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Comment sauver le patrimoine humain afghan ?
 
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È
DES
 
À
 
L
EXTINCTION
 
DU
 
PATRIMOINE
 
HUMAIN
 
IMMAT
 
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RIEL
 
EN
A
FGHANISTAN
 Exposé
revu et modifié le 23/6/2008 à Beaucaire
 
(Gard – France) pour lecture dans lecadre de
Traditions et Histoire afghanes
, série de manifestations organisées par 
 L’Atelier des Arts Populaires
et
projet d’article
présélectionné par l’Organisation de la Conférence MECA/
M
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C
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A
sia - Salt Lake City - Utah - Etats-Unis d’Amérique – 2007 – Panel Theme : Methodological Approaches to Regional Studies)
AUTEUR :
Laurent, Jean, Roger 
DESSART
(Docteur du Muséum National d’Histoire Naturelle)Mèl :l-td@hotmail.fr  ;laurent@t-sano-lik.com(33(0): -6 81 16 66 15 ; -4 66 81 75 30) Les Clausonnettes - 21 rue de la République - 30300 Beaucaire – France----------------------------------------------------------------------------------------------------------
Remedies to the Human Immaterial Cultural Patrimony Extinction in Afghanistan(MECA Conference Organisation–SLC/Utah/USA– Selected Paper Project–2007–)(English Summary)
Based upon 2007 inquiry, there was, in the scope of Unesco and European institutions,no concerted project proposal concerning the saveguard of Afghanistan traditional arts andhandicrafts. Excepting the fields of official culture, like museums, libraries, gardens, andmodern medias, such as television, radio, film- and video-making, photography and press,nothing is done to prevent the disappearing of afghan popular æsthetics and ways of life.Essentially rural, the afghan ethnical and linguistic immaterial patrimony has survivedafter a quarter of a century of bloody conflicts and political unrest. Carpets, performed byTurkmen, Baluch and Uzbek, jewellery, also led by Turkmen, woodcarving and furniturefrom Nuristan, painted boxes and embroidery, as well as tailoring and truck-painting are themost celebrated traditions in the field of afghan popular art and handicrafts. But there areother activities (perfumery, gastronomy, music, poetry, etc.) in which Afghans cultivate theexcellency. They need to be given opportunities to survive.In the last century’s sixties and seventies, many anthropologists and linguists haveapplied scientific methods to the study of popular culture, including oral tradition. But thistask was never achieved. After the upsettings of the last decades, it became an emergency.Due to the weakness of Afghan average life expectation (40 years), there might never bea future for traditional handicrafts and rural traditions, if the efforts of the internationalcommunities (main donors and actors in the field of 
recontruction
) are not involved in thatdirection. For this pupose, it is necessary that scientists coordinate their reflexion to conceivea workable project for Afghan traditional culture preservation.In this brains trust a panel of anthropologists and linguists of foreign origin is necessary.But for programme implementation, security threats implicate the participation of indigens.They are nowodays the only ones to be able to establish safe relations with informers.1
 
Comment sauver le patrimoine humain afghan ?Remèdes à l’extinction du patrimoine humain immatériel en Afghanistan«
 La vision du monde n’est pas la même pour tout le monde, et pourtant la vérité est unique.
»
Assadulla et Layla RAÏD 1980, 97
Préambule et dédicace :Leur tragédie n’en finit plus. Lassés par un état de guerre qui dure depuis plus d’unquart de siècle, hommes et femmes n’aspirent plus qu’à la paix. Et pourtant, souffrant auquotidien l’humiliation de leur propre pays et subissant le mépris ou l’indifférence de la partdu reste du monde, les Afghans opposent de nouveau aux agressions de l’occupant étranger etde ses alliés une résistance opiniâtre. Concernant ces mouvements de rébellion, les médiasinternationaux livrent à l’opinion publique des schématisations douteuses, dénonçant unregain des Talibans et d’al-Qaida, ou bien encore les méfaits de bandes de brigands. Cettevision des choses reflète le parti pris d’une stigmatisation délibérée de l’opposition farouchedu peuple afghan, systématique en cas d’ingérence, ainsi que l’ont démontré les tentativesmalheureuses des Anglais au XIX° siècle et des Russes de 1979 à 1989. Malgré toutes lesannées de guerre subies par les Afghans, ceux-ci manifestent encore que leur espritd’indépendance (pachtou :
khpelwâkey
) l’emporte sur le désir de paix et de sécurité.Comment et par où commencer l’explication de ce qui se passe réellement ? Commentdéjouer les félonies du monde occidental, qui, tout en invoquant de bonnes intentions et en sedissimulant sous un nuage de sinformation nourrissant l’indifférence de l’opinioninternationale, diligente le meurtre culturel de peuples entiers ? Comment expliquer que la présence, principalement judiciaire, policière et militaire, des autorités légales dans le pays,alors qu’elle se pare des attributs de la défense de la démocratie et des droits de l’homme, sefait subrepticement complice du formatage mercantiliste de la majorité des individus ? Enosant poser ces questions, l’auteur de celles-ci n’ignore pas qu’il s’expose à être accusé deconnivence avec les inrêts des insurs. Cependant, la déontologie de la professiond’ethnologue l’incite à le faire, afin de contrer les manœuvres de manipulation de l’opinion publique et de dissiper son ignorance absolue et persistante des dessous véritables de la guerred’Afghanistan.
Car avec 67% d’augmentation des attentats depuis 2007, plus de 10 000morts, civils et militaires, il s’agit bien d’une guerre, et non d’une opération de maintiende la paix, guerre civile provoquée par la traque antiterroriste du consortium desnations fédérées par les Etats-Unis dans la foulée des événements du 11 septembre 2001.
La réponse aux questions posées ci-dessus serait inconcevable sans l’apport d’uneconnaissance approfondie de la réalité quotidienne des Afghans, démarche initiée voilà trenteans. Cette réalité fut subodorée par le jeune homme que j’étais en 1978, et partagée avec eux àl’âge d’homme. Animé par une compassion sincère envers mes frères afghans (qui ne sont paset n’ont jamais été mes frères d’armes, en raison de mes convictions non-violentes), je suis persuadé qu’il est urgent d’élever la voix au-dessus du tumulte des faux débats et desrecommandations erronées émanant de la foire d’empoigne des hérauts de la rationalité néo-libérale. Je suis plus que jamais convaincu de la nécessité de dénoncer le génocide culturel quisévit en Afghanistan depuis plusieurs décennies, notamment à l’égard des Pachtounes.Une telle démarche pourrait paraître méraire aux yeux des représentants desinstitutions universitaires ou des politiciens et provoquer le mépris et le désaveu de membreshonorables des laboratoires de recherche. Elle est motivée par la conscience des profondesmutations qui ont affecté la société afghane depuis 1978, date de mon premier voyage auMoyen-Orient. Elle est aussi suscitée par ma dette personnelle auprès des Afghans qui,malgré leur dénuement, ont, dans les années 80 et 90, déployé pour moi et mes proches lesarcanes de leur remarquable tradition d’hospitalité.2
 
À ces hôtes exceptionnels qui ont su, en dépit des épreuves où les plongeaient l’exil etle deuil, émailler de leur humeur spontanée et de leur joie de vivre toutes les heures, journéeset années que j’ai partagées avec eux, à tous ceux qui m’ont fait aimer leur pays et l’âme deson peuple, je consacre et dédie ce projet de recherche.Introduction (effets et méfaits persistants de la guerre sur la civilisation traditionnelle) :À partir des années 1970, l’économie afghane s’est effondrée dans les affres d’uneguerre internationale camouflée par les Soviétiques sous les allures d’une rébellion à la bottedes impérialistes US (et de fait orchestrée comme un djihad par les Étasuniens et leurs alliés,Arabes et Pakistanais). L’image de marque de l’Afghanistan en a gravement pâti. Ce pays,connu pour ses prestigieux vestiges archéologiques et ses admirables créations artisanales, jadis vanté pour sa position de carrefour des civilisations et de haut lieu du soufisme, estdésormais voué aux gémonies de l’opinion internationale. Il s’est métamorphosé en repère detrafiquants de drogue et pépinière de terroristes islamistes radicalisés et depuis la guerre, il estdécrié pour être un panier de crabes rétifs à toute autorité. La vision communément répandue par les médias est que, même en temps de paix et exempt de toute ingérence étrangère, le peuple afghan serait friand de sanglantes guerres tribales ou interethniques.Une telle manipulation médiatique, axée sur la propagande des services de presse desarmées et sur l’ethnocentrisme récurrent des opérateurs en communication, opacifie la visionde la civilisation afghane contemporaine. Les organes de presse officiels entretiennent lecliché de la barbarie des campagnes afghanes.
1
Mais que s’est-il passé et que se passe-t-il là- bas ? Et comment peut-on expliquer un tel revirement dans la description des réalités locales ?La vulgate capitaliste néolibérale, surfant sur la vague médiatique, promeut un modèleunidimensionnel
2
de démarcation ethnocentrique rétroactive (D.E.R.)
3
. Par contre, la visiondu monde
afghane
le intrinsèquement le quotidien et l’Histoire. Le spirituel y estconstamment mis à l’épreuve des réalités et, inversement, le réel est imprégné par la lumièrespirituelle. De savants entrelacs de pragmatisme et de mystique trament le tissu social etétayent les systèmes de représentation indigènes.Dans un climat de dévalorisation et de dépréciation constantes des capacités du peupleafghan, et sous l’effet des libellés novlangues des entrefilets et des rares articles de fondreprenant les paroles d’informateurs militaires ou de civils afghans souvent occidentalisés et provenant toujours des grandes villes, il est généralement admis que l’Afghanistan, avanttoute chose, a besoin d’un "État fort". Certains Afghans de mes amis en sont eux-mêmesconvaincus. Les efforts de l’aide étrangère sont donc focalis sur le recrutement,l’entraînement et l’organisation de la police et de l’armée nationales, ainsi que sur le
1
La guerre psychologique est familière de ces procédés. Les communistes, durant leur occupation du pays (1979-1989), avaient coutume de qualifier l’organisation politique ruraleafghane de
 féodale
. Du côté des partisans de l’amélioration de la condition féminine, il est de bon ton, de nos jours, dans la presse écrite occidentale, d’étiqueter les archaïsmes sociauxafghans, concernant la mixité, d’usages
moyenâgeux
… Féodalisme ? Moyen-Âge ? À queltitre se permet-on d’user (péjorativement) de ces termes forgés à l’étude des soctéseuropéennes ? Les perspectives idéologiques féministes ou philosophiques marxistes faussentl’objectivité scientifique. Si une tradition chevaleresque persiste en Afghanistan, si le terme
mesnie
peut désigner la structure clanique des familles étendues, il est néanmoins inepte deconcevoir l’aristocratie tribale afghane comme une hiérarchie de seigneurs disposant de fiefs.Quant à la condition féminine afghane contemporaine, au lieu de la comparer à un "Moyen-Âge" (prétendument obscurantiste), elle est proche de celle des femmes en Europe au XIX°s.ou même du vécu féminin contemporain des sociétés originaires du pourtour méditerranéen(chrétiennes ou musulmanes) où sont encore perpétrés des "crimes d’honneur".
2
MARCUSE 1963.
3
BLONDIN 1995.3
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