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N
ouveaux cahiers de linguistique française
27(2006), 117-139
 
Les verbes d’événements et la causalité
Annik Baumgartner-BovierDépartement de linguistique, Université de Genève<Annik.Baumgartner@lettres.unige.ch>
Résumé
Le but de cet article est de proposer une modélisation de la causalité dansles verbes d’événements du français. Pour ce faire, dans la lignée de Dow-ty (1979), Jackendoff (1983) et Pustejovsky (1993, 1995), il faut analyserde manière décompositionnelle le sens des verbes. Cet article suggère quechaque prédicat peut être exprimé à l’aide d’une primitive centrale (un prédicat de base), qui permet de définir la structure argumentale du verbe,ainsi que son état résultant et sa classe aspectuelle. Les primitives fonc-tionnent comme des opérateurs qui décrivent la relation causale internedes prédicats.
 Mots-clé 
: classification des verbes d’événements, causalité, sémantiquelexicale, structures conceptuelle et argumentale.
1. Introduction
La causalité est un phénomène très riche en français, on la retrouvenotamment au niveau de la syntaxe dans les constructions ergatives,inaccusatives et causatives, au niveau du lexique dans les verbes et lessubstantifs causaux et au niveau du discours dans les connecteurspragmatiques. C’est pourquoi, cet article est centré sur un de ces as-pects, à savoir la causalité dans les verbes d’événements. Il proposeune analyse sémantique des verbes d’événements causaux du fran-çais.Pour ce faire, il convient de déterminer ce qu’est la causalité et dedéfinir les événements. Les auteurs Davidson et Hume proposentchacun une définition de la causalité. Selon Davidson (1980), l’actionfait intervenir la causalité, qui possède plusieurs propriétés sémanti-ques, dont l’agentivité. Pour décrire une action qui a un certain but ouun résultat attendu, il faut la dépeindre comme leur cause. La concep-tion de la causalité comme étant directement provoquée par une ac-tion joue un rôle central dans l’analyse des événements.Hume (1739-1740) propose une définition différente de la causali-té : ce sont les circonstances d’un événement qui sont les causes de cedernier. Il insiste sur les propriétés qui définissent la relation causaleet non pas sur l’action en soi. Il définit la cause par un objet, suivi par
 
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un autre objet et tous les objets similaires au premier objet sont suivispar un objet similaire au deuxième objet. Selon la perspective hu-méenne, la relation de causalité entre deux entités peut être expliquéeà l’aide de cinq propriétés : la contiguïté, l’asymétrie temporelle, lacontingence, la généralité et les conditions
ceteris paribus
.Pour qu’il y ait contiguïté, que les objets soient contigus, il fautqu’il existe un contact entre les entités en relation causale. Par exem-ple, c’est le choc d’une boule avec une autre boule qui provoque sonmouvement. On parle alors de contiguïté spatiale et temporelle desmouvements des boules : le choc entre les boules illustre leur rapportspatial contigu et le déplacement de la boule produit par l’impactdépeint la succession temporelle des événements. La causalité estégalement asymétrique temporellement, car un premier événementcause le second événement et implique donc que l’effet ne peut pas seproduire avant la cause. La contingence permet d’expliquer le fait quele rapport entre le nombre d’occurrences de l’événement A et le nom- bre d’occurrences de l’événement B doit être le plus proche possiblede un pour que la causalité soit effective. De plus, le raisonnementcausal n’est pas déductif, mais inductif : si l’objet A est suivi parl’objet B, si une autre occurrence de A est suivie par B, alors on peutinférer que A cause B. Le raisonnement causal est probabiliste. Enfin,les conditions
ceteris paribus
démontrent que la relation causale vauttoutes choses étant égales par ailleurs. Par exemple, dans un film lors-qu’un individu tire sur une personne, on ne peut pas conclure quecette dernière est réellement morte, étant donné que les balles ne sontpas de vraies balles. La notion de cause est caractérisée par des condi-tions qui correspondent à une combinaison de circonstances quicréent l’événement. Par exemple, un homme meurt et la cause de sondécès serait le fait qu’il ait glissé d’une échelle. Mais, il pourrait yavoir d’autres raisons : l’homme est trop lourd, il a eu un malaise, etc.Plus la cause est décrite, plus les effets sont démontrés. Plus les effetssont décrits, plus la cause est nécessaire
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.Quelles conséquences peuvent être tirées de cette définition ? Toutd’abord, les entités en relation causale sont des événements. Ce faitimplique que la contiguïté et l’asymétrie temporelle sont les deuxpropriétés développées par Hume qui sont prises en considérationdans la représentation temporelle des événements. De plus, la causali-té est un raisonnement inductif et non déductif, c’est pourquoi l’effetn’est pas absolument garanti : il est possible d’annuler un raisonne-ment causal.
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Les effets étant liés à la cause, plus la description de l’un est précise, plus la représen-tation de l’autre le sera également. Il s’agit d’une propriété de la relation causale.
 
Annik Baumgartner-Bovier
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La causalité concerne donc tout particulièrement les événements,qui sont caractérisés par leur caractère dynamique : ils peuvent êtreduratifs (accomplissement) ou ponctuels (achèvement), mais danstous les cas ils sont bornés, téliques et hétérogènes. Ils s’opposent auxétats qui sont statiques, non bornés, homogènes et atéliques (Vendler1974). Les activités sont une autre classe aspectuelle qui fait partie desactions ou des processus, au même titre que les événements. Les acti-vités sont définies comme étant non bornées, homogènes et atéliques,mais, à la différence des états, sont le fait d’un agent et sont dynami-ques.Cet article s’intéresse donc à l’analyse des événements d’un pointde vue de la décomposition sémantique des prédicats causaux. Il sedéroule comme suit. La section 2 introduit la théorie de Jackendoff surles primitives sémantiques. La section 3 est consacrée à la représenta-tion du lexique selon l’analyse de Pustejovsky. La section 4 décritl’approche décompositionnelle de Berthouzoz. La section 5 présenteles classes de verbes de Levin. La section 6 détaille la représentationsémantique des verbes d’événements, en proposant une analyse pré-cise des verbes et du rapport entre les événements et l’état résultant.
2. Les structures lexicales conceptuelles de Jackendoff (lexical-conceptual structures)
 Jackendoff (1983, 17) fait l’hypothèse qu’une structure conceptuelle estcaractérisée par des règles conceptuelles de bonne formation. Cesrègles sont universelles et innées. Il faut pouvoir disposer d’une di-mension conceptuelle pour chaque domaine et c’est l’existence de cesdomaines conceptuels qui est innée. Jackendoff (1983, 42) opère unedistinction entre le monde réel et le monde projeté : l’informationproduite par le langage n’est pas à propos du monde réel, car on aaccès uniquement au monde projeté, i.e. au monde tel qu’il est organi-sé inconsciemment dans l’esprit. Ce processus est intuitif et non ra-tionnel. Jackendoff (1983, 42) parle en termes de constituant conceptuel, quicorrespond à la représentation mentale de la chose projetée. La struc-ture conceptuelle contient des constituants qui sont des traits, tels que
LOCATION
 ,
DIRECTION
 ,
ACTION
 ,
EVENT
 ,
MANNER
 , etc. Ces constituantspeuvent contenir des
CHOSES
dans leur décomposition interne. Parexemple, le trait
LOCATION
 , qui est exprimé par l’expression
sur unetable
 , contient un sous-constituant
THING
exprimé par le mot
table
. Lesconstituants (ou traits) sont des catégories ontologiques présentescomme primitives dans la structure conceptuelle. Celle-ci peut conte-nir un grand nombre de catégories ontologiques, correspondant à descatégories différentes d’entités projetées. L’ensemble des catégories

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