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ommaire
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Interview de Liem Hoang-Ngoc
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Le vote interne pour les élections européennes :révélateur d’une crise profonde du PS - Philippe Casier
BLUMA - Bulletin de Liaison Un monde d’avance
18 Avril 2009 - N°8
La crise, dans la phase sociale, s’accélère. Et la par-tie émergée de l’iceberg est de plus en plus visible: le rythme des plans sociaux annoncés et en courslaisse déjà à penser que les hypothèses de pertesd’emplois émises par la droite sont largement sousévaluées.Tous les «retours» des rencontres, des réunions, despiquets de grèves, que les militants et les élus socia-listes multiplient ces derniers mois, convergent : lasituation se tend. Absence de perspective alterna-tive en termes d’emploi, brutalité sociale, cynismedu patronat qui après avoir demandé des annéesde concession aux salariés, des soutiens massifs àla puissance publique, «abandonne» la partie dèsqu’elle devient un peu moins florissante pour en-granger un maximum de gains… Brutalement descentaines de milliers de personnes sont projetéesdans le chômage, le «néant social» et entrent enprécarité.Pendant ce temps, la droite va encore une fois pio-cher dans les marges de manœuvre financières del’Etat : grâce au «le bouclier fiscal» une des mesu-res phares de la loi Travail, emploi, pouvoir d’achat(Tepa) votée dans la foulée de l’élection de Sarkozy,458 millions d’euros ont été versés en 2008 à 14.000contribuables. Et le zoom est encore plus accablant :288 millions d’euros reversés aux 756 foyers fiscauxles plus riches.Les éléments d’une crise profonde, d’une crise poli-tique sont posés : en bas on ne veut plus, en haut ilsne peuvent plus…. parce qu’ils ont fait le choix deprotéger «les leurs» au lieu de protéger les salariés.L’imprévisibilité des conditions politiques de «sor-tie de crise» est patente et toutes les hypothèsesne font pas le lit d’une reprise en main politiqueet coordonnées à l’échelle européenne. Les écueilssont nombreux. Il y a ceux que les sociaux démo-crates et avec eux le PS portent en leur sein. Il y aaussi le danger réel d’un abattement généralisé etrepli sur soi, traduit, dans les urnes par un retour del’extrême droite, à la droite dure.Et dans cette voie, Sarkozy en ajoute au cynisme.Car l’entrée en crise, avant de toucher le salariatindustriel a déjà fait des victimes, moins visibles.Avant les plans sociaux et les licenciements massifs,il y a eu la fin des contrats d’intérim, des CDD, dansles secteurs peu qualifiés, dans le bâtiment, la logis-tique… la fin des «petits boulots» qui font survirentdes quartiers entiers.Ce ne sont sans doute pas tous les mêmes, qui, cettesemaine se sont affrontés à la Police aux Mureaux etqui la semaine dernière se battaient sur les lignes deRER entre Vigneux et Grigny. Il faut condamner desactes qui viennent conforter la spirale de la ghettoï-sation et de la violence pour des milliers de femmeset d’hommes. C’est un fait.Mais c’est un fait aussi que les tensions sont très vi-ves dans certains quartiers et connaissent une réelleaccélération depuis l’entrée en crise.Ceux qui étaient déjà les plus précaires, sont entrainde basculer massivement dans une situation depaupérisation difficilement soutenable. Outre l’ag-gravation de la crise sociale, la puissance publiqueet significativement l’État n’a pas tenu ses engage-ments dans la mise en œuvre des programmes derénovation urbaine et sous couvert de «critère derentabilité», il met aujourd’hui en péril le tissu asso-ciatif, qui favorisait le lien social, l’accès aux droits,l’accompagnement social au logement, l’accès àl’emploi, et à la formation, le soutien scolaire…Les risques d’embrasements sont préoccupants,déjà certains acteurs de terrains tirent la sonnetted’alarme : payement des loyers en liquide, retour del’économie parallèle….Les mauvais ingrédients sont dans la cocotte. Sarko-zy le sait et au comble du cynisme pour lui la recetten’est pas si mauvaise.Il lui reste à fermer le tout, à multiplier les contrôlesaux entrées et sorties des quartiers, à accentuer leghetto… surtout ne proposer aucun débouché etcontinuer avec soin attiser le feu pour provoquer àquelques semaines des élections européenne uneflambée, et le réflexe électoral de recours à l’auto-rité.
Marianne Louis, SN du PS à la politique de la villeCrise sociale et paupérisation des quartiers :Sarkozy agrémente son cynisme politique decynisme électoraliste.
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Passage presse : Henri Hemmanuelli
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calendrier : PS, UMA, politique, déplacements
 
Augmenter les plus hauts revenus est devenu contre productif
Liem Hoang Ngoc
Secrétaire National à l’économie
Pourquoi à l’UMP, le président du Sénat Gérard Larcher etle député Pierre Méhaignerie remettent-ils en cause main-tenant le bouclier fiscal ?
Pour deux raisons : à la fois au nom de la justice fiscale et aunom de la nécessité économique. En termes de justice fiscale,la droite se rend désormais compte que le bouclier fiscal pro-fite aux plus favorisés. En 2007, 671 contribuables ont reçus unchèque de 231.000 euros. Il s’agit d’une mesure indécente.
Supprimer le bouclier fiscal aurait également un intérêtéconomique ?
Le plan de relance est financé par l’emprunt. Il faudra plustard payer la dette et ses intérêts. Si la croissance (source derentrées fiscales) tarde à revenir, il faudra tôt ou tard trouverdes recettes fiscales. Dans ce cas, on peut difficilement à la foissupprimer le troisième tiers provisionnel de l’impôt sur le re-venu des classes moyennes et maintenir le bouclier fiscal.«En temps de crise, on a besoin de gens fortunés», a déclaré leprésident du groupe UMP à l’Assemblée nationale Jean-Fran-çois Copé.Jean-François Copé fait dans la provocation. Mais il appa-rait de plus en plus clairement que cette politique fiscale estune politique de classe qui accentue les inégalités. Durant lestrente glorieuses, les écarts de salaires s’étalaient de 1 à 30.Aujourd’hui ils varient de 1 à 300. Les écarts de revenus sontmême plus importants, si l’on tient compte de l’explosion desrevenus financiers.
Les grosses fortunes sont-elles indispensables à l’écono-mie d’un pays ?
Augmenter les plus hauts revenus est devenu contre-produc-tif d’un point de vue macro-économique. Les grosses fortunesépargnent une grande part de leurs revenus. Notre économiesouffre d’un excès d’épargne et donc d’une insuffisance dedépenses dans l’économie réelle. Le taux d’investissementdans l’économie réelle baisse depuis 2001. La consommationdes classes moyennes et modestes subit la crise du pouvoird’achat. D’où une croissance chroniquement molle, avantmême la crise financière. Les hauts revenus ont par ailleursalimenté la bulle immobilière qui a entretenu la crise du lo-gement.
Le vote interne pour les elections européennes : révélateur d’une crise profonde du PS
Une ligne jaune supplémentaire a été franchie.Nous avons l’habitude des déchirements à l’excès lors de nosdébats internes de congrès. Les socialistes sont devenus peu àpeu les spécialistes des mises en scène de psychodrames dontla presse se délecte tant.Nous avons aussi tous en mémoire les déclarations tonitruan-tes post-congrès de Reims à propos de l’élection de notrePremière Secrétaire avec le sentiment qu’il serait difficile detomber plus bas.Pourtant, lors de la désignation de nos candidats pour les élec-tions européennes, une nouvelle barrière a été franchie. Carsi les socialistes connaissent tous les secrets pour exposer augrand jour leurs oppositions, ils savaient, jusqu ‘à présent, fairetaire leurs divergences pour se rassembler à la veille des ren-dez-vous électoraux. Il semblait possible de tout sacrifier surl’autel des ambitions individuelles mais la nécessité de préser-ver l’ « outil commun » qui permet la victoire électorale n’étaitpas remis en cause jusqu’ici.Avec plus de 60 candidats désirant “à tout prix” figurer parmiles “éligibles” pour une vingtaine de places disponibles, lesrancoeurs et les déceptions étaient inévitables. Après un con-grès qui a laissé de grandes désillusions, pour ne pas dire plus,chez de nombreux militants et sur un sujet qui a divisé en pro-fondeur les socialistes dans un passé récent, le rassemblementétait difficile mais absolument nécessaire.Aussi, en adoptant listes et texte à la quasi unanimité, lesmembres du Conseil National pensaient avoir fait preuve deresponsabilité pour aborder ces élections à haut risque dansde bonnes conditions. Chacun avait fait un pas vers l’autre,un compromis avait été trouvé sur le texte d’orientation et ladirection nationale avait réussi le difficile exercice de trouverun équilibre entre les différentes sensibilités qui composentnotre parti. Personne n’était totalement satisfait mais tout lemonde avait obtenu ce qu’il considère comme essentiel. Cettevolonté de large rassemblement n’a visiblement pas suffi.Les déclarations de responsables d’exécutifs locaux compa-rant la direction nationale au “polit bureau” de l’ex-URSS, lerefus par des sections ou des fédérations d’organiser le votemilitant, les pétitions en ligne, les déclarations ravageuses surles plateaux de télé... sont autant d’éléments qui montrent queles socialistes ont gravi une marche supplémentaire dans leurentreprise de désagrégation interne. A trois mois du scrutin,la volonté d’en découdre sans retenue a pris le pas sur l’indis-pensable unité face à la droite.Le Parti Socialiste est en proie à une crise profonde.
Philippe Casier
Membre du CN du PS
 
Le président du conseil général des Landes Henri Emmanuelli (PS) a estimévendredi que «tout se passe comme si, en matière industrielle, il n’y avaitplus de pilote dans l’avion» après une action de salariés des Landes qui ontretenu sur le site le PDG de Sony France.«Il n’est pas étonnant, dans ce contexte, que les salariés aient le sentimentde ne pouvoir compter que sur eux-mêmes et en arrivent à des solutionsextrêmes», a indiqué M. Emmanuelli qui est également député des Landes.Le PDG de Sony France a été retenu toute une nuit dans l’usine de Pontonx-sur-l’Adour par des salariés mécontents des modalités financières du plansocial prévu avant la fermeture du site, avant d’être libéré vendredi matinpour participer à une réunion de conciliation.«Il était manifeste depuis trois mois que l’entreprise ne cessait de réduire sespropositions, qu’il s’agisse de l’indemnisation des salariés ou de son impli-cation dans un projet de reprise. Cette attitude en recul appelait une réac-tion forte des pouvoirs publics au niveau gouvernemental», a-t-il ajouté.«Force est de constater par ailleurs que tous les fonds d’aides aux entrepri-ses annoncés à grand bruit par le président de la République ou le gouver-nement, notamment ceux qui sont en orbite autour de la Caisse des Dépôtset Consignations, ont décliné la moindre implication lorsqu’ils ont été solli-cités par d’éventuels repreneurs», a regretté M. Emmanuelli.La réunion de conciliation qui a débuté en fin de matinée à la sous-pré-fecture de Dax était toujours en cours peu après 13H00 et M. Emmanuellis’est rendu sur place pour discuter avec des salariés rassemblés devant lebâtiment, selon un journaliste de l’AFP.© 1994-2009 Agence France-PresseElle est double, idéologique et comportementale. Les sourcesde la crise idéologique sont lointaines. Celle-ci remonte, enFrance, aux début des années 80. Elle s’inscrit dans le lent mou-vement de la social-démocratie européenne qui l’a conduiteà accompagner progressivement le libéralisme. Face à un ca-pitalisme qui avait changé de nature, cette même social-dé-mocratie n’a pas su ou voulu apporter de nouvelles réponsespour répondre aux défis auxquels elle devait faire face : mon-dialisation, financiarisation du capital ...À force de vouloir “inventer le possible”, plus rien ne le deve-nait. Cette lente dérive idéologique (car il faut bien l’appelerainsi) a changé en profondeur la nature du parti. Ce derniera abandonné son rôle de transformation sociale, d’éducationpopulaire pour devenir un instrument de distribution descandidatures dans le cadre d’une alternance des pouvoirs. Acharge pour lui, d’amoindrir les effets les plus pernicieux despolitiques de droite.Ce changement profond a eu pour effet de changer la compo-sition même de ses adhérents. La compétition des postulants,qui n’est pas nouvelle mais qui était noyée autrefois parmid’autres considérations, est devenue la seule préoccupationde beaucoup. Le sens de l’intérêt général a fait place aux in-térêts des particuliers. Le respect de la charge s’est transforméen un “pourquoi pas moi ?”.Si la crise idéologique a créé la crise comportementale, ellesse nourrissent, aujourd’hui, toutes deux l’une de l’autre. Et laquestion du changement de ligne politique au sein du partine pourra faire l’impasse sur celle des militants qui seront lesporteurs de ce changement.L’arrivée de la crise financière et économique sera sans doutel’occasion de changer la donne. Encore aujourd’hui, notre partiapparaît bien souvent “hors sol” pour bon nombre de nos con-citoyens. Les discours de certains de nos dirigeants apparais-sent très éloignés des réalités quotidiennes. La crise est encoredécrite comme un accident de parcours et non comme un élé-ment constitutif du système. Son aggravation dans les moisqui viennent feront tomber bien des certitudes.Depuis des années, les idées que nous défendions étaientqualifiées d’archaïques. L’évolution économique et sociale leséclairent d’un jour nouveau. Le débat ne fait que commen-cer...Alors que l’État a mis 20 Milliards d’euro surla table pour la re-capitalisation des banqueset 320 milliards d’euro pour garantir le créditinter-bancaire, il apparaît de plus en plus clai-rement que Mme le Ministre des Finances etM. le Gouverneur de la Banque de France ontdélibérément caché la vérité aux parlementai-res de la commission des finances au momentde leurs auditions respectives.En atteste les versements importants que lasociété américaine A.I.G vient de faire à desbanques françaises pour couvrir des actifspourris qui n’ont jamais évoqués- plus de 11Milliards pour la seule société Générale. En té-moigne encore d’avantage le rappel à l’ordreque la Réserve Fédérale Américaine vient defaire à la même Société Générale en mettanten cause ses déficiences « en matière de blan-chiment d’argent ».Ou bien la commission bancaire ne fait pas sontravail, ou bien on nous cache délibérément laréalité.Une audition rapide des responsables du cré-dit devient urgente pour une mise au pointnécessaire : on ne peut continuer à laisser unpetit groupe « d’amis » jouer avec l’argent descontribuables sans contrôle.
Presse
AIG - Société générale : une audition ur-gente des responsables du crédit s’imposeCommuniqué de presse - 18 mars 2008AFP : Sony : en matière industrielle, «plus de pilotedans l’avion
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