fonctionnement plus démocratique des institutions, ou encore une convergence sociale et fiscale et socialeéquivalente à la convergence financière et économique, toutes ces questions sont secondaires, voire indésirablesdu point de vue des entreprises.
Une Europe à orientation dissymétrique
Depuis 20 ans, la construction européenne se fait toujours dans certainsdomaines (ceux qui favorisent les intérêts des grandes entreprises) et jamais dans d'autres domaines toujours remis à plus tard (ceux qui vontdans le sens de l'intérêt des citoyens-salariés-consommateurs). Ainsi, on aorganisé une harmonisation financière et commerciale entre les pays, sansorganiser une harmonisation équivalente de la fiscalité, des salaires, et descharges sociales. C'est ce qui permet à certains pays de pratiquer un"dumping" fiscal et social pour attirer les délocalisations. C'est le cas enparticulier des pays d'Europe de l'Est, récemment intégrés dans l'Union afind'offrir aux entreprises un réservoir de main d'oeuvre bon marché.
L'Europe des délocalisations
Le nouveau président néo-libéral et pro-américain de la Commission estloin de vouloir remédier à cette dissymétrie. José Manuel Barroso(enphoto)estime que "la concurrence fiscale" des nouveaux pays de l'UE est"juste". Il a qualifié "d'irréaliste" l'harmonisation de l'impôt sur les sociétésau niveau européen. Quant aux délocalisations, José Manuel Barroso a lemérite d'être clair. En février 2005, il a déclaré: "Les délocalisations sontdes décisions que les entreprises peuvent et doivent prendre".La commissaire européenne Danuta Hübner est également explicite lorsqu'elle parle de la nécessité de "faciliter lesdélocalisations au sein de l'Europe". Dans un entretien publié par le quotidien français "La Tribune" et le journalallemand "Handelsblatt", elle déclare:"Prévenir les délocalisations, les stopper par des règles artificielles travaillerait contre la compétitivité desentreprises. Ce que nous devons faire, au contraire, c'est faciliter les délocalisations au sein de l'Europe. Ainsi lessociétés européennes seront globalement plus fortes car elles pourront abaisser leurs coûts". Selon Danuta Hübner,faciliter les délocalisations au sein de l'Europe est la seule solution pour éviter que les entreprises ne délocalisentvers l'Inde ou la Chine.Or cette logique consiste à céder au chantage à l'emploi exercé par les multinationales. Cela conduit à unalignement progressif des salaires européens sur les salaires chinois. En Chine, une ouvrière de l'industrie textilleest payée 100 euros par mois pour 12 heures de travail par jour, 6 jours sur 7 et avec 5 jours de vacances par an.Les conditions sont à peu près identiques en Roumanie, un pays qui entrera dans l'Union européenne en 2007, etdont 45% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les entreprises n'ayant aucun sens civique ni aucuneresponsabilité envers la société et les populations, les délocalisations continueront tant qu'il y aura le moindrecentime à y gagner.
Une Constitution opaque et anti-démocratique
Dans toutes les grandes démocraties, laconstitution est un texte court d'une vingtained'articles, rédigés dans un langage clair etcompréhensible par tous
. A l'inverse, la ConstitutionEuropéenne concoctée par Valéry Giscard d'Estaing est unmonument de technocratie et d'hermétisme, avec pasmoins de 458 articles et plus de 400 pages auxquelless'ajoutent de nombreuses annexes. Et pour être certainqu'aucun citoyen ne puisse comprendre le sens du"contrat" qu'on lui demande de signer, les articles de laConstitution contiennent une multitude de renvois àd'autres articles ou à des traités européens précédents.
Des droits civiques en trompe-l'oeil
La Constitution affirme que l'Europe est fondée sur"l'égalité des êtres, la liberté, le respect de la raison",ajoutant que "les peuples de l'Europe sont résolus àdépasser leurs anciennes divisions et, unis d'une manièresans cesse plus étroite, à forger leur destin commun". Laconstitution définit les droits fondamentaux en vigueur
Leave a Comment