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 MATHEMATIQUES EXPERIMENTALES
Illustration,
sur le thème cité en introduction :"
On se souvient de l'image du singe tapant sur un clavier et qui, par hasard…
"
 
 "Mathématiques expérimentales". Avril 2008 - Mise à jour du 29 avril 2009.
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MATHEMATIQUES EXPERIMENTALES
Jean Jacquelin
 
1. INTRODUCTION
Le terme "Mathématiques Expérimentales" s'est étendu à un si grand nombre dematières qu'en faire l'inventaire serait une gageur. On y trouverait d'anciennes disciplines queles moyens informatiques modernes ont profondément renouvelées. Par exemple, qui sesouvient encore du
Calcul Numérique
des taupins à l'époque de Bouvart et Ratinet ? Dansl'inventaire, on y reconnaîtrait des fragments des
Techniques Mathématiques appliquées à laPhysique
, réactualisés. Et qui plus est, quelques éléments de modélisation. On y verraitapparaître en bonne place des développements, des transformations d'équations, qui sefaisaient (et se font encore) péniblement "à la main" et dont se jouent maintenant les logicielsde calcul formel. On arriverait, en point d'orgue, aux
 preuves assistées par ordinateur 
.L'étendard "Mathématiques expérimentales" c'est déployé avec l'essor de l'informatique àpartir des années 1970-80, dans un mouvement qui touche à l'arithmétique, la cryptographie,la géométrie, la représentation graphique de fonctions, leurs approximations, leursoptimisations, la recherche d'erreurs et de valeurs interdites, les probabilités et statistiques,voir même quelques jeux et martingales ! Et beaucoup d'autres choses. De tout ceci, il ne serapas question. Même les études heuristiques, pourtant très importantes, de l'apport desmathématiques expérimentales dans l'enseignement sont hors propos dans ce qui suit.Le terme "Mathématiques expérimentales" est pris ici dans un sens beaucoup plusrestreint, certainement proche de l'idée que pouvait s'en faire C.F.Gauss à son époque :approcher la vérité mathématique par l'expérimentation systématique. Observer, en déduiredes conjectures qui seront prouvées plus tard.En préliminaire, on peut se demander ce qu'évoque le terme "MathématiquesExpérimentales" dans le grand public. Adressons-nous à tout un chacun : Ne vous semble-t-il pas choquant de voir le qualificatif "expérimental" accolé au mot "mathématique" ? Ons'attendrait à ce qu'une science théorique n'ait, en aucune façon, de démarche expérimentale,évoquant l'observation de phénomènes, voire des tâtonnements, des essais répétés avecerreurs et corrections.Pourtant, que fait l'étudiant confronté à un problème mathématique ? Dans une phasepréliminaire, il va explorer différentes pistes, tenter plusieurs approches qu'il subodore être debonnes orientations pour arriver à la solution, grâce à ses connaissances et son intuition. N'est-ce pas déjà, en partie, une façon expérimentale d'aborder un problème ? Certes, ce n'est pasencore la démonstration en bonne et due forme, qui se concrétisera ensuite dans une phasethéoriquement structurée, la seule qui sera portée sur sa copie et évaluée par l'examinateur.L'exemple précédent se situait dans un cadre scolaire où l'on sait, a priori, que leproblème posé a très probablement une solution accessible au niveau de connaissances decelui à qui il s'adresse. Il est plus intéressant de réfléchir à la démarche du chercheur
 
 "Mathématiques expérimentales". Avril 2008 - Mise à jour du 29 avril 2009.
2confronté à une question dont il ne sait pas si la réponse sera possible avec les connaissancesmathématiques de l'époque. Son travail exploratoire peut lui faire observer une coïncidenceou une relation qui, à ce stade, est seulement une conjecture. La nécessaire démonstration peuts'avérer difficile et de longue haleine. On ne peut même pas savoir si le jeu en vaut lachandelle, puisque la conjecture pourrait être fausse. Ainsi, avant de s'engager dans une voieincertaine, il n'est pas rare de faire une "vérification" par calcul numérique. Un résultat correctconforte l'espérance que la conjecture soit valide, d'autant plus que la précision du calcul estgrande. Ce n'est pas une preuve, mais cela évitera de gaspiller des efforts sur une conjecturegrossièrement erronée, ce qui n'est pas rien.Un exemple historique bien connu est celui de la série suivante (valeur particulière dela fonction zêta, selon l'écriture actuelle) :
2222
1111(2)1......234
n
ζ 
= + + + + + +
 Par un calcul approximatif, Euler remarqua une bonne proximité avec
2
 /6
π 
, ce qui leconforta dans la recherche et finalement la découverte de la démonstration de l'égalité
2
(2)/6
ζ π 
=
 Dans le même ordre d'idées, évoquons C.F.Gauss qui observa que le nombre denombres premiers inférieurs à
n
est approximativement
n/ln(n)
, ce qui ne sera confirmé quebeaucoup plus tard.Une autre conjecture, fortement étayée par calcul numérique, mais non prouvée de nos jours, est celle des zéros non triviaux de la fonction zêta de Riemann, dont la partie réelleserait égale à ½.Ces approches empiriques, souvent pour des tests préliminaires de conjectures et deformules, voire pour en chercher de nouvelles, sont souvent utiles et efficaces, mais àcondition de les considérer avec prudence: Ce n'est pas sans risque de fourvoiement, ainsi quenous nous proposons d'en donner un aperçu, ce qui est un point essentiel de ce papier. Lethème des incertitudes dans les coïncidences apparentes de résultats numériques est bienprésent dans l'enseignement actuel des mathématiques, même à un stade précoce.Nous verrons également que les techniques empiriques dans la recherche évoluent "del'artisanal à l'industriel", métaphore pourtant peu appropriée aux mathématiques ! En effet,l'accroissement spectaculaire des performances des calculateurs électroniques permet debalayer d'une façon systématique un domaine de plus en plus étendu. Certes, ces procédésapparaissent d'une piètre intelligence comparées aux méthodes des mathématiciens dont lesconnaissances et l'intuition sont les atouts maîtres pour circonscrire les recherches.On se souvient de l'image du singe tapant sur un clavier et qui, par hasard, écrit unephrase intelligible et même célèbre. On sait que la probabilité pour que cela se produise estabsolument infime. Si l'on transpose cette image au domaine des mathématiques, quelleprobabilité y aurait-il de dactylographier une formule exacte ? Et au lieu du singe, s'ils'agissait d'un ordinateur doté d'une grande puissance de calcul, d'une vitesse vertigineuse ? Jene crois pas que l'on puisse répondre à cette question dans l'état des connaissances actuelles.Bien entendu, on peut faire des études statistiques sur les milliards de nombres qui sont traités
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