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Divorce, pension alimentaire et niveau de vie des parents et des enfants. Une étude à partir de cas-types

Divorce, pension alimentaire et niveau de vie des parents et des enfants. Une étude à partir de cas-types

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Published by Stephanie Lamy
Jacquot A. 2002
Jacquot A. 2002

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RECHERCHES ET PRÉVISIONS N° 67 - 2002 
37
ENFANCE 
Divorce, pension alimentaire et niveaude vie des parents et des enfants
Une étude à partir de cas types
Alain Jacquot *
Lobjet de cet article est de procéder à un examen critique des règles censées êtrappliquées pour la fixation du montant de la pension alimentaire due par le parent non gardien pour l’entretien des enfants en cas de divorce ou de paration. Il s’agiégalement d’évaluer limpact des pensions alimentaires ainsi calculées sur les niveaude vie des deux parents et des enfants après la séparation. Dans de nombreusesituations, les montants de pension calculés en application des règles juridiques evigueur sont relativement modestes, parfois inférieurs au montant de l’allocation de soutien familial versée par la CAF au parent gardien en cas de faillance totale du parent non gardien , parfois même nuls, alors même qu’il est tenu compte explicitement du surcoût des enfants résultant de la situation de monoparentalité. La modestie de ces montants s’explique principalement par trois facteurs : le principe me de calcul de la pension alimentaire, en application du Code civil ; la prise en compte des fraiexposés, le cas échéant, par le parent non gardien à loccasion du droit de visite ; lprise en compte d’une partie du coût des enfants par la collectivité, par le biais de prestations familiales ou déconomies d’imt dont ficie le parent gardien.
* CNAF – Bureaudes Prévisions.NDLR : l’étude ayantété réalisée selon les barèmes de 2000, lesmontants exprimésdans l’article sont enfrancs.
L
orsque les parents sont divorc
é
s ous
é
par
é
s, le parent qui n
a pas la gardedes enfants participe
à
leur entretienen versant
à
l
autre parent une pensionalimentaire. Selon les r
è
gles en vigueur(encadr
é
 
1 p. 38), la pension alimentaire doit
ê
tre d
é
termin
é
e de mani
è
re
à
ce que chacundes deux parents contribue au co
û
t desenfants
à
proportion de ses ressources(articles 214 et 288 du Code civil
voirencadr
é
2 p. 40 pour les extraits des articlesdu Code civil cit
é
s dans cet article).L
objet de cet article est d
analyser l
impactdes revenus des parents et du nombre et del
’â
ge des enfants sur le montant de la pensionalimentaire d
é
termin
é
en application de cetter
è
gle, et d
inf 
é
rer l
impact du montant de lapension alimentaire sur le niveau de vie desex-
é
poux et des enfants. Cette contributionest une version abr
é
g
é
e d
un document pluscomplet auquel on renvoie le lecteur int
é
ress
é
(Jacquot, 2001).Dans la premi
è
re partie, le cadre d
analyseest simplifi
é
 
à
l
extr
ê
me : on se place dans unmonde o
ù
il n
existerait ni imp
ô
t ni presta-tions, et le niveau de vie du parent gardienet des enfants est calcul
é
en comptant 0,3 unit
é
de consommation au titre de chaque enfant,quel que soit son
â
ge. On n
é
glige, dans cettepremi
è
re partie, les co
û
ts qui peuvent
ê
tresupport
é
s par le parent non gardien
à
l
occa-sion de l
exercice d
un droit de visite, ainsique les difficult
é
s financi
è
res particuli
è
resrencontr
é
es par les familles monoparentales.
 
38
RECHERCHES ET PR 
É 
VISIONS N 
° 
67 - 2002 
Encadr 
é 
Prestation compensatoire et pension alimentaire versée pour l’entretien des enfantsQuelques rappels juridiques
(1)Les parents ont l
obligation de nourrir, entre-tenir et
é
lever leurs enfants (article 203 duCode civil, article 27 de la Convention inter-nationale des droits de l
enfant). Cette obli-gation d
entretien incombe aux parents nonmari
é
s tout autant qu
aux parents mari
é
s. Elleincombe aux seuls parents. L
obligation d
en-tretien d
é
pend en effet directement du lien defiliation, ce qui signifie qu
elle na
 î 
t et dispara
 î 
tavec lui. Apr
è
s le divorce ou la s
é
paration,cette obligation perdure (articles 288 et 293 duCode civil), et un parent qui n
est pas titulairede l
autorit
é
parentale ou qui ne dispose pasdu droit de visite reste n
é
anmoins d
é
 biteurde l
obligation d
entretien (Rebourg, 2000).Lorsque l
enfant vit au foyer de l
un de sesparents, ce dernier exerce son obligation d
en-tretien en nature. Le parent chez lequel l
enfantne r
é
side pas ou qui n
a pas l
exercice de l
auto-rit
é
parentale doit contribuer
à
l
’é
ducation et
à
l
entretien de l
enfant
à
proportion des besoinsde celui-ci et des ressources de l
un et l
autreparents (article 288 du Code civil). Cette obli-gation prend la forme d
une pension vers
é
e auparent chez lequel l
enfant r
é
side habituelle-ment.La pension alimentaire vers
é
e au parent gardiena vocation
à
couvrir les frais d
entretien desenfants. Elle doit
ê
tre distingu
é
e de la prestationcompensatoire, dont l
objet est de corriger,autant que possible, les disparit
é
s cr
éé
es parla rupture du mariage dans les conditions devie respectives des
é
poux (article 270 du Codecivil). Tout d
abord, la prestation compensatoirevise
à
compenser la perte de niveau de vie plusforte de l
un des deux ex-
é
poux. Il en r
é
sultenotamment que la prestation compensatoireconcerne en droit les couples (divorc
é
s) sansenfant au m
ê
me titre que les couples (divorc
é
s)avec enfants. La prestation compensatoire neconcerne en droit que les couples divorc
é
s
donc pr
é
c
é
demment mari
é
s (2)
, alors quela pension alimentaire vers
é
e pour l
entretiendes enfants est d
é
termin
é
e en appliquant lesm
ê
mes r
è
gles pour les couples mari
é
s et pourles couples de concubins.Les deux dispositifs
prestation compensatoireet pension alimentaire
r
é
pondent donc
à
desobjectifs diff 
é
rents et n
ont pas le m
ê
me champd
application. La prestation compensatoire, enoutre, est en principe vers
é
e sous forme decapital (article 276 du Code civil) et,contrairement
à
la pension pour l
entretien desenfants, elle n
est r
é
visable que sous desconditions assez restrictives (article 279 du Codecivil). Les transferts au titre de la prestationcompensatoire sont consid
é
r
é
s commeparticipant de la liquidation du r
é
gimematrimonial (article 280 du Code civil).-----
(1) Pour une description plus compl
è
te de l
obliga-tion d
entretien, voir Rebourg M.,
Les prolongementsde l’obligation alimentaire : obligation d’entretien etobligation naturelle
,
in
 
«
 
Obligation alimentaireet solidarités familiales. Entre droit civil, protec-tion sociale et réalités familiales »
(sous la dir.de Choquet L.-H. et Sayn I.),
L.G.D.J.
, 2000.(2) Sauf en cas de divorce pour rupture de la viecommune : le divorce ne met alors pas fin au devoirde secours, et la prestation compensatoire est sansobjet ; on notera par ailleurs qu
en cas de divorcepour faute prononc
é
au tort exclusif de l
un des
é
poux
ce qui est rare
, ce dernier ne peut demanderune prestation compensatoire.NDLR : voir encadr
é
2 p. 40, pour les extraits desarticles cit
é
s dans cet encadr
é
.
Cette premi
è
re partie illustre les principauxm
é
canismes
à
l
’œ
uvre dans le partage despertes de niveau de vie entre les ex-conjointset offre l
occasion de discuter de l
articula-tion entre pension alimentaire et presta-tion compensatoire. La r
è
gle pos
é
e parl
article 288 du Code civil, selon laquellechacun des deux parents doit contribuer
à
l
entretien des enfants
à
proportion deses ressources, a pour cons
é
quence quechacun des deux parents conna
 î 
t la m
ê
meperte de niveau de vie, en pourcentage, parrapport
à
ce que serait ce niveau de vie s
il
é
tait sans enfant. Il en d
é
coule que lapension alimentaire ne garantit pas auxdeux parents le m
ê
me niveau de vie apr
è
sla s
é
paration, le l
é
gislateur ayant laiss
é
 
à
la prestation compensatoire, et
à
elle seule,le soin de corriger autant que possible
«
lesdisparités créées par la rupture du mariagedans les conditions de vie respectives desépoux
»
.Dans une deuxi
è
me partie, le cadre d
ana-lyse est progressivement
é
largi, pour tenircompte de l
’â
ge des enfants, des co
û
ts
 
RECHERCHES ET PR 
É 
VISIONS N 
° 
67 - 2002 
39
ENFANCE 
support
é
s par le parent non gardien, et dusurco
û
t des enfants engendr
é
par la situa-tion de monoparentalit
é
. Le cadre d
ana-lyse est
é
galement
é
tendu aux situations degarde altern
é
e. Le fait que les enfants soientadolescents ainsi que le surco
û
t des en-fants imputable
à
la situation de mono-parentalit
é
jouent dans le sens d
un accrois-sement de la pension alimentaire vers
é
e auparent gardien. A l
inverse, la prise encompte des co
û
ts support
é
s par le parentnon gardien
à
l
occasion de l
exercice dudroit de visite ou la garde altern
é
e, le cas
é
ch
é
ant, tendent
à
r
é
duire la pension ali-mentaire.Dans une troisi
è
me et derni
è
re partie, onr
é
introduit dans les calculs les imp
ô
ts etles transferts sociaux. Le probl
è
me pos
é
par les imp
ô
ts et les prestations peut
ê
trer
é
sum
é
de la mani
è
re suivante : avantcomme apr
è
s la s
é
paration, une partie duco
û
t des enfants est prise en charge par lacollectivit
é
, par le biais de r
é
ductionsd
imp
ô
t (le principal m
é
canisme en jeu estcelui du quotient familial) et/ou de presta-tions. Apr
è
s la s
é
paration, pour l
essentiel,c
est le parent gardien qui b
é
n
é
ficie desr
é
ductions d
imp
ô
t et des prestations. Parrapport
à
ce qui se passerait dans un mondesans imp
ô
t ni prestations, un ajustement
à
la baisse de la participation du parent nongardien
à
l
entretien des enfants est n
é
ces-saire, si l
on veut que chaque parent conti-nue
à
contribuer au co
û
t des enfants
à
proportion de ses ressources.
Fixation du montant de la pensionet impact sur le niveau de viedans un cadre simplifié
Revenus,
é 
pargne, d 
é 
penses, et niveau de vi
On convient dans toute la suite de cet articlede noter
1
le revenu mensuel du parentnon gardien (le p
è
re dans pr
è
s de 90 % descas) et
2
le revenu mensuel du parentgardien (la m
è
re en g
é
n
é
ral). Pour sim-plifier l
analyse, on suppose pour l
instantqu
il n
existe ni imp
ô
t sur le revenu niprestations familiales. Les revenus avant etapr
è
s imp
ô
t et transferts sociaux sont doncidentiques.Les revenus
1
et
2
incluent les revenusd
activit
é
professionnelle et les revenus dupatrimoine le cas
é
ch
é
ant, que ces revenusdonnent lieu ou non
à
un encaissement.Les ressources
1
 
et
2
sont suppos
é
es
à
peu pr
è
s stables au cours du temps. Parailleurs, pour simplifier, on suppose qu
iln
y a pas d
’é
pargne, avant comme apr
è
sla s
é
paration : ainsi, les d
é
penses d
unm
é
nage se confondent avec son revenu, eton emploiera indiff 
é
remment les mots
«
d
é
penses
»
et
«
revenu
»
, bien que ladiscussion qui suit porte en principe surles d
é
penses.A niveau de d
é
penses donn
é
, le niveau devie d
un m
é
nage est d
autant plus faibleque le nombre de personnes qui le composentest
é
lev
é
. De mani
è
re
é
quivalente, unm
é
nage comprenant au moins deux per-sonnes doit d
é
penser davantage qu
unc
é
libataire sans enfant pour atteindre unniveau de vie donn
é
. Pour traduire cetteid
é
e, les
é
conomistes ont traditionnelle-ment recours
à
une
é
chelle d
’é
quivalence :l
’é
chelle d
’é
quivalence
ou nombre d
unit
é
sde consommation
mesure le rapport entreles d
é
penses d
un m
é
nage de
n
personneset les d
é
penses d
un c
é
libataire sans enfantpour atteindre un m
ê
me niveau de vie.Les
é
chelles d
’é
quivalence sont en g
é
n
é
ralobtenues par des estimations
é
conom
é
tri-ques r
é
alis
é
es sur des donn
é
es issues d
en-qu
ê
tes sur les d
é
penses des m
é
nages. Untrait commun
à
toutes les
é
chelles d
’é
qui-valence est que les d
é
penses d
un m
é
nagede
n
personnes, pour atteindre un niveaude vie donn
é
, sont inf 
é
rieures
à
 
n
fois lesd
é
penses d
un m
é
nage de une personne(pour atteindre le m
ê
me niveau de vie) ;la raison en est que certains biens sont d
unusage collectif (sanitaires, t
é
l
é
vision, etc.) :ils servent
à
l
ensemble des membres dum
é
nage et la d
é
pense correspondante n
estsupport
é
e qu
une fois.Les besoins d
un adulte
é
tant plus cons
é
-quents que ceux d
un enfant, dans la litt
é
-rature sur les
é
chelles d
’é
quivalence, il est

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