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L’épée du Libertador dans l’idéologie des révolutionnaires bolivariens

L’épée du Libertador dans l’idéologie des révolutionnaires bolivariens

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Published by Alejandro E. Gómez
Problèmes d’Amérique Latine, No. 60 (2006), pp.95-114.
Problèmes d’Amérique Latine, No. 60 (2006), pp.95-114.

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Categories:Types, Research
Published by: Alejandro E. Gómez on May 17, 2013
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L’
EPEE DU
L
IBERTADOR DANSL
IDEOLOGIE DES REVOLUTIONNAIRESBOLIVARIENS
 
 Alejandro E. Gómez* 
Résumé : Cet article analyse la façon comment les épées de Simón Bolívar
s‟imposent comme des symboles de l‟identité nationale et régionale dansl‟imaginair
e politique vénézuélien depuis la fin du XIXème siècle, et plusrécemment, dans
l‟idéologie du Mouvement bolivarien révolutionnaire au
 Venezuela, tout particulièrement dans la perception de son principal leader, HugoChávez. Nous étudierons ces aspects à l
a lumière d‟une longue tradition idéologiquedu culte des héros établie par l‟historiographie de la patrie, avec notamment le culte
 voué au
Libertador 
, et en la mettant en perspective avec la manière dont lesmouvements subversifs de gauche colombiens appréhendent ce personnage depuisles années 1970.Pour citer cet article : Alejandro E. Gómez, «
L‟épée du Libertador dans l‟idéologie
des révolutionnaires bolivariens »,
Problèmes d’Amérique latine 
, no.60 (printemps2006), pp. 95-114
 
 
Dans le chaos des
événements, l‟on trouve toujours des exemples pour
appuyer les théories les plus insensées. Andrés Bello, « Modo de escribir la Historia »
 ,
 
 El Araucano
, Santiagode Chile, 1848
 À la suite de l‟éclatement de la Grande Colombie en 1830, au Venezuela, il e
st apparunécessaire de trouver un élément unificateur susceptible de satisfaire les ambitions de divers
caudillos 
 
de second rang, et de calmer les masses des hommes de couleur libres qui n‟avaient pu réaliser leurs
aspirations sous le nouveau régime républicain. La solution apportée à ce dilemme par une partie dela nouvelle élite politique dominante (les « conservateurs libéraux ») consistait à raviver le soi-disant
programme originel de l‟émancipation, une prétendue création de Simón Bolívar, récemment d
écédé.
L‟homme commençait alors à être perçu par le peuple comme son champion de la liberté. Ainsi,lorsqu‟en 1833 l‟on projette de rapatrier la dépouille du Libertador (conservée à Santa Marta depuis
sa mort en 1830), le véritable objectif 
 – 
 
comme l‟affir
me Carrera Damas
 – 
est bien de développer un
projet politique et gouvernemental dont le pays manquait jusqu‟alors
1
.
Cet événement constitue le départ de la formation d‟une idéologie plus large de l‟unité
nationale, qui prétendait justifier la rupture du lien colonial, présentant la période indépendantiste
comme l‟ère dorée d‟une gestation nationale. C‟est pour cette raison que l‟on commence alors àglorifier les principaux combattants patriotes de cette époque, parmi lesquels l‟on cherche à mettre
particulièrement en avant le personnage de S. Bolívar (que nous nommerons Père de la Patrie dansles lignes suivantes), tout en minimisant le rôle du peuple dans ce processus
2
. Néanmoins, cette
 version élitesque de l‟historiographie officielle n‟a pas empêché le su
rgissement
 – 
ou le renforcement
 – 
 
d‟une version populaire de S. Bolívar, dans laquelle il apparaît comme le défenseur de l‟égalité, le
libérateur des esclaves, et, même, comme le martyr de la république
3
.
 Tout cela a constitué les bases de l‟émergence d‟un
e forme de religion séculaire, distincte duculte catholique qui perdure de nos jours. Elle déifie la personne de S. Bolívar, en même temps
* Alejandro Gómez est chargé de recherche à l‟EHESS/CERMA.
 
1
Germán Carrera Damas,
 El Culto a Bolívar 
, Caracas, UCV, 1973, pp. 40-53.
2
G. Carrera Damas, « El Caso de Venezuela »,
in : Los usos y abusos de la historia en la teoría y en la práctica política.
Caracas,Université Simón Bolívar, Coll. Idea, 1988, p.76
3
Yolanda Salas Lecuna,
Bolívar y la Historia en la Conciencia popular 
, Caracas, Université Simón Bolívar, 1987, p.39.

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