• Embed Doc
  • Readcast
  • Collections
  • CommentGo Back
Download
 
B
ulletin de liaison n°11
8 avril 2009
www.unmondedavance.eu
   t   a    b    l   e    d   e   s   m   a   t    i    è   r   e   s
Notes en ligne
P. 4
Portrait
P. 4
Presse
Pour un nouveau Front po-pulaire.
Une tribune de Marie-Noëlle Liene-mann et Paul Quilès parue dans le journal Le Monde, le 8 avril 2009.
P. 3
Dossier
Les dirigeants de la planète,
les multinationales, la nance
ont de quoi se réjouir !
Un dossier sur la réunion du G20
par Jean-Jacques Chavigné
P. 21
On le sait, il ne suft pas de quelques grandesmesses médiatiques, de quelques annoncesplus ou moins crédibles pour que la grave ré
-
cession économique que nous connaissonssoit par miracle effacée.
En effet, que retenir du spectacle donné par le G20 ? Mis à part un accroissement desmoyens d’un FMI dont on ne comprend pas
bien la mission, le plan nancier présenté n’est
que l’ajout des divers mesures nationales et neprévoit rien de nouveau. La soi-disant « liste noi-
re » des paradis scaux vient de s’évaporer le
lundi 7 avril et les spécialistes de la lutte contre
la criminalité nancière ne croient pas à unequelconque efcacité de ce qui a été propo
-sé. Cette crise n’est pas « psychologique » et ilfaut arrêter de faire croire qu’un simple retour 
de « conance » y mettra n. Cette crise an
-nonce qu’à moyen et long terme c’est bien
un autre modèle de développement qu’il fautconstruire. Voilà l’axe stratégique que la gau
-che dans le monde, en Europe, en France doits’efforcer de suivre, voilà le projet à élaborer.La bataille sera rude. Les positions acquisespar les forces favorables au capital sont forteset elles seront autant de moyens pour s’oppo-
ser à toute remise en question d’un système
économique qui leur est tant favorable. Fina-
lement, la n tant annoncée du « modèle libé
-ral » se traduit surtout par une collectivisationdes pertes pour les riches et à une indifférencedans les faits pour les salariés qui perdent leur emploi, les territoires qui voient leurs tissus in-dustriels s’effondrer.
Devant ce moment exceptionnellement gra
-
ve, la gauche doit redonner du sens aux évè
-nements, proposer un chemin nouveau. Elle
doit répondre aux souffrances à court terme
par un autre partage des richesses, par desprotections nouvelles qui favorisent les plusfragilisés mais aussi l’ensemble des salariés. Elle
doit aussi dès maintenant construire un nouvel
horizon de société qui ne peut se résumer au
replâtrage de l’existant. Pour être crédible etattractive elle doit afcher ses priorités, dénir son timing et s’appuyer sur l’exceptionnelle
unité du mouvement social.Ainsi, les élections européennes qui viennentseront pour les socialistes le moyen de montrer comment l’échelon continental peut œuvrer utilement face à la crise, elles feront la dé-monstration de l’échec de toutes les droiteseuropéennes conservatrices et libérales.
Prenons garde pour réussir de ne pas fractu
-rer une gauche qui devra rapidement savoir s’unir, transcender les clivages actuels pour 
créer les conditions de la victoire aux élections
nationales.
Prenons garde aussi à ne pas mélanger les
moments, les débats, le médiatique et l’histori-que, l’accessoire et l’essentiel pour diffuser unmessage clair : face à la crise du capitalismelibéral, la gauche, les socialistes proposent unchemin d’espoir, un avenir à construire en-semble.
Guillaume Balas, mandataire UMA 75, candidat
aux européennes
signez la pétition
www.parti-socialiste.fr
Pour la justice sociale,pour la relance,
abrogeons
le paquet scal
EDITORIAL |
 
Guillaume Balas
Donner du sens, proposer un chemin nouveau
Philippe Cordery.
Entretien avec Philippe Cordery,secrétaire général du Parti socia
-
liste européen et candidat aux
européennes.
Sommet du G20 : quatrequestion en suspens.L’Europe et la Poste.
Deux notes disponibles sur le site
www.unmondedavance.eu
 
Les décisions du G20 amplieront la
baisse de la part des salaires.
Le G20 a donné pour mission à l’OMC de me-
ner à bien le cycle de Doha. La nalité de cecycle est connue : livrer aux multinationales
du Nord (mais aussi maintenant à celles beau-coup moins nombreuses du Sud) les forêts, lesréserves naturelles et agricoles, les servicespublics qui avaient échappé à leur voracité.La pauvreté s’accroîtra donc encore au Sud
et à l’Est pour permettre aux multinationalesd’accroître leurs prots et de goner ainsi de
nouvelles bulles spéculatives.Alors qu’il faudrait augmenter les salaires di-rects, améliorer les prestations sociales et lesservices publics (santé, retraite, assurancechômage, transports, énergie…) pour faireredémarrer l’économie, le FMI conditionne,comme il l’a toujours fait, ses prêts à la réduc-
tion des décits publics et des services publics,
à la baisse des salaires et des prestations so-
ciales. Il exige que la Hongrie ne verse plus de
13
e
mois à ses retraités. Il conditionne l’octroid’un prêt à la Roumanie à une réforme de son
système de retraites et de salaires. En Lettonie,
c’est une baisse de 15 % du salaire des fonc-
tionnaires qu’il exige.
La nance restera tout aussi peu« régulée » qu’hier.
À la demande du G20, l’OCDE a établi une
liste de 42 « paradis scaux » mais sans le De
-
laware, le Wyoming, le Nevada, Hongkong,
Macao ou la City de Londres.
Les informations à une administration scale
ou à un juge étranger ne seront, de toute
façon, données, en fonction des critèresde l’OCDE, que dans la mesure où existe undébut de preuve de fraude ou d’évasion s
-
cale. La seule méthode réellement efcace,
l’échange automatique d’information sur labase d’une simple suspicion, reste donc inter-
dite. Le secret bancaire et les paradis scauxont donc toujours de beaux jours devant eux.Un Conseil de Stabilité Financière (CSF) rem
-
placera le Forum de Stabilité Financière (FSF)
créé en 1999. Mais son rôle risque d’être desplus symboliques. Tim Geithner, le nouveau se-crétaire au Trésor américain vient, en effet, dedéclarer qu’il n’était pas question pour l’Etataméricain de déléguer la régulation de WallStreet à une instance internationale. On voitmal comment les choses pourraient être diffé-rentes pour la City de Londres
Les « Hedge funds » (ou fonds spéculatifs) ont
toujours de l’avenir. Il leur sera maintenant
demandé de s’enregistrer auprès des autori
-tés. Alors que la seule question qui se posaitétait celle de leur interdiction. Ils n’ont en effetaucune utilité économique, leur rôle est pure-ment spéculatif.Les rémunérations des banquiers et des tra-
ders sont renvoyées aux conseils d’adminis
-
tration des banques dont on connaît le zèle
lorsqu’il s’agit de diminuer bonus et parachu-tes dorés.
Les « innovations nancières » qui avaient ac
-
céléré la propagation de la crise nancières
n’ont fait l’objet d’aucune décision sérieuse.Alors qu’il aurait fallu supprimer purement etsimplement la « titrisation » des créances, il est
simplement demandé aux banques de gar 
-der 5 % des créances qu’elles « titrisent » dansleur bilan, ce qui est dérisoire. L’ « effet levier »et les produits dérivés n’ont même pas étéévoqués.
Quant à la libre circulation des capitaux, elle
reste, avec le libre-échange généralisé desmarchandises et des services, l’un des dog-mes majeurs de la mondialisation libérale.
B
ulletin de liaison n°11
8 avril 2009
www.unmondedavance.eu
2
DOSSIER |
Jean-Jacques Chavigné
Les dirigeants de la planète, les multinationales, la finance ont de quoi se réjouir !
Jean-Jacques Chavigné, instances nationales
Toutes les fanfares étaient convoquées, de l’orchestre philarmonique de New-York au plus petit orphéon, pour célébrer l’évènement historique de la réu
-
nion du G20 en ce début de mois d’avril. Obama complimentait Hu Jintao qui félicitait Sarkozy qui congratulait Merkel. Michelle Obama y allait mêmede son accolade à Elisabeth Windsor. Les peuples, quant à eux, n’étaient pas invités au bal. Ils auront simplement à payer l’intégralité des frais d’une crise
dont ils ne sont en rien responsables.
Le G20 a, certes, voulu en donner l’illusion, mais il n’a traité ni des déséquilibres mondiaux, ni de la récession, ni même de l’actuelle crise nancière. Iln’avait, en fait, qu’un seul point à l’ordre du jour : comment « réguler » la nance pour éviter une prochaine crise nancière dans 5 ou 10 ans. Et même là, ila lamentablement échoué : les deux principales racines de l’actuelle crise nancière sortent intactes ou renforcées de la réunion.
La Banque,
Franz Masereel, aquarelle, 1924
 
B
ulletin de liaison n°11
8 avril 2009
www.unmondedavance.eu
3
PRESSE |
Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès
Pour un nouveau Front Populaire
L’absence d’un débouché politique crédibleapparaît comme un danger majeur pour la dé-mocratie. Cependant, rien n’est joué, à condi-tion que les dirigeants de gauche veuillent bien
sortir de la léthargie actuelle, en posant, enn,
la question de la stratégie pour gagner la pro-chaine élection présidentielle.
La posture du PS, qui consiste à présenter quel
-ques propositions programmatiques, à chercher 
à assurer sa position dominante par rapport aux
autres candidats de gauche et à compter sur 
le rejet de Nicolas Sarkozy pour capitaliser lesvoix de gauche au second tour, s’est avéréepar trois fois inefcace. Cela risque de durer si
les nombreuses ambitions personnelles, faciles àdécrypter et contradictoires, continuent à para-
lyser tout choix stratégique.
Certains proposent de conserver la réponse«classique», en la complétant par l’organisation
de primaires, an de trouver le «bon» candidat
censé sauver la gauche. Outre le fait que la mé-
thode n’a pas été sufsante en Italie pour empê
-cher la défaite et que la culture politique amé-
ricaine est très différente de celle de la France,chacun mesure bien que le choix des Français
ne se fera pas seulement sur la personnalité duprésidentiable, mais sur sa capacité à proposer une sortie de crise. De plus, cette méthode faitl’impasse sur la question majeure, qui constituela condition essentielle de la victoire : l’unité dela gauche.A la présidentielle, c’est toujours le camp le plusuni qui l’emporte. Il s’agira en 2012 de présenter un projet collectif en phase avec les attentesdu peuple de gauche. Aucune des forces enprésence ne peut prétendre le porter seule, pas
même le PS. Sans l’unité, il ne sera pas possibled’élaborer une nouvelle synthèse qui dépasse
les antagonismes passés, les rancoeurs accu-
mulées, les procès d’intention plus tournés vers
le passé que vers l’avenir. Sans l’unité, les Fran-çais demeureront dubitatifs sur la capacité dela gauche à gouverner et à transformer. Il y aurgence à lancer un nouveau Front populaire !
Imposer des mesures plus justes.
On ne plus s’en tenir à une référence formelle
au rassemblement, sans dénir comment le
réaliser, sur quelles bases, avec qui, selon quelcalendrier. Nous proposons, au contraire, une
démarche éloignée des tentations mortifères de
l’hyperprésidentialisation, qui mette en avantle projet, le programme, de façon à créer lesconditions d’une reconquête et d’une victoire.Cette démarche comprendrait :1 - L’organisation immédiate d’une «conver-gence des gauches» (politiques, syndicales,associatives, citoyennes) pour faire reculer legouvernement, imposer des mesures plus justes,présenter une autre logique que celle de Nico-
las Sarkozy.
2 - La création d’un «Comité pour un nouveauFront populaire», avec le même souci d’asso-cier, avec les partis, toutes les forces qui s’en-gagent à gauche. Ce comité préparerait des
«Etats généraux de la gauche», dégageant desthèmes fondateurs en vue de la mise au point
d’une charte pour l’élection présidentielle, àachever avant mi-2010.3 - L’élaboration, sur la base de cette charte, duprogramme d’un candidat unique de la gau-che à l’élection présidentielle.4 - L’organisation de primaires, où les militantsdes organisations signataires de la Charte se-raient consultés, prendrait alors tout son sens. Laconstitution de ce nouveau Front populaire estla seule voie sérieuse pour organiser la victoirede la gauche en 2012. Les responsables poli-tiques de la gauche seront-ils à la hauteur decette attente ?
Marie-Noëlle Lienemann, députée européenne
Paul Quilès, ancien ministreAnimateurs du club gauche Avenir
Tribune - Le Monde du 8 avril 2009.
La crise s’approfondit, les mécontentements se multiplient et l’attentede changement est là, mais la gauche n’incarne, pour l’heure, ni une véritable alternative ni une alter
-
nance prometteuse. L’une et l’autre sont pourtant nécessaires, urgentes, indissociables, car l’incertitudedes temps et le malaise social peuvent enclencher un cycle bien connu dans l’histoire : désespérance,impasse, peur, révoltes, restauration de l’ordre et durcissement réactionnaire.
AGENDA
 jeudi 9 avril
Déplacement de Benoît Hamon
dansl’Oise
Débat « Les réponses à la crise écono
-
mique et nancière » avec Liêm HoangNgoc, section de Bagnolet (93)Réunion AMDiplo droit du travail avecGérard Filoche, Saint-Medard-en-Jalle(33)
vendredi 10 avril
Débat « Travailler le dimanche » avecGérard Filoche à Gennevilliers (92)
Formation « L’Europe dans la géopolitique
mondiale » par Bertrand Perissé à 19h,Amphi 1, université Panthéon Sorbonne
Paris
vendredi 17 avril
Déplacement de Benoît Hamon à Arras
lundi 20 avril
Débat sur la crise économique et nan
-
cière, avec Liêm Hoang Ngoc à Auch(32)
 jeudi 23 avril
Débat « les politiques économiqueseuropéennes face à la crise » avec LiêmHoang Ngoc, section de Mâcon (71)
vendredi 24 avril
« Une autre politique économique euro
-
péenne est-elle possible ? » conférencede Liêm Hoang Ngoc, université deHaute-Alsace, MulhouseLancement de la campagne européennedu PSE à Toulouse
lundi 27 avril
Débat sur la crise économique et nan
-
cière, avec Liêm Hoang Ngoc, fédérationde l’Ardèche
 jeudi 14 mai
Déplacement de Benoît Hamon dans la
Meuse
mardi 28 avril
Débat sur le droit du travail avec GérardFiloche, section PS de Chatou (78)
mercredi 29 avril
Meeting pour les européennes à Stras
-bourg
 jeudi 30 avril
Déplacement de Benoît Hamon
 dans l’AinExamen de la proposition de loi du
groupe socialiste sur le paquet scal à
l’Assemblée nationale.
Formation : cycle Histoire de la Gauche(1789 - 1920) par Philippe Darriulat à 19h,Amphi 1, université Panthéon Sorbonne
Paris
of 00

Leave a Comment

You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...
You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...