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Jeudi 5 février
–
Together
13 h 33
Ca y est, Anne m’a rejoint avant
-
hier soir, au terme de quelques péripéties à l’aéroport
(
uneconfusion de compagnies aériennes nous a tenus séparés un petit peu plus longtemps que prévu
)
.Depuis, elle a découvert l’appartement et y a pris ses marques et nous nous sommes baladés unpeu dans Tempe; nous avons mangé une glace, profité du soleil et laissé le
jet
-
lag
faire son e
ff
ettranquillement.Qu’il fut bon de se retrouver!Le soir, nous sommes allés dans un restaurant, ou plutôt dans une «brasserie», au sens authentiquedu terme, à savoir un endroit où l’on brasse des breuvages. En l’occurrence, ladite brasserie, le
Four Peaks
, brasse environ six ou sept bières di
ff
érentes, et propose une carte de plats vraimentexcellents. Hamburgers
(
élaborés et «sains»!
)
, sandwiches, salades ou plats régionaux
(
tel cefameux «
Chicken Enchiladas
», c’est
-
à
-
dire des tacos au poulet, avec fromage, accompagnés de riz,d’haricots noirs et de
sour crea
m
)
.Or, nous avons été recalés à l’entrée, au motif que nous ne pouvions présenter nos passeports.Pourtant, nous avions spécialement pensé à nous munir de nos cartes d’identités, délivrées par leGouvernement belge et en ordre de validité. Rien à faire, le garde
-
chiourme fut intransigeant etnous dûmes rebrousser chemin, aller chercher nos passeport et refaire le trajet jusque là
(
aprèsavoir hésité à les boycotter gaillardement
-
l’appel du
Garden burger
et du
Chicken Enchiladas
fut leplus fort
)
.Le prétexte est connu : il s’agit de proscrire la délivrance de boissons alcoolisées aux mineursd’âges, motif honorable s’il en est
(
hum!
)
et, accessoirement, mot d’ordre légal scrupuleusementrespecté par toute personne en mesure de fournir de l’alcool à qui que ce soit. Pour donner uneidée du rapport américain à l’alcool, il est peut
-
être utile de préciser qu’un de mes amis étudieactuellement à Columbus
(
Ohio, dans le nord
-
est américain
)
et que, là
-
bas, la prohibition n’a étélevée ... qu’il y a deux ans!Dans les faits toutefois, ce refoulement présentait ceci de gênant que j’avais déjà pénétré dans lesaint des saints
(
ou équivalent
)
à deux ou trois reprises, à l’aide de ma seule carte d’identité. Dèslors, nous avons ressenti la très désagréable sensation d’être les victimes d’une règle stricte à l’application souple, autrement dit aléatoire, c’est
-
à
-
dire injuste et discriminatoire. La présentation d’un passeport est toujours su
ffi
sante et, parfois, nécessaire. Est
-
ce parce que nousn’étions pas accompagnés de gens du terroir? Sommes
-
nous tombés, comme l’a suggéré Walter
(
un ami américain d’origine bolivienne
)
, sur un «
jerk»
à l’entrée?En réalité, il y a quelque chose de déshonorant à ce qu’un document o
ffi
ciel délivré par l’Étatbelge ne puisse être pris en considération et ne su
ffi
se pas à faire montre de notre«respectabilité». Enfin, rien de grave bien entendu, et nous nous plierons désormais avec la meilleure foi possible à ces étranges us et coutumes locaux... Et nous avons apprécié notresouper!
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