le tour est joué !D’aucuns moquent la bataille engagée par les députés socialistes à l’Assemblée natio-
nale contre le bouclier scal et poursuivie par 
la pétition initiée par le PS. « Bataille de symbo-les » disent-ils avec dédain, puisque les 600 000M€ récupérés par l’État en cas de suppressiondu bouclier ne constitueraient pas un apportdéterminant face aux besoins budgétairesd’un plan de relance digne de ce nom.Et pourtant, il ne faut jamais jouer avec lessymboles, surtout quand il s’agit de l’impôt.
La justice scale reste la matrice d’une so
-ciété qui a trouvé un équilibre. Une caste quibrandit ses privilèges comme le point ultimesur lequel on ne transigera pas est une classedont la légitimité n’est plus. La pétition contre
le bouclier scal n’est que le début de longs
cahiers de doléances.
Signez la pétition « pour la justice sociale etpour la relance abrogeons le paquet scal »
sur le site du Parti socialiste
www.parti-socialiste.fr
Isabelle Thomas, candidate aux européennes
dans l’Ouest
 
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DOSSIER | RAZZY HAMMADI
Le faux débat des « statistiques ethniques ».
Statistiques ethniques en question.
Tout d’abord, concernant les statistiques eth-niques, il est utile de rappeler que personneaujourd’hui en France, ne propose tant dupoint de vu du sens des mots que des expé-riences déjà réalisées - notamment en Gran-de Bretagne -, de les mettre en place.En fait, on louvoie, on hésite, on fait mine deconfondre involontairement le sens des mots,on parle de « critères pertinents » comme lefait Yazid Sabeg, ou encore de « ressenti »,dernier terme repris et proposé dernièrementpar une maladroite et idiote proposition de loisocialiste sur la question des discriminationslamentablement renvoyée dans les cordespar une Fadela Amara, apparemment ravied’opposer à la gauche ses propres contradic-tions.D’ailleurs accordons-nous ce rapide et partieldroit d’inventaire concernant cette dernièreinitiative : qu’est-ce que l’identité si ce n’estun ressenti qui parfois peut revêtir jusqu’au
qualicatif d’ethnique pour certains.
Des contours sujets à débats.
Ensuite, pour s’attacher à porter quelques ar-guments simples et factuels, disons tout clai-rement que les statistiques ethniques sont unpuit sans fond dont l’exploration disloque puisdivise.Mises en place en Grande Bretagne, elles ontdonné lieu à une surenchère identitaire quifait froid dans le dos tant elles apparaissent,par l’exaltation des particularismes identitai-res, comme un dangereux facteur de divisionet d’opposition entre les citoyens et les ca-tégories ainsi répertoriées. En moins de deuxans, on est passé de quelques dizaines de cri-tères à plusieurs centaines sous l’effet de lob-by communautaristes, souhaitant par-dessustout, être reconnus par les pouvoirs publics,souvent sur la base du fameux « ressenti ».D’autres, toujours avec cette volonté des
bonnes âmes qui souhaitent lutter « efcace
-ment » contre les discriminations, avancent lanécessité de fournir aux chercheurs des outilsde mesure. Rappelons qu’aujourd’hui, sansfaire appel aux « statistiques ethniques », lesoutils existent et que la mesure des discrimi-nations, de la ségrégation subie comme del’auto-ségrégation est d’ores et déjà possi-ble et sert de base à de nombreuses étudesdans le domaine, notamment en s’appuyantsur des dizaines de méthodes opérationnellestelles que l’analyse de la concentration despatronymes, les dates de délivrance des car-tes de séjour des parents ou bien encore la
nationalité de liation de ces derniers.
Glissement sémantique.
Enn, il y a ceux qui expliquent que la société
a changé, que l’universalisme républicain est
périmé et qu’au nal la laïcité périclite, ce
qui, par ailleurs, par certains aspects n’est pastotalement dénué de sens, que l’on partageleur jugement ou pas. Ces derniers proposentalors une société des identités particulières,avec des individus reconnus comme égaux – c’est la fameuse égalité des chances ouégalité de casino, sur la ligne de départ dumarché et de la concurrence, sans se pré-
occuper de leur état au nal si pour les plus
chanceux ils parviennent à atteindre la ligned’arrivée.Ce sont les mêmes qui, y compris à gauche,nous ont fait perdre le sens des mots et descombats, qui en moins de dix ans nous ontfait glisser sur la pente de la résignation et dela conversion au néo-libéralisme, du combatcontre le racisme et l’antisémitisme à la luttecontre les discriminations, en passant par la
tarte à la crème de la « diversité » pour enn
nous faire atterrir sur les statistiques ethniqueset la reconnaissance par leur promotion desidentités « ressenties », par conséquent parti-culière jusqu’au degré le plus élémentaire :l’individu. Lui-même est alors le socle de l’in-dividualisme total dans ce qu’il a de plus dé-
agrateur : l’ « individuation » intégrale par le
critère d’identité individuelle de l’ensembledu corps social.
An de se remettre en mouvement sur ce su
- jet, il n’y a pas d’échappatoire pour ce quinous concerne. L’usage unique du « hors dela question sociale, point de salut » est à pros-
crire tout autant que la réexion par slogan
de type « nous, c’est la République ». Ce qu’ilnous faut véritablement – et au plus vite- c’est
de redénir les contours, contenus et périmè
-tres, conditions et débouchés d’une nouvelleidentité collective.
En dénitive, c’est de nation et de contrat
social dont il s’agit et non pas d’identité in-dividuelle ou de diversité et encore moins de« statistiques ethniques » .
Razzy Hammadi, Secrétaire national PS
Lorsque les camarades de la coordination du courant m’ont interpellé an de produire quelques éléments de ligne concernant « les statistiques ethniques »et le débat qui les sous-tend, ma réaction fût la suivante : moins que la question particulière et subalterne des « statistiques ethniques » que personne, ausens propre du terme, ne propose véritablement de mettre en place, c’est en fait la question de l’identité qui est posée. A mon sens elle constitue un desenjeux principaux du siècle qui s’ouvre. Au carrefour de la notion de peuple, de nation et de la légitimité démocratique qu’elle octroie en étant le déter-minant de toute souveraineté, que l’on parle de régulation économique, des droits et devoirs au sens large ou bien encore de règlement des conits.Aussi, est-il nécessaire de tenter de livrer ici quelques propos et arguments relatifs aux « statistiques ethniques » puis de tenter, à travers une première explo-ration, de délivrer en conclusion, ce que pourrait être les éléments constitutifs d’une introduction à la question de l’identité, pour un courant qui a l’ambitiond’avoir – et c’est notre cas – un monde d’avance.
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ulletin de liaison n°10
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er
avril 2009
Illustration : Bruce Clarke,
Données sociales exploita-bles,
80 x 110 cm, acrilyque et collage sur toile, 2002
 
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PRESSE | 
ANTOINE DETOURNE et REGIS JUANICO
Un nouveau pacte social pour la jeunesse.
La situation des jeunes révèle une société ron-gée par la précarité et tiraillée par des inégalitéscroissantes. Il y a, aujourd’hui, une forme d’im-
posture pour des dirigeants de droite à identier 
et dénoncer une situation dont ils sont comp-tables : absence depolitique de l’emploi,bourses d’études insuf-
santes, inaction sur le
logement, faux-sem-blants du « plan espoir banlieue ». Quel sens ya-t-il à parler d’accèsà l’autonomie quandon supprime des pos-tes dans l’éducationnationale ou quandles associations d’édu-cation populaire sontabandonnées ? Sanschangement de capgénéral en matièrede protection socialeet d’éducation, toutepolitique en directiondes jeunes est vouée àl’échec.Les jeunes sontaujourd’hui confrontésà une alternative intenable entre la précarité oula solidarité familiale nécessairement arbitraireet inégalitaire. Il n’y a pas d’autonomie dans laprécarité, tout comme il n’y a pas d’émancipa-tion dans la dépendance.Les socialistes proposent un dispositif pionnier et annonceur d’une sécurité sociale profes-sionnelle : une allocation autonomie pour tousles jeunes en formation ou en insertion, dont lemontant serait calculé en fonction des revenusdu jeune. Individualisée, elle irait de pair avecun accompagnement dans les choix d’avenir etl’accès à l’autonomie de chacun. Financée no-tamment par la refonte des aides actuelles, ellepermettrait de faire le lien entre solidarité natio-nale, émancipation et mise en sécurité sociale.Universelle, elle serait un élément de citoyen-neté, tout comme leservice civique.Alors que les jeunessont privés de droitssociaux, ils sont la seu-le tranche d’âge sys-tématiquement enfer-mée dans l’absurdelogique droits/devoirs,comme si la droitesommait les jeunes de
présenter un certi
-cat de civisme avantde leur accorder desdroits. Il convient desortir de l’obsessionde l’assistanat : l’ac-ceptation par les jeu-nes d’emplois pour lesquels ils sont sur-
qualiés et sous-payés
prouve leur aspirationà l’autonomie. Lesdroits ne se méritentpas, ils font partie d’un pacte social.Poser les fondations d’un nouveau pacte socialintergénérationnel en s’appuyant sur la jeunes-se, c’est bien le moins que nous devons à cettegénération contrainte de penser l’avenir com-me une addition de quotidiens sans perspectiveindividuelle ni collective.
Tribune parue mercredi 1er avril 2009 dans le journal Libération.
Il est devenu courant à droite d’évo-quer, le « malaise » ou l’angoisse des jeunes. Constatant le décalage agrant entre les aspirations d’unegénération et son discours politique, la droite qui a pris conscience du coût électoral d’un tel décalagetente une opération séduction. L’opération ne peut pas tromper, elle a déjà été utilisée dans l’histoirerécente : récupération des analyses de la gauche, utilisation de notre patrimoine idéologique, et enn,mise en œuvre d’une politique en tous points contraire aux objectifs afchés. Mais la jeunesse mérite unvrai débat.
AGENDA
 jeudi 2 avril
Formation « Le plan de relance du PSface à la crise » avec Liêm Hoang Ngoc
à la section d’Argenteuil
Débat avec Marie-Noëlle Lienemann àBures sur Yvette (91)Déplacement de Razzy Hammadi dans
le Gard
Sommet du G20
vendredi 3 avril
Déplacement de Benoît Hamon
 
dans l’AveyronSommet de l’OTAN à Strasbourg
samedi 4 avril
Déplacement de Bruno Julliarddans l’Oise
Commission Nationale Service Public
 
avec Razzy Hammadi à 9h30, Solférino,
Paris
Fête de la Rose de Villemomble (93) avecMarie-Noëlle Lienemann
Forum sur la crise organisé par Gauche
Avenir à l’Assemblée nationale
mercredi 8 avril
Déplacement de Benoît Hamon
 en Gironde
Les entretiens de Solférino animés parEmmanuel Maurel à 18h30 : « Les transfor-mations des pratiques militantes » avecRémi Lefèbvre, sociologue
 jeudi 9 avril
Déplacement de Benoît Hamon
 dans l’OiseDébat sur « les réponses à la crise écono
-mique et nancière » avec Liêm HoangNgoc à la section de Bagnolet (93)
Réunion des sections sur l’Europe
Réunion AMDiplo droit du travail avecGérard Filoche à Saint-Médard-en-Jalle(33)
vendredi 10 avril
« Travailler le dimanche », réunion avecGérard Filoche à Gennevilliers (92)
 jeudi 16 avril
Centralisation nationale des signatures dela pétition « contre le paquet scal »
vendredi 17 avril
Déplacement de Benoît Hamon à Arras
mardi 20 avril
Débat sur la crise avec Liêm HoangNgoc, Auch (32)
Antoine Détourné, Président du Mouvement des
 jeunes socialistes et Régis Juanico, Député de
la Loire et ancien président du MJS
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ulletin de liaison n°10
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avril 2009
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