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Petit dico de la pub
A comme Ali
é
nation.
La pub,
ç
a rend d
é
pendant,
ç
a rend malade. Des labos am
é
ricains ont lanc
é
un m
é
dicament pourgu
é
rir de la fi
è
vre acheteuse, celle des consommateurs accrocs
à
la d
é
pense inutile. Le Celexa agitdirectement sur la pulsion d'achat via la s
é
rotonine. Les hypermarch
é
s ne doivent pas s'inqui
é
terpour autant : la soci
é
t
é
Upromise vient d'inventer, elle, la recette miracle pour apprendre
à
d
é
pensertoujours plus, et, tout
ç
a, sans aucune culpabilit
é
: plus vous achetez, plus la soci
é
t
é
finance lecompte d'
é
pargne de vos gosses. L'objectif cach
é
: faire de la surconsommation une bonne actionmais aussi rendre le consommateur d
é
pendant d'une marque
à
perp
é
tuit
é
!
B comme Bureau de V
é
rification de la Pub.
Faut faire confiance ! Le BVP, c'est un peu comme si on confiait leur autodiscipline aux dealers.
Ç
ane le g
ê
ne pas, la propagande pour le tabac qui tue des gosses ou pour des bagnoles pitbulls ou desfemmes n
é
cessairement salopes, mais pas question qu'Amnesty International critique la Chine oules
é
tats-Unis,
ç
a nuirait aux bonnes relations entre les grands
è
tats. Pas question non plus de passerun clip pour la Journ
é
e sans achat. Le BVP champion de la protection des valeurs
à
g
é
om
é
trievariable.
C comme Cr
é
tin c'est-
à
-dire comme propagation de contre-valeurs.
La pub, ce n'est pas seulement inutile, c'est sacr
é
ment m
é
chant et con. Merc
é
des a d
û
retirer une pubmettant en sc
è
ne des pitbulls, c'est vrai qu'un molosse pareil,
ç
a fait peut-
ê
tre vendre des bagnoles,mais c'est pas ce qu'il y a de mieux pour combattre l'agressivit
é
au volant. Le PDG d'Intersports et ledirecteur de l'agence publicitaire BDDP ont comparu en correctionnelle pour une campagned'affichage exhibant un pitbull agressif au risque d'aggraver encore la violence urbaine, y para
 î 
t quec'
é
tait par souci de connivence avec les jeunes des banlieues. Coca-Cola propose, lui, de remplacerles cours de philo par la vraie vie. Faut pas croire que tout
ç
a soit insignifiant,
ç
a vous formate uneg
é
n
é
ration. Le danger publicitaire est d'autant plus fort qu'il favorise le recul des autres activit
é
sportant sur des signes, il tue l'imaginaire des gosses. La pub, c'est l'anticulture par excellence ; laculture, plus on la fr
é
quente t
ô
t, plus on devient un citoyen responsable ; la pub, plus on y estsoumis jeune, plus on en devient accroc des marques, genre malade de l'achat.
 
D comme D
é
gradant.
La pub, c'est pas fait pour faire r
é
fl
é
chir mais pour faire acheter. Pour
ê
tre efficace, soyons le plusr
é
gressif possible. Une femme nue
à
quatre pattes
à
c
ô
t
é
d'un mouton (pub de La City). La pubexploite les fantasmes et phobies les plus
é
cul
é
s et partag
é
s. Elle fait avec le corps de l'enfant cequ'elle r
é
alise depuis des lustres avec le corps d
é
nud
é
de la femme (et depuis peu de l'homme). Ellefait fantasmer le client avec ce corps puis transf 
è
re ce d
é
sir sur le produit. La pub pour Opiumpropage une image d
é
gradante de la femme : posture couch
é
e suggestive, jambes
é
cart
é
es, mainpos
é
e sur un sein. La femme n'a conserv
é
que ses hauts talons naturellement dor
é
s, une marque dechaussures exhibait la godasse de luxe d'un type invisible mais appuy
é
sur le sexe d'une splendidefemme
à
moiti
é
nue, etc. La le
ç
on de ce type de pub : qui peut acheter l'une peut se payer l'autre.Dunlopillo exhibe un homme trait
é
en animal par une dominatrice, Kooka
ï
pr
é
sente ses clientescomme des mangeuses d'hommes, etc. Le sexe ? D'accord mais quand je veux et avec qui je veux !Le hic, dans la pub, ce n'est pas la pornographie, c'est le viol syst
é
matique de l'intimit
é
. La pub etLoft Story ? Une m
ê
me saloperie contre le respect de l'autre ! La r
é
sistance contre la pub, ce n'estpas le retour des ligues de vertu, c'est l'affirmation que le cul,
ç
a doit rester du domaine du don (pasdu fric). Est-ce un hasard si le sado-maso et la bestialit
é
vont bien avec le luxe ? Quelle est l'imageque la pub tente d'imposer du bon peuple ? Est-ce une sous-humanit
é
compos
é
e de “bœufs”vulgaires regardant un match de foot
à
la TV en buvant de la bi
è
re Budweister tout en rotant ?
E comme
é
cole.
L'
é
cole publique ou priv
é
e se prostitue avec la pub. Elle est le nouvel Eldorado des grandes marquesd
é
voreuses de t
ê
tes blondes : poubelles (mais oui...) de classe sponsoris
é
es par des hyper, kitsp
é
dagogiques gratuits, manuels
é
ducatifs servant la soupe
à
des grandes marques, bons d'achat oude r
é
duction offerts
à
la place des bons points et images d'antan, spectacles scolaires sponsoris
é
s parMcDo, activit
é
s sportives financ
é
es par des marques de sport, etc. Faut comprendre : l'
é
cole manqued'argent et les gosses sont influen
ç
ables d
è
s le sixi
è
me mois et prescripteurs d'achats d
è
s deux ans !Les firmes am
é
ricaines sont parvenues
à
int
é
grer la pub dans les emplois du temps : scolaires : lessoci
é
t
é
s fournissent des
é
quipements et, en
é
change, les
é
coles s'engagent
à
ce que les enfantsassistent quotidiennement au programme Channel One (2 minutes de pub toutes les 10 minutes). Etsi on (re)fondait la la
ï
cit
é
pour foutre le march
é
en dehors de l'
é
cole !
F comme Flicage.
Soyons s
é
rieux : la pub n'existe pas sans la mise sous contr
ô
le syst
é
matique de toute la populationconsommatrice. Tol
é
rer le r
è
gne de la pub, c'est accepter d'
ê
tre sans cesse espionn
é
. Les instrumentsdu flicage sont de plus en plus sophistiqu
é
s : tachytoscope pour contr
ô
ler la vision d'une annonce
à
 des vitesses variables, “eye camera” pour enregistrer les mouvements oculaires, folder-test pourmesurer l'efficacit
é
de diff 
é
rentes versions d'une pub, peoplemeter pour mesurer l'audience desspots publicitaires, datamining ou analyse des tickets pay
é
s par carte de fid
é
lit
é
(type Pass) ou decr
é
dit (American Express), cookies c'est-
à
-dire mouchards qui suivent, pas
à
pas, votre trace sur
 
internet, analyse de vos commandes par correspondance, etc. La Poste organise aussi ce flicagegr
â
ce
à
ses cellules g
é
omarketing (“Dis-moi o
ù
et comment tu habites, je te dirai qui tu es”) qui, encroisant des donn
é
es g
é
ographiques, socio-d
é
mographiques et comportementales,
é
tablissent lesprofils types de “clients” vendus ensuite “confidentiellement”
à
la Halle aux V
ê
tements, PierImport, Conforama, etc.
G comme Gaspillage.
La pub ne cr
é
e pas de vraies richesses, contrairement
à
ce qu'affirment les S
é
guela et autres dealersde faux espoirs, ou alors c'est de m
ê
me fa
ç
on que les marchands de mort que sont les cigarettiers etautres trafiquants d'arme. La pub, c'est un gaspillage de mati
è
res et d'
é
nergie, c'est des montagnes ded
é
chets, c'est un gaspillage d'objets cens
é
s offrir le bonheur cl
é
s en main. C'est un gaspillaged'imaginaire d
é
tourn
é
au seul profit du fric, de la “gagne”.
H comme Hypermarch
é
.
Le dressage du consommateur par la pub se poursuit dans les Hypers : largeur des trav
é
es,luminosit
é
variable, etc. Il existe m
ê
me des vrais-faux magasins type Magali pour Carrefour pourtester les innovations marketing augmentant les achats impulsifs. Les autres groupes utilisent lesm
ê
mes ficelles pour dresser les clients : une arm
é
e de sociologues et de psychiatres d
é
terminent cequi nous pousse
à
acheter pour pouvoir ensuite instrumentaliser nos r
é
actions.
I comme Invasion.
Les sectes ont invent
é
le bombardement
é
motionnel, la pub invente le bombardement par desmessages non sollicit
é
s. Les experts du phoning ont toute une panoplie pour forcer ta volont
é
 comme le pi
è
ge de la fausse alternative (on se voit jeudi ou vendredi ?). Les webistes ont invent
é
lespamming, histoire de te bourrer la t
ê
te, mais bient
ô
t t'auras de la pub au milieu de tes appelst
é
l
é
phoniques. Imagine : tu d
é
clares ta flamme et au beau milieu de tes roucoulades une petite pubpour une marque de briquet ou pour du Viagra, etc. Bien s
û
r, tu seras pas oblig
é
, mais faudra payerplus pour pas
ê
tre viol
é
. La Poste inonde ta bo
 î 
te aux lettres avec 18 milliards de pubs par an tout ensachant que 47 % n'aiment pas cela, que 38 % n'en ont rien
à
faire.
J comme Jeunisme.
La pub aimerait les jeunes au m
é
pris des vieux. Les valeurs coll
é
es au jeunisme font davantagevendre que celles de l'
â
ge. On imagine mal aujourd'hui une cr
è
me pour favoriser les rides. Ce jeunisme est en fait un d
é
ni d'enfance car elle rabat l'enfant sur le client : on expose le corps degamins d
é
nud
é
s, on d
é
guise des gamines en objets sexuels, on fait croire aux gamins que le bonheur
of 00

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